306.000 comprimés d’ecstasy saisis au port: De 4 ans à la perpète pour les accusés
Huit personnes, dont deux en liberté provisoire, ont récemment comparu devant le tribunal criminel d’Oran dans le cadre de l’affaire des 306.000 comprimés d’ecstasy entrés par le port d’Oran. Après délibérations, des peines allant de quatre ans de prison ferme à la perpétuité ont été prononcées.
Les faits remontent au 1er juillet 2024, lorsque les services des douanes du port d’Oran ont transmis aux autorités de la police des frontières des informations concernant deux suspects, L.H. et B.M.R., un transitaire, après qu’un contrôle effectué le 30 juin 2024 sur un conteneur ait permis de découvrir la marchandise illégale. Le conteneur, en provenance de Marseille avait été transporté par le second accusé, B.M.R. Lors du contrôle, les autorités ont saisi 140 kg de comprimés d’ecstasy, soit 306.000 pilules de différentes couleurs, cachées dans trois pétrins.
Deux numéros de téléphone ont été identifiés comme appartenant au propriétaire des comprimés et au transporteur. Ces informations ont été transmises aux enquêteurs qui ont ensuite interpellé deux autres suspects, F.H. et B.M. L’enquête a également révélé qu’un certain K.O., qui avait quitté le pays le 1er juillet 2014, assurait la liaison entre les deux premiers mis en cause. Les investigations ont également permis d’identifier un client, M.I., chargé de réceptionner les psychotropes. Il a été interpellé alors qu’il se trouvait avec M.R.
Face aux accusations, B.M.R. a reconnu que les pétrins saisis lui appartenaient, mais a nié avoir transporté les comprimés d’ecstasy. Il a expliqué qu’il possédait un registre en tant que transporteur de marchandises entre la France et l’Algérie depuis 2012. Selon ses déclarations, il s’était rendu en France le 20 mai 2024 et était revenu le 28 mai. C’est lui qui avait chargé le conteneur de 45 pieds. D’autres marchandises lui avaient été remises par A.H., tandis que les pétrins lui avaient été donnés par un inconnu, dont il n’avait pour contact qu’un numéro de téléphone.
D’après les déclarations de B.M.R., il semble qu’un réseau criminel international sophistiqué soit impliqué dans ce trafic, un réseau qui n’hésite pas à recourir aux menaces de mort. En effet, B.M.R. et son frère auraient été menacés par des trafiquants résidant à l’étranger, dont les complices se trouveraient également en Algérie.
Quant au premier prévenu, il a nié toutes les accusations portées contre lui, tout comme les autres accusés, qui ont tenu des propos similaires. La chambre d’accusation a conclu que des preuves tangibles étaient suffisantes pour incriminer les mis en cause.
Lors du procès, B.M.R. a maintenu sa version des faits, niant toutefois toute implication dans le transport de stupéfiants. Les autres accusés, confrontés aux éléments de preuve, ont rejeté ces accusations.
Le représentant du ministère public a requis la peine maximale, tandis que la défense a plaidé la non-culpabilité.
Zemmouri L.
