Une fratrie est impliquée : 20 ans de réclusion pour homicide
Jugés et condamnés par le tribunal criminel à la peine de mort par contumace pour homicide volontaire, les deux mis en cause ont comparu en seconde instance devant le tribunal criminel d’appel pour répondre des mêmes faits. À l’issue des délibérations, les deux frères B. Aboubakr et Mohamed, ont été condamnés à 20 ans de réclusion criminelle.
Les faits de cette affaire remontent au 9 juillet 2023, lorsque les services de la Gendarmerie nationale reçoivent un appel signalant la présence d’un corps au milieu de la rue, au niveau du quartier Chahid Mahmoud à Hassi Bounif. En se déplaçant sur les lieux, les gendarmes apprennent que la victime a été évacuée vers les urgences de l’hôpital. Arrivés sur place, les enquêteurs sont informés par le staff médical que la victime est décédée avant son admission. Elle portait des blessures au niveau de la tête, du visage et des jambes, occasionnées par un objet contondant.
Un jour plus tard, les gendarmes de Hassi Bounif reçoivent un autre appel concernant l’admission de B. Ali, présentant de graves blessures au niveau de la tête. Selon les premiers éléments de l’enquête, ces blessures font suite à une dispute l’ayant opposé à d’autres personnes au niveau de ce même quartier.
Selon des témoins oculaires, le jour des faits, une altercation a éclaté entre Ali et Abderrahmane, à propos de caisses de poisson vides laissées sur place et dégageant une forte odeur. En assistant à la dispute, la victime, S.B., a tenté de s’interposer pour calmer les esprits. Mais B. Ali est allé chercher du renfort auprès de ses deux frères, Mohamed et Aboubakr ainsi que de son cousin Hicham. Ces derniers sont arrivés munis d’une panoplie d’armes blanches, semant la terreur sur les lieux.
Ils cherchaient la victime afin de se venger de son intervention en faveur de Abderrahmane. La victime, ayant appris que les trois frères la recherchaient armés, a pris peur et a tenté de trouver refuge dans une station de lavage de véhicules. Mais ils ont fini par le rattraper et se sont déchaînés sur lui avec une rare violence, ne lui laissant aucune chance de fuir. Tout cela s’est déroulé sous les yeux de sa fille, âgée de seulement sept ans, qui se trouvait à ses côtés.
Cités à la barre du tribunal criminel d’appel, les deux mis en cause ont tenté de se disculper en chargeant les autres prévus jugés lors du premier procès, lesquels avaient également été condamnés à la peine capitale. B. Ali a soutenu que la victime l’avait agressé avec des amis et avait tenté de le frapper, affirmant : « Je n’ai fait que me défendre ». Quant à leur cousin, il a déclaré qu’il ne se trouvait pas sur les lieux du crime ce jour-là.
La défense de la partie civile est revenue sur le traumatisme de l’enfant, blessée psychiquement pour le restant de sa vie. Zemmouri L.
