«Déluge d’Al Aqsa»: Le Hamas attaque Israël

Une attaque spectaculaire et sans précédent du Hamas palestinien a secoué Israël, hier matin, lancée pour la première fois depuis la bande de Ghaza. Cette attaque a combiné des tirs massifs de roquettes avec une incursion terrestre, plongeant le Sud et le Centre d’Israël dans le chaos.
Sous le nom d’opération « Déluge d’Al Aqsa », plusieurs milliers de roquettes ont été tirées depuis la bande de Ghaza en direction du territoire israélien. Cette initiative est une réaction aux violations quotidiennes de la mosquée d’Al Aqsa à Al Qods, le troisième Lieu saint pour les musulmans, par les colons israéliens, ainsi qu’aux exactions subies par la population palestinienne sous occupation.
Les tirs de roquettes ont débuté tôt le matin, vers 6 h 30, heure locale. La branche armée du Hamas, qui gouverne la bande de Ghaza depuis 2007, a revendiqué cette attaque spectaculaire et a annoncé l’opération le début du « Déluge d’Al Aqsa ».
Dans un enregistrement audio, le commandant des brigades Azzedine Al Qassam, Mohamed Deif, a déclaré que 5 000 roquettes avaient été tirées vers Israël depuis le début de l’opération, affirmant que le mouvement avait décidé de « mettre un terme à tous les crimes de l’occupation ». Le chef du Hamas, Ismaël Hania, a également souligné que cette action s’inscrivait dans une bataille de résistance visant à défendre Al-Aqsa. Il a déclaré : « La tempête a commencé à Ghaza et se poursuivra en Cisjordanie et au-delà, partout où se trouve notre peuple ».
De leurs côtés, Tel-Aviv a signalé l’infiltration d’un « nombre indéterminé » de combattants palestiniens sur leur territoire, conseillant aux habitants des zones frontalières de se cloitrer chez eux. Un premier bilan initial fait état de morts, sans préciser le nombre exact, ainsi que d’une centaine de blessés. Des médias israéliens et arabes ont rapporté une incursion terrestre, aérienne et maritime de combattants palestiniens, qui ont ensuite mené des opérations au cœur des villes israéliennes. La chaîne Al Arabya a diffusé des images montrant des combattants palestiniens neutralisant des soldats israéliens et s’emparant de leurs véhicules.
Le Hamas a également diffusé des vidéos montrant des soldats et des civils israéliens enlevés, ainsi que des maisons partiellement détruites par les roquettes. Ces scènes sans précédent ont semé la panique à travers Israël, tandis que Tsahal a répliqué en bombardant ce qu’elle a qualifié de « positions du Hamas » dans la bande de Ghaza.
L’attaque du Hamas a également suscité des réactions internationales rapides, avec des appels à la désescalade et à la recherche d’une solution pacifique à ce regain de violence au Proche-Orient. La situation reste tendue, avec des craintes quant à l’escalade du conflit et à ses conséquences sur la région.
Mahmoud Abbas
se positionne
Le président palestinien Mahmoud Abbas a présidé une réunion d’urgence samedi en compagnie de dirigeants palestiniens et de responsables civils et de sécurité. Au cours de cette réunion, il a donné un ordre catégorique visant à garantir la protection du peuple palestinien et a affirmé son droit à se défendre face aux agressions perpétrées par l’armée d’occupation israélienne et les colons. L’agence palestinienne Wafa a rendu compte de cette rencontre au cours duquel le chef de l’État palestinien a souligné « la nécessité d’assurer la protection pour notre peuple et son droit à se défendre contre le terrorisme des colons et des forces d’occupation ».
Mahmoud Abbas a également ordonné la mise en place de toutes les mesures nécessaires pour renforcer la résilience du peuple palestinien face aux actes crimes commis par l’occupation sioniste et les milices de colons.
Cette décision intervient dans un contexte de tensions accrues en Palestine, marqué par des affrontements fréquents entre les Palestiniens et les forces israéliennes ainsi que les colons dans les territoires occupés. La réunion d’urgence présidée par Mahmoud Abbas met en lumière la détermination des dirigeants palestiniens à protéger les droits et la sécurité de leur peuple. Le président palestinien a souligné l’importance de la solidarité nationale et internationale pour faire face à cette situation difficile. Alors que les Palestiniens se battent pour leurs droits et leur dignité, cette affirmation du droit à l’autodéfense réaffirme la détermination du peuple palestinien à résister face à l’occupation et aux agressions, tout en appelant à des mesures concrètes pour mettre fin à la violence et à l’injustice qui touchent la région.
Au moins cinq martyrs, dont un journaliste tombés à Ghaza
Hier, cinq civils palestiniens sont tombés en martyr, tués par des tirs de l’armée d’occupation israélienne à l’Est de la ville de Ghaza, selon un bilan provisoire. Deux jeunes Palestiniens ont été retrouvés sans vie à l’hôpital après des affrontements entre les soldats israéliens et des civils palestiniens à l’Est et au Nord de la bande de Ghaza. Un autre Palestinien avait précédemment été assassiné par des soldats israéliens. De plus, lors d’un bombardement ciblant l’hôpital civil indonésien de BeitLahia, au nord de la bande de Ghaza, un Palestinien a été tué et plusieurs autres ont été blessés, d’après des sources locales palestiniennes. Un journaliste palestinien du nom de Mohammed Al-Salhi a également perdu la vie, victime de tirs de l’armée d’occupation alors qu’il effectuait son travail le long des frontières de la bande de Ghaza. Ces événements tragiques mettent en lumière la persistance de la violence et des tensions dans la région, soulignant la nécessité d’œuvrer pour la paix et la stabilité.
Disparités dans les réactions internationales
Les réactions internationales n’ont pas tardé à se multiplier à la suite de l’attaque menée par le Hamas contre Israël samedi matin. Cette offensive a fait rapidement réagir les diplomates occidentaux. Ainsi le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a condamné sans équivoque les attaques du Hamas, déclarant : « Nous suivons avec angoisse les nouvelles en provenance d’Israël. Cette violence horrible doit cesser immédiatement. Le terrorisme et la violence ne résolvent rien. » Il a également exprimé la solidarité de l’Union européenne envers Israël en ces moments difficiles.
Cependant, certaines voix se sont élevées pour rappeler que les réactions internationales varient en fonction des circonstances. Alors que les pays occidentaux, dont la France et l’UE, ont rapidement exprimé leur solidarité envers Israël suite à cette attaque, ils ont été critiqués pour ne pas avoir réagi de manière aussi véhémente lors d’autres incidents impliquant des victimes palestiniennes ou d’autres citoyens de pays arabes ou africains. En effet, les pertes palestiniennes, notamment les cinq civils tués par les tirs de l’armée israélienne à l’Est de la ville de Ghaza, ainsi que les 110 personnes décédées dans une attaque contre une académie militaire en Syrie jeudi, n’ont pas toujours suscité la même réaction ou solidarité de la part des pays occidentaux et de l’UE.
Ces disparités dans les réactions internationales démontrent clairement que nous sommes très loin d’une justice mondiale.
Les inégalités dans la manière dont les tragédies sont traitées sur la scène internationale soulèvent des préoccupations majeures quant à la partialité des acteurs internationaux et à la sélectivité de leur engagement envers les droits de l’homme et la justice.
Lorsque des conflits ou des actes de violence touchent certaines régions du monde, en particulier celles qui sont perçues comme stratégiquement ou politiquement importantes, les réactions internationales sont souvent rapides et énergiques. Cependant, lorsque ces mêmes actes de violence se produisent dans des régions moins médiatisées ou moins influentes sur la scène mondiale, l’attention internationale et la mobilisation pour une résolution pacifique sont souvent beaucoup plus faibles. Cette disparité flagrante dans le traitement des conflits soulève des questions fondamentales sur la crédibilité de la communauté internationale et sa capacité à agir de manière impartiale pour promouvoir la paix, les droits de l’homme et la justice. Les citoyens et les observateurs attentifs ne manquent pas de remarquer ces incohérences, ce qui peut miner la confiance dans les institutions internationales et compromettre la légitimité de leurs actions. Une justice mondiale authentique doit reposer sur des principes universels, où chaque vie humaine a la même valeur et où les actes de violence et d’injustice sont condamnés sans distinction de lieu ou d’origine. Les organismes internationaux, les gouvernements et les organisations non gouvernementales doivent s’efforcer de garantir une réponse équitable et cohérente à tous les conflits et crises, indépendamment de leur emplacement géographique ou de leur contexte politique. Il est essentiel de reconnaître que la construction d’une véritable justice mondiale est un défi complexe, mais il est nécessaire de travailler en ce sens pour que la communauté internationale puisse réellement jouer un rôle efficace dans la résolution des conflits, la protection des droits de l’homme et la promotion de la paix durable à travers le monde.
B. Bakhta
