14 morts et 34 blessés à Tabelbala: Alerte sur les routes sahariennes

Un grave accident de la route s’est produit ce samedi dans la commune de Tabelbella, wilaya de Béni Abbès, sur la RN-50, faisant 14 morts et 34 blessés, dont deux militaires, selon les services de la Protection civile et de la Gendarmerie nationale. L’accident a impliqué un autocar de transport de voyageurs assurant la liaison Béchar-Tindouf, qui a dérapé et s’est renversé à environ 25 km du lieu-dit Boulaadam.
Parmi les blessés les plus graves, dix ont été évacués en urgence vers l’Hôpital Central de l’Armée à Aïn Naadja (Alger), tandis que les autres ont été pris en charge dans les établissements hospitaliers de Béchar. Sur instruction du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, le ministre de l’Intérieur, Saïd Sayoud, et son collègue de la Santé, Mohamed Seddik Ait Messaoudene, se sont rendus sur place pour suivre la prise en charge des victimes et présenter leurs condoléances aux familles des défunts. Une enquête approfondie a été ouverte par la Gendarmerie nationale afin de déterminer les circonstances exactes de cet accident.
La délégation ministérielle a rejoint par route Tabelbala, où ils ont inspecté le lieu de l’accident afin d’examiner ses premières circonstances. A cette occasion, M. Sayoud a souligné la nécessité d’ouvrir une enquête approfondie pour déterminer les véritables causes de l’accident.
Ils se sont également rendus à l’établissement hospitalier de Tabelbala pour s’assurer de la prise en charge des blessés, réaffirmant l’importance d’une «prise en charge médicale optimale et de la mobilisation de tous les moyens nécessaires pour garantir leurs soins».
M. Sayoud a indiqué, dans une déclaration à la presse, que 15 blessés se trouvaient à l’hôpital de Tabelbala, tous dans un état stable, ajoutant que dans les prochaines heures «ils quitteront tous l’hôpital». Il a profité de l’occasion pour renouveler son appel aux conducteurs à «faire preuve de prudence, éviter l’excès de vitesse et ne pas céder à l’imprudence pour préserver la vie des citoyens».

Une longue série

Ce drame s’inscrit dans une série d’accidents graves survenus récemment dans la région saharienne. Le 10 mai dernier, dix personnes avaient été blessées dans une collision entre un bus et un camion au nord de Béchar, sur la RN6A, et plus récemment le 11 novembre dernier, une collision entre deux bus à El Meniaa avait fait 28 blessés sur la RN01, les deux accidents étant survenus de nuit.
Plusieurs facteurs semblent récurrents dans ces accidents : l’absence d’éclairage public sur de nombreux tronçons routiers du Sahara, la fatigue des conducteurs souvent contraints de parcourir de longues distances sans repos suffisant, des vitesses excessives… Ces éléments combinés augmentent considérablement le risque d’accidents, en particulier lors des trajets de nuit.
Dans ce contexte, il apparaît nécessaire d’examiner la possibilité de restreindre, voire d’encadrer plus strictement les voyages nocturnes en bus dans le Sahara qui présentent un risque particulièrement élevé. Étudier l’instauration de mesures visant à limiter les déplacements nocturnes permettrait de réduire considérablement ces risques. L’objectif est clair : mettre un terme à la répétition de tragédies qui continuent de marquer tragiquement le sud de l’Algérie, tout en encourageant des pratiques de transport plus sûres et mieux encadrées pour les conducteurs et les voyageurs.
Le nouveau projet de loi sur le Code de la route, qui prévoit des sanctions pouvant atteindre 13 000 DA, apparaît comme une mesure également nécessaire pour responsabiliser les conducteurs. La philosophie « Tolérance Zéro » qu’il introduit met l’accent sur les comportements les plus dangereux: usage du téléphone au volant, non-respect des limitations de vitesse et franchissement de lignes continues. La hausse spectaculaire des amendes vise à dissuader les infractions graves et à prévenir de nouveaux drames.
Au-delà des amendes, le texte législatif touche également à des aspects souvent négligés de la sécurité routière, comme le respect des distances de sécurité et l’arrêt sur des bandes d’urgence. La combinaison de sanctions strictes et de sensibilisation à la sécurité routière pourrait constituer une avancée importante pour réduire le nombre d’accidents et protéger les voyageurs.
Alors que l’enquête sur l’accident de Tabelbella se poursuit, il devient urgent de tirer les leçons de ces tragédies et d’agir pour que les routes sahariennes ne restent pas synonymes de danger. La protection des passagers et la prévention des accidents restent des priorités, dans une région où les trajets longue distance sont fréquents et souvent périlleux.
Djamel Hamdan

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