Agression contre l’Iran: Une guerre « inévitable »

Le chercheur en affaires stratégiques Rachid Allouche a affirmé ce dimanche que la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran était « inévitable », même durant la période des négociations. Selon lui, ces discussions n’étaient qu’un cadre destiné à gagner du temps et préparer l’affrontement militaire, aussi bien du côté américain et israélien que du côté iranien.
Invité de Radio Algérie Internationale, Allouche a expliqué que la frappe visant le guide suprême iranien Ali Khamenei est intervenue dans un moment particulièrement délicat. La direction iranienne venait de se réunir pour évoquer la possibilité d’un compromis susceptible d’éviter la guerre. La présence simultanée du guide, de son conseiller, du ministre de la Défense, du commandant des Gardiens de la révolution et du chef d’état-major soulève, selon lui, l’hypothèse d’un possible infiltré ou d’une faille interne, rappelant que « la guerre est aussi une affaire de tromperie ».
Pour Allouche, les pourparlers n’avaient pas pour objectif de parvenir à des concessions mutuelles, mais plutôt d’imposer à l’Iran un démantèlement de son programme nucléaire et balistique, une réduction de son influence régionale et, à terme, une normalisation avec les politiques américaines et israéliennes. L’absence de progrès dans cette direction a rendu l’escalade militaire « inévitable pour tous les observateurs ».
Le chercheur souligne que la rapidité de la riposte iranienne, intervenue en moins de deux heures, démontre que la direction avait anticipé différents scénarios et préparé des chaînes de commandement alternatives. Il qualifie la situation actuelle de « guerre existentielle » pour le régime iranien, estimant que celui-ci « n’a plus rien à perdre » après l’attaque contre son guide et plusieurs de ses hauts responsables.
Concernant l’éventualité d’une intervention militaire directe des États-Unis, Allouche juge improbable une guerre longue. Selon lui, le président Trump privilégierait des frappes rapides et ciblées, d’une durée d’une à deux semaines, voire un mois au maximum, plutôt qu’un conflit prolongé.
Allouche s’interroge aussi sur la capacité d’Israël à résister à une intensification des attaques iraniennes, surtout si celles-ci s’étendent au Golfe. Il estime que la poursuite des frappes pourrait accentuer la pression sur Washington pour rechercher une désescalade ou un cessez-le-feu, car un blocage durable de la région du Golfe serait intenable. Il évoque également des débats au sein du Congrès américain, où certains élus envisagent de voter une motion contre la guerre.
Comparant la situation actuelle aux guerres du Golfe des années 1990 et à celle de 2003, Allouche considère que la crise dépasse ces précédents par son ampleur, car elle concerne l’ensemble du Moyen-Orient. Il estime que l’escalade vise non seulement les programmes militaires iraniens, mais aussi une tentative de changement de régime, ce qui explique l’échec des négociations.
Enfin, Allouche conclut que cette guerre est « optionnelle et non fatale », et qu’une diplomatie active aurait pu éviter à la région un tel scénario de destruction et d’instabilité.
Ch.G

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