Lutte contre la corruption : L’Algérie au cœur de la coopération africaine

Lors de la commémoration de la Journée africaine de lutte contre la corruption, organisée dimanche à Alger sous le haut patronage du président de la République Abdelmadjid Tebboune, le ministre de la Justice, garde des Sceaux, M. Lotfi Boudjemaa, a réaffirmé l’engagement concret de l’Algérie dans le combat contre ce fléau, tant au niveau national qu’international. S’exprimant à l’ouverture des travaux, il a exposé une série d’initiatives majeures menées par l’Algérie, en insistant notamment sur les efforts déployés pour la récupération des avoirs détournés.
M. Boudjemaa a révélé que l’Algérie avait adressé 335 demandes d’entraide judiciaire internationale à 32 pays, sous forme de commissions rogatoires, afin de tracer, geler et confisquer les revenus issus de la corruption. Il a également indiqué que 53 demandes spécifiques de récupération d’avoirs ont été soumises à 11 pays, dont un pays africain. Ces actions, a-t-il souligné, font l’objet d’un suivi rigoureux par les autorités judiciaires algériennes et la commission nationale d’experts chargée du recouvrement des fonds détournés à l’étranger.
Le ministre a mis en avant les obstacles rencontrés, tels que la complexité des procédures judiciaires dans certains États et la multiplicité des intervenants étrangers, tout en soulignant la détermination de l’Algérie à surmonter ces difficultés par une stratégie de coopération renforcée. Dans ce cadre, il a évoqué l’intensification des démarches diplomatiques et judiciaires, ainsi que l’adhésion de l’Algérie à plusieurs réseaux internationaux spécialisés, dont l’Initiative StAR (Banque mondiale), le Forum mondial sur le recouvrement d’avoirs (GFAR), le réseau GlobE, l’IACCC, et plus récemment, le réseau ARIN-MENA. Cette dernière adhésion a, selon lui, donné une impulsion significative aux démarches de récupération d’avoirs, notamment à travers des rencontres bilatérales tenues en marge de la Conférence des États parties à la Convention des Nations Unies contre la corruption en 2023.
L’événement, accueilli par la Haute autorité de transparence, de prévention et de lutte contre la corruption (HATPLC), a notamment été marqué par la présence de responsables nationaux et internationaux, dont le président de l’Association des autorités anti-corruption d’Afrique (AAACA), Khaled Abdelrahman, qui a salué l’engagement profond de l’Algérie dans la consolidation des efforts africains en la matière.

Le numéro vert 1027 pour signaler des actes de corruption

Dans son allocution, M. Abdelrahman a souligné que cette journée illustre la volonté collective du continent de combattre la corruption, dans un contexte particulièrement significatif pour l’Algérie qui accueille également la 7e session de l’Assemblée générale de l’AAACA. Il a rappelé que les priorités de l’association reposent sur quatre axes essentiels : la formation, la recherche scientifique, la coopération internationale et l’échange d’expertises. Il a néanmoins précisé que la lutte contre la corruption ne saurait être complète sans une réelle récupération des avoirs détournés.
En marge de la journée, deux conventions de coopération ont été signées : l’une avec le Conseil supérieur de la jeunesse (CSJ) et l’autre avec la Cellule de traitement des renseignements financiers du ministère des Finances. Ces accords visent à renforcer les mécanismes de prévention, de sensibilisation, de formation et d’échange d’expertises, tout en mobilisant les ressources humaines et matérielles nécessaires à la lutte contre la corruption.
Le ministre de la Jeunesse, Mustapha Hidaoui, a salué cette initiative comme un tournant dans l’implication des jeunes dans la défense des valeurs d’intégrité, affirmant que la jeunesse algérienne doit devenir un acteur central dans la construction d’une culture de transparence.
La Journée a également été marquée par le lancement officiel du numéro vert 1027, mis en service pour permettre aux citoyens de signaler anonymement des actes de corruption, illustrant la volonté de l’État de rapprocher les dispositifs de contrôle de la population.
Par cette mobilisation, l’Algérie confirme son rôle de leader régional dans la lutte anticorruption, en adoptant une approche multidimensionnelle : juridique, diplomatique, éducative et participative. Elle inscrit son action dans le cadre des engagements continentaux, réaffirmés notamment à travers l’accueil à Alger de la 7e session de l’Assemblée générale de l’Association des autorités anti-corruption d’Afrique (AAACA), un événement hautement symbolique de son ancrage dans la coopération africaine.
R.N

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