Il maquille le meurtre de son épouse en suicide : Peine capitale pour féminicide

Cette fin de semaine, le tribunal criminel d’appel a jugé L. Med El Amine, la cinquantaine, pour l’homicide volontaire de son épouse. Au terme des délibérations, l’accusé a été condamné à la peine de mort, une sentence qu’il a accueillie avec une froideur de marbre. Ce père de trois enfants avait tenté de maquiller son crime en suicide, mais le témoignage de son fils aîné, âgé de 16 ans, a fini par faire éclater la vérité. Le drame s’était noué le 20 mai 2023 dans le bidonville de douar «Tiartiya», à El Hassi.
Ce jour-là, les services de police sont alertés par les urgences du CHU d’Oran : une femme, A. Razika, vient d’être admise décédée. Si les premières constatations du légiste restent incertaines, l’autopsie révèle rapidement des signes profonds de violences et conclut à une mort par strangulation provoquée par un tiers. Le scénario du suicide devient scientifiquement impossible.
Pourtant, lors de ses premières auditions, l’époux soutient mordicus la thèse de l’acte désespéré. Il raconte être rentré à la maison avec ses enfants et prétend que sa femme, après lui avoir lancé un énigmatique « tu élèveras tes enfants seul », serait sortie pour se pendre dans la cour avec son foulard. Il affirme l’avoir découverte suspendue à une poutre, les pieds dans le vide, avant de tenter une réanimation de fortune et d’appeler son fils aîné pour l’aider.
Devant les enquêteurs, il concède des tensions financières courantes mais nie toute velléité suicidaire antérieure chez son épouse. Acculé par le rapport médico-légal faisant état de coups violents, il finit par livrer une première confession : une dispute aurait éclaté, il lui aurait porté un coup de poing derrière l’oreille, lui faisant perdre connaissance. Paniqué, il aurait alors mis en scène la pendaison pour simuler un suicide avant d’être pris de remords, trop tard.
Le pivot de l’affaire reste le témoignage du fils aîné. Si l’adolescent a d’abord soutenu la version paternelle, il a fini par briser le silence pour raconter l’horreur : il a vu son père tuer sa mère et l’accrocher à cette poutre.
À la barre du tribunal, malgré la lecture du rapport du légiste et les accusations de son fils, l’accusé a tenté un ultime retour à sa version initiale du suicide. Mais le témoignage du jeune garçon a été accablant, décrivant un père d’une violence incontrôlable, capable de détruire le mobilier à la hache en insultant sa famille. Suivant les réquisitions du ministère public qui réclamait la peine capitale, la Cour n’a pas retenu le doute plaidé par la défense. À l’annonce du verdict, alors que les enfants étaient éloignés de la salle pour être préservés, l’accusé est resté impassible, laissant les parents de la victime seuls face à une douleur incommensurable.
Zemmouri. L

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