{"id":11137,"date":"2024-12-20T17:24:25","date_gmt":"2024-12-20T16:24:25","guid":{"rendered":"https:\/\/algeriepresse.dz\/?p=11137"},"modified":"2024-12-20T17:24:25","modified_gmt":"2024-12-20T16:24:25","slug":"emploi-formation-loisirs-la-jeunesse-oranaise-entre-precarite-et-espoir","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/algeriepresse.dz\/?p=11137","title":{"rendered":"Emploi, formation, loisirs : La jeunesse oranaise  entre pr\u00e9carit\u00e9 et espoir"},"content":{"rendered":"<p>A Oran, capitale de l\u2019Ouest alg\u00e9rien, la jeunesse constitue une part importante de la population, avec plus de 60 % des habitants \u00e2g\u00e9s de moins de 35 ans. Ce dynamisme d\u00e9mographique, loin de garantir des opportunit\u00e9s, met en lumi\u00e8re les nombreux d\u00e9fis auxquels les jeunes font face, que ce soit en mati\u00e8re d\u2019emploi, de loisirs ou d\u2019\u00e9ducation. Dans une soci\u00e9t\u00e9 en mutation, ces probl\u00e9matiques refl\u00e8tent les in\u00e9galit\u00e9s \u00e9conomiques et le manque de planification adapt\u00e9e.<br \/>\nLe ch\u00f4mage des jeunes reste une probl\u00e9matique majeure \u00e0 Oran, refl\u00e9tant une tendance nationale. En 2023, le taux de ch\u00f4mage des 15-24 ans s\u2019\u00e9levait \u00e0 environ 31%, bien au-dessus de la moyenne nationale (14,1 %). \u00c0 Oran, la situation est accentu\u00e9e par l\u2019afflux de dipl\u00f4m\u00e9s des universit\u00e9s locales, comme l\u2019Universit\u00e9 Oran 1 et l\u2019USTO, qui peinent \u00e0 trouver des d\u00e9bouch\u00e9s.<\/p>\n<p>Le secteur informel, qui repr\u00e9sente une part importante de l\u2019\u00e9conomie alg\u00e9rienne (environ 30% du PIB), absorbe une grande partie de cette main-d&rsquo;\u0153uvre. Karim, un jeune dipl\u00f4m\u00e9 en \u00e9conomie, t\u00e9moigne : \u00abApr\u00e8s des mois de recherche, j\u2019ai fini par accepter un travail comme livreur. Ce n\u2019est pas ce que j\u2019esp\u00e9rais, mais c\u2019est \u00e7a ou rester chez moi !\u00bb<br \/>\nParall\u00e8lement, les programmes \u00e9tatiques, comme l\u2019ANEM ou l\u2019ANSEJ, qui offrent des aides pour la cr\u00e9ation d\u2019entreprises, peinent \u00e0 r\u00e9pondre aux attentes, notamment en raison des lourdeurs administratives et du manque d\u2019accompagnement.<br \/>\nPar ailleurs, bien que dot\u00e9e d\u2019un riche patrimoine culturel et touristique, Oran n\u2019offre que peu de loisirs structur\u00e9s pour sa jeunesse. Les infrastructures, comme les salles de sport, les biblioth\u00e8ques ou les espaces verts, sont insuffisantes ou mal entretenues. Le front de mer, lieu pris\u00e9 pour les sorties en famille ou entre amis, reste une exception dans une ville o\u00f9 les opportunit\u00e9s de loisirs sont rares.<br \/>\nLes loisirs modernes, tels que les salles de cin\u00e9ma ou les centres de jeux, se concentrent souvent dans des quartiers comme Bir El Djir ou Es S\u00e9nia, et restent inaccessibles aux jeunes des quartiers populaires comme El Hamri ou Derb. Cette absence d\u2019options alimente un sentiment d\u2019ennui et pousse certains vers des pratiques comme les courses informelles de motos ou les rassemblements nocturnes, souvent mal per\u00e7us par les autorit\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Des initiatives prometteuses<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019\u00e9ducation est souvent per\u00e7ue comme une solution aux in\u00e9galit\u00e9s, mais elle est aussi source de frustration pour les jeunes oranais. Malgr\u00e9 la gratuit\u00e9 et l\u2019universalit\u00e9 du syst\u00e8me \u00e9ducatif alg\u00e9rien, des failles persistent. Les classes sont surcharg\u00e9es, et les \u00e9quipements dans certaines \u00e9coles secondaires d\u2019Oran, notamment dans des quartiers comme Belga\u00efd, laissent \u00e0 d\u00e9sirer.<br \/>\nLes universit\u00e9s, bien qu\u2019elles accueillent chaque ann\u00e9e des milliers d\u2019\u00e9tudiants, souffrent d\u2019un d\u00e9ficit en mati\u00e8re de qualit\u00e9 d\u2019enseignement et de connexion avec le march\u00e9 du travail. En 2023, un rapport du minist\u00e8re de l\u2019Enseignement sup\u00e9rieur r\u00e9v\u00e9lait que plus de 50 % des dipl\u00f4m\u00e9s alg\u00e9riens ne trouvent pas d\u2019emploi dans leur domaine d\u2019\u00e9tudes. Les fili\u00e8res scientifiques et techniques, pourtant essentielles au d\u00e9veloppement \u00e9conomique, attirent de moins en moins d\u2019\u00e9tudiants, au profit de fili\u00e8res satur\u00e9es comme le droit ou les sciences humaines.<br \/>\nFace \u00e0 ces d\u00e9fis, des initiatives \u00e9mergent. Des associations locales organisent des formations en entrepreneuriat, des \u00e9v\u00e9nements culturels et des activit\u00e9s sportives pour les jeunes. Par ailleurs, des startups, souvent port\u00e9es par des jeunes entrepreneurs, explorent des secteurs innovants comme le num\u00e9rique ou l\u2019agriculture biologique.<br \/>\nSur le plan \u00e9tatique, des projets comme le promettent d\u2019am\u00e9liorer les infrastructures \u00e9ducatives et culturelles. Toutefois, ces annonces restent souvent \u00e0 l\u2019\u00e9tat de promesses, alimentant le scepticisme chez une population en qu\u00eate de r\u00e9sultats concrets.<br \/>\nMalgr\u00e9 les obstacles, la jeunesse oranaise demeure une force vive, pleine d\u2019espoir et d\u2019ambition. Dans une ville o\u00f9 l\u2019histoire c\u00f4toie l\u2019innovation, le potentiel est immense, mais il n\u00e9cessite un soutien accru de la part des autorit\u00e9s locales et nationales. Les jeunes d\u2019Oran ne demandent qu\u2019une chose : les moyens de construire leur avenir.<\/p>\n<p><strong>O.A Nadir<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>A Oran, capitale de l\u2019Ouest alg\u00e9rien, la jeunesse constitue une part importante de la population, avec plus de 60 % des habitants \u00e2g\u00e9s de moins de 35 ans. 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