Menace acridienne : Le plan d’action actualisé

En application des instructions du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, le Premier ministre Sifi Ghrieb a présidé samedi une réunion interministérielle consacrée à l’évaluation du plan d’action proactif mis en place pour contenir la propagation du criquet pèlerin dans certaines wilayas du sud-ouest.
Les walis concernés ont pris part à cette rencontre par visioconférence, dans le cadre d’un suivi permanent de l’évolution de la situation.
La réunion s’est appuyée sur les mises à jour de la FAO et sur l’exploitation des capacités nationales en matière d’imagerie satellitaire. Les exposés ont mis en évidence l’état de préparation des dispositifs de terrain, déjà éprouvés avec succès l’an passé. Les wilayas frontalières du sud, première ligne de défense, bénéficient d’un renforcement des moyens de surveillance et d’intervention terrestre et aérienne, notamment ceux relevant du ministère de la Défense nationale.
En mars 2025, sous la direction de l’ancien Premier ministre Nadir Larbaoui, le gouvernement avait déjà étudié la menace acridienne et adopté des mesures pour renforcer la prévention. Le secrétaire général du ministère de l’Agriculture, Hamid Bensaâd, avait alors détaillé une stratégie nationale solide, reposant sur la mobilisation de comités nationaux et locaux, ainsi que sur une coordination régionale avec la Libye, le Niger et le Mali.
Cette stratégie avait permis de traiter avec succès plus de 50 000 hectares infestés, grâce à des équipes spécialisées et à l’utilisation de hélicoptères équipés de systèmes de pulvérisation modernes. Huit appareils étaient opérationnels pour intervenir rapidement dans les zones reculées. Une réunion de coordination avait également été programmée à Ouargla, avec la participation de 23 wilayas et de ministères stratégiques (Défense, Intérieur, Énergie, Transports), afin d’assurer une réponse multisectorielle.
Les autorités avaient rappelé que l’Algérie possède une longue expérience dans la gestion des invasions acridiennes. L’épisode de 2004, marqué par une forte invasion, avait touché plusieurs pays de la région (Tunisie, Maroc, Sénégal, Mali, Égypte) et conduit l’Algérie à mettre en place des mécanismes de réponse efficaces. Toutefois, la situation actuelle est différente : le changement climatique et l’expansion des surfaces agricoles dans le sud favorisent la prolifération et la migration des essaims.
Les vents du sud, plus fréquents et plus intenses, facilitent le déplacement des criquets vers le nord. D’où l’importance d’une surveillance continue, d’études environnementales approfondies et de la mobilisation d’équipes de recherche spécialisées pour anticiper les futures vagues.
La lutte ne repose pas uniquement sur l’État. Les autorités insistent sur la vigilance des agriculteurs et la sensibilisation communautaire. Des campagnes ont été lancées pour aider les exploitants à détecter rapidement les signes de présence de criquets et à réagir efficacement. Le ministère a distribué des insecticides et du matériel de protection dans les zones les plus vulnérables. « La lutte contre le criquet est une responsabilité partagée entre l’État et les citoyens », avait affirmé Hamid Bensaâd.
La réunion présidée par Sifi Ghrieb confirme la volonté des pouvoirs publics de maintenir la situation sous contrôle. Le plan d’action proactif repose sur trois piliers : la réaction rapide grâce à des moyens terrestres et aériens adaptés ; la coopération régionale pour surveiller les déplacements des essaims ainsi que la surveillance permanente appuyée par la technologie et la recherche scientifique.
G. Salima

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