Tribunal criminel : Peine capitale contre un ex d’AQMI
Il avait à son actif des assassinats de civils et de militaires, ainsi que des kidnappings. Après avoir fait opposition à sa condamnation à mort par défaut prononcée en 2016, le mis en cause, B. Rachid, a comparu devant le tribunal criminel de première instance de la Cour d’Oran. À l’issue des délibérations, et conformément aux réquisitions du ministère public qui avait réclamé la peine maximale, le prévenu a été condamné à la peine capitale.
L’affaire remonte au 22 juin 2009, lorsque les éléments de la Gendarmerie nationale de Bordj El Emir Abdelkader, à Tissemsilt, sont saisis d’une plainte déposée par B.A. Ce dernier déclare que son fils a été enlevé et qu’une rançon est exigée pour sa libération. S’étant rendu à la ferme où son fils travaillait, le père n’y avait trouvé que son tracteur abandonné en plein champ. En interrogeant les agriculteurs présents sur les lieux, il apprendra que cinq individus armés, se réclamant d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), ont kidnappé son fils.
Par ailleurs, le 5 juillet 2010, un citoyen de la même région alertera les gendarmes après avoir découvert une bombe artisanale dissimulée sur un sentier menant à la montagne de Sidi Yakoub, précisant avoir été pris en chasse par un terroriste qui l’avait repéré. Les gendarmes, dépêchés sur place, procéderont à la destruction de l’engin avant d’ouvrir une enquête. Les investigations établiront alors un lien entre ces faits et un accrochage survenu le 4 mars 2011 au lieu-dit « Eddam ». Cette embuscade s’était soldée par la mort d’un militaire et avait fait plusieurs blessés. Les rescapés expliqueront qu’ils effectuaient une opération de ratissage lorsqu’ils ont été pris pour cibles par des terroristes. Durant cet échange de tirs nourris, qui a duré une quinzaine de minutes, les assaillants avaient fait usage d’armes automatiques.
Une vingtaine de jours après ces événements, une autre bombe artisanale explosera au passage d’un convoi militaire, faisant deux morts et douze blessés. En 2012, une attaque visera la 92e brigade de la police militaire de la localité d’Aïn El Ançor, coûtant la vie au transporteur de pain de l’unité. Une seconde agression, perpétrée le jour de l’Aïd el-Adha 2012, fera une autre victime parmi les transporteurs d’eau de cette même brigade.
Le cours des investigations permettra d’identifier le dénommé G.A., dit « Tamiche ». Une fois arrêté et confronté aux faits, il passera aux aveux, affirmant avoir rejoint les groupes armés à l’âge de huit ans seulement, après avoir été embrigadé par le terroriste Bakaï Omar. « Je renseignais les groupes armés sur les déplacements des militaires », confessera-t-il, tout en reconnaissant avoir activé trois bombes artisanales à l’aide de téléphones portables. Suite à ses déclarations, quatre autres individus seront interpellés.
Appelé avant-hier à la barre du tribunal criminel de la cour d’Oran, G.A. a déclaré d’emblée, avant même son interrogatoire, être innocent, ainsi que l’ensemble des autres prévenus. Entendu à son tour, B. Rachid n’a pas nié son appartenance aux groupes armés, tout en réfutant avoir commis des crimes ou tué des innocents. Pour rappel, ses complices avaient été condamnés en 2016 à des peines allant de 15 à 20 ans de réclusion criminelle.
Zemmouri L.
