Séismes à l’Ouest du pays : Les explications du CRAAG

L’Ouest du pays a enregistré ces dernières semaines des secousses telluriques plus au mois ressenties. Ainsi, un séisme de magnitude 4,5 degrés sur l’échelle de Richter a été enregistré le 14 février dans la wilaya de Mascara ; un deuxième de 4,1 degrés a été détecté, deux jours plus tard, dans la wilaya d’Ain Témouchent.
A propos de ces tremblements de terre, le directeur du Centre de recherche en astronomie, astrophysique et géophysique (CRAAG), Hamoud Beldjoudi, a rappelé qu’il s’agit d’une activité sismique plus au mois ressentie, enregistrée depuis le mois de décembre dernier, mais il a tenu à rassurer sur son caractère qualifié de « normal », qui reflète le perpétuel rapprochement entre les plaques tectoniques africaine et eurasienne. « Ce rapprochement est synonyme d’accumulation de la force qui entraîne une déformation de la croûte terrestre, entraînant une rupture dans la roche et cette énergie est dégagée », a expliqué notre interlocuteur. Notons que la plaque tectonique africaine se déplace vers le Nord, créant une pression contre la plaque eurasienne. Cette collision a formé des caractéristiques géologiques telles que la mer Méditerranée et les montagnes de l’Himalaya au fil du temps. Les mouvements continus des plaques entraînent également des activités sismiques le long de cette zone, cependant c’est plutôt l’inactivité sismique qui inquiète les spécialistes.
Le directeur du CRAAG a rappelé que la surveillance démontre que beaucoup de séismes ne sont pas ressentis puisque s’agissant des secousses de magnitude inférieure à 3 degrés sur l’échelle de Richter. M. Beldjoudi a indiqué, à ce propos, que 80 séismes sont enregistrés mensuellement dans le Nord du pays, mais 80% d’entre eux ne sont pas ressentis par la population. « Aucun chercheur ou spécialiste dans le monde ne peut prédire une secousse », a-t-il précisé, en signalant que des rumeurs et de l’intox peuvent circuler à ce propos sur les réseaux sociaux, mais le CRAAG est là pour rassurer la population et aider à comprendre ce phénomène.
Notons que les mouvements des plaques tectoniques dans le monde provoquent des contraintes qui, lorsqu’elles sont libérées, génèrent des ondes sismiques. Les sismographes mesurent ces ondes, aidant à comprendre la localisation, la magnitude et la profondeur des séismes.
Le directeur du CRAAG a insisté également sur l’importance de la prévention qui demeure importante pour comprendre et s’adapter à ce phénomène et les citoyens doivent posséder cette culture de prévention ce qui permettra d’éviter les mouvements de panique en cas de secousses. « Cette prévention englobe la nécessité de construire selon les normes parasismiques. Le citoyen doit prendre en compte cela dans le choix du terrain de son habitation, de ne pas construire n’importe où et n’importe comment », a-t-il ajouté.
La culture de prévention sismique dans le monde implique l’adoption de mesures pour minimiser les risques et les dommages liés aux séismes. Cela comprend la construction de structures résistantes aux tremblements de terre, l’application de normes de construction sismique, l’éducation publique sur la sécurité sismique et la mise en place de systèmes d’alerte précoce. Une sensibilisation accrue, des exercices de simulation et la préparation aux situations d’urgence contribuent à créer une société plus résiliente face aux séismes.
Pour rappel, le CRAAG est un organisme public à caractère scientifique et technologique. Il assure depuis plus de 30 ans les missions de recherche dans les domaines de l’astrophysique et de la géophysique et du service public dans le domaine de la surveillance sismique du territoire.
Hamza. B
