Tribunal criminel : Un réseau de passeurs condamné
Le tribunal criminel de première instance de la cour d’Oran a jugé 21 individus, dont un en fuite, impliqués dans un réseau de passeurs. Ce groupe, composé de ressortissants algériens, bangladais et indien, devait répondre des accusations d’organisation de traversées clandestines au sein d’un réseau criminel organisé, faux et usage de faux, falsification de documents, ainsi qu’émigration et résidence clandestines. À l’issue des délibérations, trois Algériens ont été condamnés à dix ans de réclusion criminelle, tandis que le reste des prévenus a écopé de peines de un à deux ans de prison ferme. Un acquittement a également été prononcé.
Cette affaire s’inscrit dans le cadre de la lutte contre le crime organisé, en particulier la traite des êtres humains et l’immigration clandestine. Tout a commencé lorsque la sûreté urbaine de Haï el Yasmine a reçu des informations concernant un dénommé T. Nabil, qui faisait l’objet de plusieurs mandats d’arrêt pour l’organisation de voyages clandestins. Rapidement appréhendé par les forces de l’ordre, les investigations ont révélé qu’il utilisait un appartement situé au centre-ville pour loger des étrangers. Une perquisition, ordonnée par le tribunal d’Oran, a permis aux policiers d’y découvrir 14 ressortissants du Bangladesh.
Confronté à ces éléments, le principal suspect a affirmé avoir été arrêté le 4 janvier 2025 alors qu’il se trouvait à bord de son véhicule. Face aux mandats d’arrêt le visant, il a reconnu qu’il se savait recherché pour des affaires de trafic de stupéfiants, précisant avoir déjà été jugé pour ce motif par le tribunal d’El Othmania en 2023. De plus, une autre perquisition menée à son domicile de Haï el Yasmine a mené à la saisie de 10 passeports bangladais.
T. Nabil a alors avoué que ces documents appartenaient à des clandestins qu’il projetait d’aider à quitter le territoire algérien. Selon ses dires, cette activité avait débuté un mois avant son arrestation, après un appel de son cousin paternel, un ressortissant marocain nommé Gh.M. Ce dernier, qui réside illégalement entre l’Espagne et la France, organise des traversées clandestines vers l’Espagne.
Gh.M., lui aurait demandé de trouver un logement pour héberger les migrants avant leur départ, en échange d’une rémunération de 20 000 dinars par personne. T. Nabil a accepté la proposition et a sollicité un certain I. Brahim pour louer l’appartement du centre-ville. À l’arrivée des ressortissants étrangers à Oran, ils sont allés les récupérer à la station de taxi de Sidi El Bachir. T. Nabil a d’abord pris en charge huit Bangladais, avant d’être recontacté le 13 décembre 2024 par son cousin pour en héberger quatorze autres, arrivés par avion à l’aéroport Ahmed Ben Bella d’Oran. Il a ainsi reconnu les faits, insistant sur le fait que son rôle consistait à aider ces étrangers, entrés légalement en Algérie, à quitter le pays clandestinement à bord de barques de fortune. Il a également mentionné détenir la nationalité marocaine depuis 2016 en raison de ses origines.
Appelé à la barre du tribunal criminel, le principal accusé a finalement nié les faits, mais les ressortissants étrangers l’ont directement accablé en déclarant qu’il était bien celui qui les encadrait dans leur projet d’émigration.
Zemmouri L.
