L’affaire des 325 kilos de kif : 15 ans de réclusion confirmée en appel
Le tribunal criminel d’appel a condamné B. Abdellatif, originaire de Médéa, à 15 ans de réclusion criminelle pour trafic de stupéfiants au sein d’un réseau organisé, alors même que le parquet avait requis à son encontre la peine maximale.
L’affaire remonte au 9 mai 2009 : suite à une filature entamée sur la route de Médéa, un fourgon Renault Master est intercepté par les services de sécurité après avoir tenté d’éviter un barrage douanier à Remchi. Les agents qui suivaient le véhicule ont alerté les gendarmes locaux, permettant ainsi une opération combinée pour bloquer le suspect. La fouille du véhicule a mené à la saisie de 325 kg de kif traité et à l’arrestation immédiate du chauffeur, A.M.
En revanche, une Mercedes servant de véhicule « éclaireur », à bord de laquelle se trouvaient les deux principaux commanditaires de l’opération, a réussi à prendre la fuite. Lors de son interrogatoire, A.M., a dénoncé ses fournisseurs et ses complices. Il a notamment précisé que la drogue provenait de l’Ouest pour transiter par Médéa.
Ce changement d’itinéraire suspect a permis aux enquêteurs de comprendre qu’ils faisaient face à un réseau d’envergure internationale.
Les investigations ont ainsi établi un lien direct avec l’importante saisie de 50 quintaux de kif effectuée le 9 avril 2009 au port sec de Rouiba.
Le mis en cause a également fourni des informations capitales sur d’autres cargaisons devant être réexpédiées vers l’ouest du pays suite aux complications logistiques nées de la saisie de Rouiba. Il a notamment révélé qu’un autre Renault Master, intercepté quelques mois plus tôt à Aïn El Hadjal alors qu’il se rendait vers Tébessa, contenait une cache secrète. Ce véhicule, qui circulait avec de faux documents et s’avérait être volé, avait été placé en fourrière sans que sa cargaison initiale ne soit découverte.
Sur instruction du parquet, une fouille minutieuse assistée par des chiens renifleurs a finalement permis d’y découvrir trois quintaux de kif supplémentaires, entraînant l’identification et l’arrestation d’autres membres de la cellule criminelle.
L’enquête a par ailleurs démontré une connexion avec une autre affaire portant sur la grosse quantité de drogue saisis le 28 juillet 2009 dans un appartement du quartier Es-Seddikia. Le principal acteur de ce volet, ayant comparu en avril 2011, a vu son implication confirmée par les déclarations de A.M. Ce dernier a maintenu ses accusations, affirmant avoir récupéré la marchandise chez B. Abdellatif à Médéa.
Appelé à la barre du tribunal criminel d’appel, B. Abdellatif a nié avec assurance l’intégralité des faits, s’appuyant sur le fait que les deux prévenus l’ayant dénoncé sont décédés l’année dernière. Toutefois, les éléments matériels et les preuves concrètes accumulés durant l’instruction ont permis de le confondre. Malgré les plaidoiries de sa défense sollicitant les circonstances atténuantes, la cour a confirmé sa culpabilité.
Zemmouri. L
