Relations Algéro-françaises : Ségolène Royal critique Macron

L’ancienne ministre française Ségolène Royal a vivement critiqué la politique menée par le président de la République, Emmanuel Macron, à l’égard de l’Algérie. Dans un message publié vendredi soir sur les réseaux sociaux, elle a dénoncé une « carte polémique » brandie comme instrument de diversion face aux crises internes françaises, notamment les incendies dévastateurs dans l’Aude et les défaillances de la sécurité civile.
« Comme à chaque fois qu’il faut détourner l’attention… la carte polémique avec l’Algérie est ressortie », a-t-elle affirmé, tout en pointant l’incapacité du gouvernement à répondre efficacement aux urgences nationales.
Elle a également mis en garde contre une rentrée sociale à hauts risques, dénonçant l’absence de mesures concrètes pour prévenir une nouvelle explosion sociale dans un pays déjà fragilisé par des conflits sociaux persistants. L’ancienne candidate à l’Elysée a également fustigé les postures du ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, qu’elle perçoit comme un symbole d’une politique nostalgique de la colonisation, incompatible avec les intérêts à long terme de la France.
Pour rappel, la situation entre les deux capitales s’est encore tendue cette semaine. Le président Macron a demandé la suspension de l’accord de 2013 octroyant des exemptions de visa aux détenteurs de passeports diplomatiques et de service algériens. En réponse, l’Algérie a annoncé la résiliation définitive de cet accord et l’application stricte du principe de réciprocité, désormais applicable aux diplomates français
Au premier trimestre 2025, plusieurs incidents ont aggravé la crise avec l’expulsion par Alger de 12 diplomates français fin avril, suite à l’arrestation d’un agent consulaire algérien à Paris. En mai, deux agents des services français ont été renvoyés pour usage de faux passeports diplomatiques. Paris a également menacé de revoir l’accord migratoire de 1968, dans le sillage d’une attaque impliquant un ressortissant algérien.
Ségolène Royal oppose à cette spirale le besoin urgent de compétence, de respect et de crédibilité dans les relations avec l’Algérie, rappelant que confier un dossier aussi sensible à un ministre aux positions controversées constitue, selon elle, une « erreur fondamentale ».
T. Feriel
