Récupération des fonds détournés : Les experts en parlent

 

Des experts en économie et en droit ont salué lundi les mesures juridiques engagées par l’Algérie pour récupérer ses fonds et biens détournés à l’étranger, estimant qu’il s’agit du fruit d’un travail rigoureux mené par les institutions de l’État et d’un tournant majeur dans la consolidation de la souveraineté économique.

Le consultant international en développement économique, Abderrahmane Hadef, a rappelé que ce dossier est « l’un des plus sensibles et complexes » du processus de transformation institutionnelle. Selon lui, il ne s’agit pas seulement de lutte contre la corruption, mais d’un passage vers une nouvelle ère fondée sur le recouvrement de la souveraineté financière et le renforcement de la crédibilité des institutions. Il a souligné l’efficacité des commissions rogatoires internationales, citant l’exemple de la Suisse qui a accepté 20 dossiers et permis la restitution de plus de 110 millions de dollars. Pour Hadef, ce succès illustre la maturité de l’Algérie en matière de diplomatie judiciaire, transformant des revendications politiques en dossiers techniques conformes aux normes internationales.
L’analyste économique Slimane Nacer a abondé dans le même sens, estimant que ces démarches vont « dans la bonne direction ». Pour lui, la récupération des fonds détournés dépasse la dimension financière et revêt une portée morale, traduisant une volonté ferme de restituer les droits du peuple. Il a reconnu les disparités dans la coopération internationale, entre la flexibilité suisse, l’appui espagnol et l’intransigeance française, mais a insisté sur la détermination de l’Algérie à poursuivre ce processus malgré les obstacles.
De son côté, l’enseignant en droit à l’université d’Alger 1, Hamza Khedri, a mis en avant le rôle de la révision constitutionnelle de 2020 et la création de la Haute Autorité de transparence, de prévention et de lutte contre la corruption (HATPLC). Celle-ci a lancé une stratégie nationale accordant une importance particulière au dossier de récupération des fonds. Il a salué le rôle pivot de la justice, à travers les jugements de confiscation et le transfert des revenus vers le fonds dédié, ainsi que celui de la diplomatie algérienne qui a activé des accords bilatéraux et conclu de nouveaux traités pour faciliter la restitution des avoirs.
Dans l’Ouest du pays, des enseignants universitaires ont également qualifié cette démarche d’«audacieuse et stratégique ». Le doyen de la Faculté de droit de Sidi Bel-Abbès, Tayeb Brahim Ouis, a affirmé que la récupération des fonds détournés reflète une activation réelle des mécanismes de la justice internationale et renforce le principe de l’État de droit. Il a ajouté que cette action contribue à consolider la confiance entre le citoyen et les institutions.
Le professeur d’économie à l’université d’Oran 2, Hakimi Bouhafs, a salué un acquis susceptible d’ouvrir de nouvelles perspectives d’investissement au bénéfice du Trésor public et des citoyens. Il a rappelé que cette mesure figurait parmi les engagements du président de la République, Abdelmadjid Tebboune.
Enfin, le Dr Mohamed Kermas, de l’université de Mascara, a souligné que cette démarche reflète la bonne gouvernance et la concrétisation du principe de confiance entre l’État et le citoyen. Selon lui, les fonds récupérés profiteront à l’économie nationale, notamment à travers des budgets complémentaires destinés au développement local et au soutien de secteurs vitaux.
G. Salima

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