Des narcotiques cachés dans l’aide américaine: La sale guerre contre les civils à Ghaza

Après 21 mois de génocide, de bombardements incessants, de famine imposée, de soif, d’absence de médicaments et de massacres quotidiens aux points de distribution, un nouveau crime abject est en train d’être perpétré contre les habitants de Ghaza.
Des comprimés d’oxycodone, un opioïde hautement addictif, ont été découverts dissimulés dans des sacs de farine distribués par des centres d’aide contrôlés par les États-Unis et Israël.
Le bureau des médias du gouvernement de Ghaza a confirmé vendredi que des citoyens avaient trouvé ces pilules dissimulées dans l’aide alimentaire. « Nous avons documenté au moins quatre témoignages de personnes ayant trouvé ces comprimés à l’intérieur des sacs de farine », indique le communiqué officiel. Pire encore : certaines de ces substances pourraient avoir été broyées ou dissoutes dans la farine, exposant des familles sans méfiance à un grave danger sanitaire.L’oxycodone, médicament opioïde utilisé dans le traitement de douleurs extrêmes, notamment chez les malades du cancer, est connue pour son potentiel de dépendance élevé et ses effets dévastateurs : troubles respiratoires, hallucinations, overdoses. Son infiltration dans les circuits d’aide humanitaire ne peut être vue que comme une stratégie préméditée de déstabilisation sociale. « C’est la forme la plus ignoble du génocide », dénonce le pharmacien palestinien Omar Hamad. Le docteur Khalil Mazen Abu Nada, quant à lui, qualifie cette tentative d’empoisonnement de « moyen d’effacer la conscience collective de notre société ».
Un opioïde dans la farine
Les autorités locales accusent l’entité sioniste d’être « pleinement responsable de ce crime odieux » et de chercher à provoquer une addiction parmi les Palestiniens pour « détruire le tissu social de l’intérieur ». Qualifiant cette pratique de « nouvelle composante du génocide en cours contre le peuple palestinien », elles dénoncent une « guerre douce » menée au moyen des drogues dans le cadre d’un « conflit sale contre les civils ».
Au cœur de cette affaire : la GHF (Ghaza Humanitarian Foundation), une prétendue organisation humanitaire américano-israélienne, déjà dénoncée par les Nations unies et des dizaines d’organisations humanitaires pour son manque total de transparence, ses liens militaires, et son rôle dans la déstabilisation des structures d’aide internationales. Quinze ONG et groupes juridiques ont récemment exigé la suspension immédiate de la GHF, l’accusant de favoriser le déplacement forcé des Palestiniens et de participer à des crimes de guerre.
Les Palestiniens piégés jusqu’à l’os
Dans ce contexte explosif, le quotidien israélien Haaretz a publié vendredi une enquête accablante basée sur les témoignages de soldats israéliens affirmant avoir reçu l’ordre de tirer à balles réelles sur les civils palestiniens rassemblés autour des points de distribution d’aide, notamment ceux opérés par la GHF. Ces tirs, selon plusieurs militaires interrogés, ne visent ni des combattants ni des individus armés, mais des civils affamés, désarmés, venus chercher de quoi survivre. « C’est un massacre », confie l’un d’eux, évoquant l’usage de mitrailleuses lourdes, mortiers et lance-grenades pour “gérer la foule”. Haaretz révèle même que dans certains secteurs, l’armée israélienne désigne cyniquement cette campagne meurtrière sous le nom de code “Poisson salé”. Face à ces révélations, l’avocat général de l’armée a été contraint de saisir le Mécanisme d’évaluation des faits, censé enquêter sur ces crimes de guerre présumés.Le ministère de la Santé de Ghaza rapporte au moins 549 morts et plus de 4 000 blessés dans les zones d’aide depuis le 27 mai, la majorité de ces victimes tentaient d’accéder aux sites de la GHF. Face à cette réalité, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a lancé une mise en garde claire vendredi : « Cette opération tue des gens ». Il a réaffirmé que « la recherche de nourriture ne devrait jamais être une condamnation à mort » et a condamné les obstacles posés par Israël à l’acheminement de l’aide humanitaire sous contrôle onusien, ajoutant que les travailleurs humanitaires eux-mêmes meurent de faim.Alors que l’occupation prévoit de déployer quatre nouveaux centres de distribution dans le sud et le centre de Ghaza, la population, elle, vit dans la terreur : celle d’un pain devenu poison, d’une aide devenue arme, d’une humanité bafouée.
Djamel Hamdan
