Protection de la diaspora: La diplomatie algérienne à l’œuvre
Le politologue Hakim Boughrara a affirmé que la récente conférence des chefs de postes consulaires s’inscrit dans un contexte international marqué par des mutations profondes, une montée des discours racistes et haineux, ainsi que des tentatives de stigmatisation des communautés établies à l’étranger. Face à ces défis, l’Algérie a jugé nécessaire de mobiliser ses institutions diplomatiques afin de protéger sa diaspora.
Invité de la Chaîne I, Dr Boughrara a souligné que l’Algérie veut rassurer ses ressortissants à l’étranger en leur confirmant que ses représentations diplomatiques, conformément à la Constitution et aux prérogatives de l’État, œuvrent à leur protection, répondent à leurs préoccupations et restent à leur écoute.
Il a expliqué que cette conférence vise à inciter les représentations diplomatiques à agir concrètement, notamment par la création d’une base de données sur la diaspora et la facilitation de l’accès aux documents administratifs. Cette rencontre intervient après plusieurs décisions importantes, dont celle d’accorder des passeports aux Algériens en situation irrégulière, afin de leur permettre de prouver leur identité et de mieux recenser la communauté algérienne à travers le monde.
Le politologue a également évoqué la décision de régulariser la situation judiciaire de nombreux jeunes, notamment ceux concernés par de simples délits, afin de les protéger contre toute instrumentalisation hostile à l’Algérie, y compris dans les guerres numériques. Il a ajouté que les grands projets économiques lancés par le pays nécessitent de futurs marchés et partenaires, et que la diplomatie économique doit jouer un rôle central en présentant ces réalisations à l’international et en recherchant de nouvelles opportunités.
Abordant les contradictions du droit international, Dr Boughrara a dénoncé ses limites et sa double moralité, promouvant des idéaux tout en tolérant des réalités marquées par l’hypocrisie et des incohérences graves, notamment concernant la protection des communautés et les conventions internationales sur les droits des travailleurs migrants.
Il a enfin pointé du doigt les pratiques de certains pays occidentaux, citant la France, où les communautés africaines et arabes représentent une part importante de la population active. Selon lui, ces travailleurs, souvent sans couverture sociale et faiblement rémunérés, constituent un pilier de plusieurs secteurs économiques, y compris le logement. Pourtant, le discours de l’extrême droite continue de les désigner comme responsables des crises sociales, renforçant ainsi la stigmatisation et les tensions.
Ch.G
