Sevrage tabagique : Une méthode « miracle » à Oran ?

Face à la persistance du tabagisme et à la difficulté d’y mettre un terme, de nouvelles approches de sevrage émergent dans la wilaya d’Oran.
Selon une déclaration rapportée par Algérie Presse, les responsables d’un centre nouvellement implanté dans la wilaya, expliquent que leur dispositif « permet d’arrêter de fumer en une seule séance grâce à un laser doux non invasif et sans danger ». D’après ces mêmes sources, le traitement agirait directement sur la dépendance physique à la nicotine, avec pour objectif de supprimer le besoin « naturellement, sans aucun effet secondaire ».
Présenté comme un acteur international du sevrage tabagique par laser, ce cendre affirme être déjà implanté dans plus de vingt pays et disposer de plusieurs centaines d’unités à travers le monde.
L’ouverture récente d’un premier centre en Algérie, à Oran, marque l’arrivée de cette méthode sur le marché local. Les promoteurs mettent en avant une approche sans médicaments, sans stress ni prise de poids, reposant sur une seule séance, avec une garantie de douze mois en cas de rechute.
Sur le terrain, ces dispositifs attirent une partie des fumeurs en quête de solutions rapides, mais les avis restent partagés sur leur efficacité réelle.
Interrogée sur ces pratiques, la pharmacienne Mekkaoui adopte une position prudente et nuancée. Elle ne rejette pas totalement ce type de méthode, mais refuse également de lui accorder une efficacité absolue. Selon elle, « on ne peut pas réduire une addiction au tabac uniquement à un phénomène physique. Il y a aussi une dimension psychologique, comportementale et sociale très forte ».
Elle poursuit en soulignant que certaines personnes peuvent ressentir un effet positif immédiat après une séance, notamment une diminution de l’envie de fumer, mais que cela ne garantit pas un arrêt durable : « Dans certains cas, le déclic peut exister, mais sans accompagnement sur le long terme, sans suivi et sans travail sur les habitudes, le risque de rechute reste important. »
Mekkaoui insiste également sur la nécessité de ne pas présenter ces méthodes comme une solution miracle : « Je ne suis pas totalement contre, mais je ne suis pas d’accord non plus pour dire que cela suffit à arrêter définitivement de fumer. Il faut rester prudent et éviter de créer de faux espoirs chez les patients. »
Ladite méthode « alternative » repose sur une approche non chirurgicale de sevrage tabagique par stimulation laser de certains points réflexes de l’oreille, présentée comme une technique visant à agir sur la dépendance à la nicotine. Selon ses promoteurs, cette stimulation auriculaire, proche du principe de l’acupuncture, permettrait de déclencher la libération d’endorphines et de réduire ainsi le besoin de fumer, avec une séance unique d’environ une heure, sans douleur ni symptômes de manque. La méthode met également en avant des équipements certifiés aux normes européennes et s’appuie sur le concept de « photobiomodulation », une technologie utilisée depuis plusieurs décennies dans différents domaines médicaux.
Ses responsables affirment que plusieurs études scientifiques auraient exploré les effets du laser dans le sevrage tabagique, tout en soulignant que l’efficacité réelle de ce type d’approche reste encore débattue et fait l’objet d’évaluations médicales complémentaires.
Dans une ville où le tabagisme demeure répandu, l’essor de ces méthodes alternatives traduit une évolution des attentes des fumeurs, en quête de solutions rapides. Toutefois, leur efficacité continue de faire débat au sein de la communauté médicale, qui appelle à davantage d’évaluations scientifiques rigoureuses. O.A Nadir

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