Prévention contre les inondations : 850 sites à haut risque recensés

L’Algérie fait face depuis deux décennies à des bouleversements climatiques majeurs, marqués par une intensification des précipitations. Selon Chérif Aïssiou, directeur de l’assainissement et de la prévention des risques d’inondations au ministère des Ressources en eau, cette évolution impose une stratégie fondée sur la prévention et l’anticipation.
Invité sur la Radio nationale, Aïssiou a rappelé l’épisode récent de Bir Mourad Raïs (Alger), où 72 mm de pluie sont tombés en deux heures, dépassant largement la capacité des réseaux. Il a insisté sur la nécessité de curages réguliers, de projets annuels et de l’actualisation des plans directeurs pour s’adapter aux changements climatiques et à l’urbanisation.
Le responsable a dénoncé les comportements inciviques aggravant les risques, tels que le rejet de déchets et gravats dans les canalisations. Il a précisé que, malgré des tronçons anciens à réhabiliter, l’état général du réseau reste acceptable. Les précipitations, qui ne dépassaient pas 20 mm auparavant, atteignent désormais parfois 120 mm, ce qui a poussé les autorités à accélérer la modernisation des infrastructures.
Il a rappelé que l’Algérie dispose d’un réseau unifié couvrant 93 % du territoire et 96 % des zones urbaines, avec une longueur totale de 97 000 km. Les services d’assainissement sont disponibles à 100 % dans le pays, contre seulement 24 % dans les pays africains voisins.
Concernant les « points noirs », le dernier recensement de 2024 en a identifié 13 500, en baisse grâce aux programmes menés avec les collectivités locales. La stratégie nationale de lutte contre les inondations, adoptée en 2020, a recensé 850 sites dangereux, dont 50 à très haut risque.
Aïssiou a également évoqué la problématique du Sud, notamment à El Oued et Ouargla, où la remontée des eaux usées menace les nappes phréatiques. Un programme en quatre phases, actuellement à son ultime étape, a permis de réduire significativement les inondations dans ces régions.
Enfin, il a mis en avant l’utilisation des eaux usées traitées dans l’agriculture, conformément aux directives présidentielles de novembre 2023. Vingt-et-un projets ont été lancés, dont 18 stations de traitement, avec une capacité appelée à atteindre 1 milliard de m³ par an d’ici deux ans.
Ch.G
