Plages de Bousfer : L’évacuation des embarcations prévue demain

Le compte à rebours est enclenché à Bousfer, où les propriétaires d’embarcations de pêche et de plaisance sont sommés de libérer les plages avant le mercredi 15 avril 2026.

Passé ce délai, les bateaux encore présents sur le rivage seront transférés à la fourrière municipale, conformément à l’arrêté n°2026/222 signé le 9 avril. Une décision qui intervient à l’approche de la saison estivale, mais qui traduit surtout une volonté de reprise en main d’un littoral longtemps marqué par des pratiques tolérées, voire ignorées.
La commune de Bousfer constitue l’un des principaux points de concentration estivale de la wilaya d’Oran, où plusieurs plages sont ouvertes à la baignade chaque année. Dans ce contexte de forte affluence, la présence d’embarcations tirées à même le sable, parfois abandonnées durant de longues périodes, est régulièrement dénoncée comme une source de désordre et un risque pour la sécurité des baigneurs.
« Il était devenu difficile de distinguer les espaces réservés à la baignade de ceux occupés par les embarcations », confie un responsable local, évoquant une situation « qui ne pouvait plus durer » à l’approche de l’été. La mesure vise ainsi, selon les autorités, à « rétablir l’ordre et garantir la sécurité des estivants ».
Sur le terrain, cependant, la décision ne fait pas l’unanimité. « On comprend la nécessité d’organiser les plages, mais on nous demande de partir sans proposer de solutions concrètes », déplore un pêcheur de la zone, pointant l’absence d’espaces aménagés pour accueillir les embarcations. Une critique récurrente, qui met en lumière les limites d’une approche centrée sur l’interdiction plutôt que sur l’aménagement.
Car au-delà de la question sécuritaire, c’est bien celle de la gestion durable du littoral qui se pose. Entre exigences touristiques croissantes et maintien des activités traditionnelles, notamment la pêche artisanale, l’équilibre reste fragile. Le recours à la fourrière pour les embarcations non retirées marque, à cet égard, un durcissement du ton de la part des autorités locales, décidées à mettre fin à un certain laisser-faire.
Reste à savoir si cette opération, engagée à quelques semaines du lancement de la saison estivale 2026, s’inscrira dans une stratégie durable ou si elle se limitera à une réponse ponctuelle dictée par l’urgence. À Bousfer, comme ailleurs sur le littoral oranais, la question de la cohabitation entre usages demeure entière.
K.B

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