Un tournant attendu dans les quartiers: Fin des permis de construire modificatifs

Dans plusieurs quartiers d’Oran, notamment à Es-Sénia, aux cités El Mithaq et Les Castors, la décision d’interdire les permis de construire modificatifs est accueillie comme un tournant attendu de longue date. Pour de nombreux habitants, cette mesure du wali Brahim Ouchene apparaît comme une réponse devenue indispensable face à des transformations urbaines de plus en plus difficiles à encadrer.
Sur le terrain, les évolutions du bâti se sont imposées progressivement. Des villas et habitations individuelles ont été remplacées par des immeubles de plusieurs étages, parfois en rupture avec l’harmonie des quartiers existants. Cette densification rapide nourrit un sentiment de déséquilibre chez les riverains, qui évoquent une perte d’intimité, une baisse de l’ensoleillement et une pression croissante sur l’espace urbain.
« On a l’impression que les règles changent après coup, et que les quartiers ne nous appartiennent plus », confie un habitant d’Es-Sénia, où plusieurs projets immobiliers ont suscité des contestations récurrentes, sans toujours de réponses jugées satisfaisantes.
C’est dans ce contexte de tensions accumulées que s’inscrit la décision des autorités locales. Le wali d’Oran a réaffirmé la nécessité de mettre un terme à une pratique devenue courante : celle de permis de construire initialement conformes, puis modifiés en cours de réalisation pour augmenter la hauteur ou la densité des projets.
Selon les services concernés, ce mécanisme a progressivement fragilisé la réglementation urbanistique, en permettant des ajustements successifs qui finissent par altérer les projets initiaux et bouleverser l’équilibre de certains quartiers.
La réactivation de l’interdiction des permis modificatifs vise ainsi à rétablir un principe simple : le respect strict de l’autorisation délivrée, de son approbation jusqu’à l’achèvement des travaux. Une orientation déjà adoptée par le passé, aujourd’hui remise au centre du dispositif de contrôle urbain.
Pour une partie des habitants, cette fermeté est perçue comme un signal de reprise en main, dans un contexte où la pression foncière et les intérêts économiques ont souvent pesé sur l’application des règles d’urbanisme.
Reste désormais la question de son application sur le terrain. Entre chantiers en cours, enjeux économiques et attentes des citoyens, la mise en œuvre effective de cette mesure sera déterminante pour la régulation du secteur urbain à Oran.
K.B

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