À quelques jours de l’Aïd El Adha, de nombreuses familles se retrouvent dans l’incertitude en raison de l’augmentation considérable des prix des moutons. Cette flambée des prix sur le marché de vente crée des inquiétudes parmi les citoyens qui espéraient une éventuelle baisse avant la fête religieuse.
Les moutons, qui étaient négociés à 50.000 dinars l’année dernière, sont désormais vendus entre 65 000 et 70 000 dinars, une hausse jugée excessivement élevée par les acheteurs potentiels. Lors d’une visite effectuée dans différents points de vente, il est apparu clairement que les acheteurs manifestent peu d’enthousiasme face à cette situation. Mohamed, fonctionnaire dans une société privée et père de quatre enfants, rencontré dans un point de vente illicite à Hai Yaghmoracen, a déclaré : « Cette année, les prix ont bondi. La hausse varie de 15.000 à 20.000 dinars. » Il a également mentionné avoir visité plusieurs points de vente à Messergine, Es Sénia, Sidi El Bachir, Sidi Marrouf et Hassi Bounif, où les prix oscillent entre 55.000 DA et 140.000 DA. Cette augmentation significative des prix des moutons pose un véritable défi pour les familles à faibles et moyens revenus. Nombreuses sont celles qui ne pourront pas se permettre d’acheter le « fameux » mouton cette année.
Face à cette situation, certains citoyens conseillent de ne pas céder aux intermédiaires et suggèrent de se rendre directement chez les éleveurs, où les prix sont généralement plus abordables en raison des conditions climatiques difficiles (sécheresse et canicule) que les éleveurs doivent affronter. Ils estiment que si les éleveurs ne parviennent pas à vendre avant l’Aïd, ils seront contraints de baisser les prix, évitant ainsi des frais supplémentaires pour eux. Elhadi, un revendeur de la wilaya de Tiaret, explique que cette flambée des prix est due à deux facteurs principaux. D’une part, les prix des aliments pour animaux ont connu une augmentation vertigineuse chez les importateurs cette année. D’autre part, les éleveurs font face à des contraintes liées à la sécheresse, qui restreint l’accès aux pâturages, ainsi qu’aux coûts engendrés par l’achat de citernes d’eau pour leurs troupeaux. Cette situation précaire pousse les éleveurs à augmenter les prix de vente pour maintenir leur activité. Pour les familles aux revenus limités, l’achat d’un mouton devient pratiquement impossible, même en dépensant la totalité de leur salaire.
Certaines personnes envisagent de s’endetter pour pouvoir se procurer un mouton, tandis que d’autres optent pour une cotisation familiale, choisissant des moutons de taille moyenne ou grande. Notons aussi que malgré les efforts des autorités locales pour garantir un approvisionnement adéquat en moutons sains, à travers la désignation de 61 points de vente de moutons répartis dans la plupart des communes de la wilaya, des points de vente informels continuent d’exister, échappant au contrôle des autorités compétentes. Il est essentiel de lutter contre ces pratiques illégales et de sensibiliser davantage la population aux risques liés à l’achat de moutons provenant de sources non réglementées, ainsi qu’à l’importance de respecter les règles vétérinaires et sanitaires pour prévenir la propagation de maladies. En conclusion, la hausse considérable des prix des moutons a un impact significatif sur les familles à faibles revenus, rendant l’acquisition d’un mouton difficile, voire impossible pour certains. Il est nécessaire de trouver des solutions adaptées pour permettre à ces familles de célébrer l’Aïd El Adha dans des conditions accessibles, tout en prenant des mesures pour éliminer les points de vente informels et garantir la santé et la sécurité des animaux destinés au sacrifice.
Fayçal A

