L’Algérie au Conseil de sécurité : Retour stratégique sur la scène internationale
Le 6 juin 2023, l’Assemblée générale de l’ONU élisait l’Algérie parmi les cinq membres non permanents du Conseil de sécurité pour la période 2024-2025, avec un très large soutien (184 votes sur 193). Ce mandat, le quatrième de son histoire — après ceux de 1968-69, 1988-89 et 2004-05 — marque une nouvelle phase diplomatique pour le pays
À son entrée en fonction en janvier 2024, l’Algérie a clairement défini ses priorités : promouvoir la paix et le dialogue, défendre les peuples opprimés, renforcer le multilatéralisme, et plaider pour l’égalité et les droits selon la Charte de l’ONU.
Parmi les priorités concrètes, la Palestine, le Sahara occidental et le porte-parole de l’Afrique
Dès le début de son mandat, l’Algérie a fait de la question palestinienne une “priorité absolue”. En mars 2024, elle a réussi à faire adopter une résolution exigeant un cessez-le-feu immédiat à Gaza pendant le Ramadan et la levée des blocages humanitaires, en mobilisant les autres membres non permanents. Par ailleurs, elle a proposé une résolution forte exigeant la cessation des opérations militaires israéliennes à Rafah, renforçant sa position de défenseuse de la cause palestinienne malgré l’opposition américaine.
L’Algérie a également porté haut la cause du peuple sahraoui, affirmant que sa position restera inchangée tant que le droit à l’autodétermination ne sera pas exercé.
Dans l’esprit du Consensus d’Ezulwini et de la Déclaration de Syrte, Alger milite pour une augmentation du nombre de sièges africains au Conseil (de 3 à 5). Il cherche aussi à renforcer la voix commune des pays africains pour mieux défendre leurs priorités, notamment face aux crises du Sahel, de la Libye, du Mali ou du Niger.
L’Algérie plaide également pour une réforme du Conseil de sécurité afin de le rendre plus représentatif, équitable, et en phase avec les réalités géopolitiques actuelles. Elle souhaite promouvoir une diplomatie basée sur le dialogue, le règlement pacifique des crises, et le principe de non-ingérence.
Le représentant permanent Algérien, Amar Bendjama, incarne cette diplomatie active. Lors de la cérémonie d’entrée en janvier 2024, il a affirmé l’engagement d’Alger à promouvoir les droits des peuples opprimés, les principes du droit international, et à renforcer la coopération internationale.
T. Feriel
