Après la mort d’un Mauritanien en garde à vue: Des milliers de manifestants à Paris
Ce Dimanche, plusieurs milliers de personnes ont défilé dans les rues de Paris pour soutenir la famille d’El Hacen Diarra, un Mauritanien de 35 ans décédé dans la nuit du 14 au 15 janvier alors qu’il se trouvait en garde à vue. Derrière une banderole « Justice pour El Hacen Diarra », les proches du défunt ont dénoncé une interpellation violente et exigé que toute la lumière soit faite sur les circonstances de sa mort.
La mobilisation, marquée par le slogan « On n’est pas contre la police, on est contre la police qui nous tue », s’inscrit dans un contexte où plusieurs décès d’étrangers en commissariat ont déjà suscité l’indignation en France. Parmi eux, Adama Traoré en 2016, jeune homme d’origine malienne, mort lors d’une interpellation à Beaumont-sur-Oise ; Mohamed Gabsi en 2020, Algérien sans domicile fixe, décédé à Béziers après une immobilisation violente par la police municipale ; Wissem Ben Abdeljelil (2022), Tunisien de 18 ans, mort dans un commissariat de Marseille dans des conditions controversées ou encore Ibrahima Bah (2019), Guinéen de 22 ans, décédé à Villiers-le-Bel après une course-poursuite avec la police, autant de cas qui ont alimenté le débat sur les violences policières et l’absence de sanctions. Entre 2020 et 2022, la France a enregistré le plus grand nombre de décès en garde à vue ou lors d’interventions policières en Europe, selon une enquête comparative.
Une vidéo filmée par un voisin montre El Hacen Diarra plaqué au sol, recevant des coups de poing d’un policier, tandis qu’on l’entend crier « Vous m’étranglez ! ». Transporté au poste, il y est mort quelques heures plus tard. Une enquête judiciaire est en cours, avec des examens complémentaires ordonnés à l’autopsie. Les deux policiers impliqués restent en fonction, ce qui suscite l’incompréhension des proches et des élus locaux.
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a déclaré que « le fonctionnaire qui apparaît sur les images devra s’expliquer », tout en rappelant que les causes exactes du décès ne sont pas encore établies.
Pour les familles endeuillées et les associations, cette nouvelle affaire illustre un problème systémique : la répétition de morts en garde à vue, souvent dans des conditions opaques, et la difficulté à obtenir justice. Les manifestants ont promis de poursuivre la mobilisation jusqu’à ce que des réponses claires soient apportées.
R.I
