Abus sur mineure : Dix ans de réclusion pour un quinquagénaire
Le tribunal criminel de première instance a condamné B. Mokhtar, 57 ans, marié et père de deux enfants, à dix ans de réclusion criminelle pour viol d’une mineure de moins de 16 ans, tombée enceinte à la suite de ces faits et qui a donné naissance à un enfant placé depuis en famille d’accueil. L’affaire a éclaté le 26 août 2025, lorsque les services de police ont été alertés par le personnel de l’hôpital du 1er-Novembre-1954 de l’admission d’une jeune fille de 14 ans présentant une grossesse. Entendue en présence de sa mère, l’adolescente a déclaré avoir été abusée par Mokhtar dans son épicerie située à Sidi Chahmi. Les faits remonteraient au début du Ramadhan. Alors qu’elle n’avait que 13 ans, l’homme l’aurait attirée dans son commerce avant de la violer et de la menacer de représailles si elle parlait à sa mère. Après lui avoir donné 500 dinars, il aurait continué à abuser d’elle à plusieurs reprises. Interpellé lors de l’enquête, le suspect a d’abord livré une version singulière. Il a affirmé que, durant le Ramadhan, alors qu’il se trouvait chez lui près du marché municipal de Sidi Chahmi, la jeune fille aurait frappé à sa porte pour lui demander un café. Après l’avoir servie, il prétend avoir été « surpris » par les avances de la mineure, tout en reconnaissant être passé à l’acte.
Appelé à la barre, l’accusé a d’abord maintenu cette ligne de défense consistant à charger la victime en invoquant un « comportement provocateur », avant de se rétracter totalement et de nier l’ensemble des accusations. De son côté, la victime est apparue profondément traumatisée à l’audience, particulièrement après avoir été confrontée à l’accusé et à l’épouse de ce dernier, qui l’aurait provoquée dans l’enceinte du tribunal. Face à la détresse évidente et à l’état psychologique très perturbé de l’adolescente, le président du tribunal a relevé certaines divergences dans ses déclarations. Sa mère a témoigné du calvaire d’une famille totalement dévastée par ce drame, tandis que la victime a formellement désigné l’homme à la barre comme étant son agresseur.
Dans son réquisitoire, le procureur de la République a insisté sur la gravité extrême des faits, soulignant que l’accusé avait sciemment exploité la précarité sociale et financière de la jeune fille avant de la terroriser par des menaces. Estimant la culpabilité pleinement établie, il a requis 20 ans de réclusion criminelle. La défense a quant à elle plaidé l’acquittement, arguant de l’absence de preuves matérielles et pointant les contradictions dans le récit de la victime. Les avocats de l’accusé ont par ailleurs réclamé un complément d’information ainsi qu’une expertise génétique (test ADN) pour déterminer la paternité de l’enfant. Zemmouri L.
