Tribunal d’appel: Sept ans de prison pour un chauffard

Le tribunal criminel d’appel d’Oran a condamné, la semaine dernière, K. Mohamed, à sept ans de prison pour coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort. Lors du procès de première instance, le prévenu avait été condamné à dix ans de prison.
Les faits remontent au 1e mars 2021 lorsque les services de gendarmerie de Sid el Bachir ont été alertés par leurs homologues de Bir El-Djir sur la découverte d’un homme, victime d’un accident de la circulation, gisant à l’entrée de Bir El-Djir. A leur arrivée sur les lieux, les gendarmes ont effectivement trouvé le corps d’un homme à environ 15 mètres d’un ralentisseur. La victime présentait de graves blessures à la tête et une hémorragie à l’oreille droite. De leur côté, les éléments de la protection civile, également dépêchés sur place, ont constaté que cet homme était décédé immédiatement des suites de ses blessures.
Selon plusieurs témoignages, la victime aurait été renversée par un bus de marque Toyota transportant du personnel, dont le chauffeur aurait pris la fuite. Ce dernier sera arrêté à plus de 300 mètres du lieu de l’accident. Interrogé, le chauffeur, K. Mohamed, a déclaré qu’en sortant de Hai Chahid Mahmoud à bord de son véhicule, il avait aperçu une Clio bleue arrêtée au milieu de la route avec quatre personnes à bord : deux hommes et deux femmes. Il leur a demandé de déplacer la voiture pour le laisser passer, mais ils ont commencé à l’insulter tout en lui lançant des canettes vides. Le conducteur lui a alors barré la route en roulant lentement. Le mis en cause les a finalement dépassés au moment où ils se trouvaient devant un ralentisseur. Il a continué sa route jusqu’au commissariat de Sid el Bachir pour signaler aux policiers le comportement du chauffeur de la Clio. Les policiers lui ont conseillé d’avertir les gendarmes territorialement compétents à Hassi Bounif, ce qu’il a fait. En poursuivant son chemin, il a croisé le chauffeur de la Clio qui était ivre. Ce dernier, a encore affirmé K. Mohamed, avait tenté de casser les vitres du bus. Inquiet pour son jeune fils présent dans le véhicule, il a décidé «d’éviter tout conflit» en percutant l’homme avec l’arrière du bus pour l’éloigner «sans penser que son geste allait être fatal».
Devant le tribunal criminel, le mis en cause a maintenu ses déclarations, affirmant qu’il n’avait jamais eu l’intention de tuer cet homme. Le représentant du ministère public a requis une peine de dix ans contre lui, tandis que la défense a plaidé pour des circonstances atténuantes
Zemmouri L.

Bouton retour en haut de la page