Retraite, décès, manque d’intérêt… : L’artisanat face à de multiples défis

Oran compte un riche patrimoine artisanal. Les produits artisanaux les plus populaires incluent les tapis tissés à la main, qui reflètent la richesse culturelle de l’Oranie, les bijoux et autres métaux précieux, les théières et plateaux en cuivre représentant l’art de la dinanderie et les textiles brodés incluant les nappes et les vêtements traditionnels.

Les métiers artisanaux qui appartiennent au patrimoine immatériel du pays, porteur de traditions séculaires et d’une identité culturelle, font face à de multiples difficultés. La situation des artisans dépend fortement de leur structure, de leur modèle économique, de leur secteur d’activité et de leur ancienneté. Les artisans bien établis sont potentiellement plus résilients, en cas de coup dur, que les jeunes qui viennent tout juste de se lancer. Les principaux obstacles portent sur la menace d’extinctions de certains métiers.
«Le départ à la retraite ou le décès des artisans expérimentés entraîne une perte de compétences et de techniques traditionnelles», affirme Tadj, artisan spécialisé dans la fabrication de babouches, des chaussures traditionnelles en cuir, très prisées. Cet artisan évoque également le manque d’intérêt des jeunes. «Les nouvelles générations montrent peu d’attrait pour les métiers artisanaux, souvent perçus comme moins lucratifs que d’autres professions», souligne-t-il.
L’autre facteur est lié aux difficultés économiques des artisans imputables à «la concurrence des produits importés qui réduisent les opportunités pour les professionnels locaux». Cet artisan qui se plaint du manque d’institutions pour enseigner les anciens métiers artisanaux, réclame «la multiplication des structures de formation». Ces défis nécessitent des initiatives pour revitaliser l’artisanat et encourager la transmission intergénérationnelle.
Implantée à Haï Khemisti, à Bir El-Djir, l’Association nationale des commerçants et des artisans (ANCA), milite pour la défense et la valorisation des métiers d’art en facilitant la formation des jeunes. Des conventions ont été signées entre le ministère de la Formation professionnelle et l’ANCA. «C’est, en effet, l’un des objectifs assignés à l’association. Notre but est de parvenir à une large représentativité. Nous visons une représentation de toutes les activités économiques, commerciales et artisanales avec la création de sections et de commissions locales par branches et par métiers», affirme Boukhari Abbès, le président du bureau d’Oran. Sur le plan économique, l’ANCA a accueilli très favorablement la récente décision de l’allègement fiscal qui consiste en la suppression de la taxe sur l’activité professionnelle (TAP) pour les artisans. «Les artisans sont soulagés par la suppression de cette taxe, car ils travaillent avec des marges très faibles. Cette mesure constitue une bouffée d’oxygène et a eu un impact positif sur les différents secteurs d’activité», conclut M. Boukhari. Ce dernier est persuadé que les métiers d’art ont de l’avenir.
G. Salima

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