France: Royal dénonce l’algérophobie des néocolonialistes

Présidente de l’Association France-Algérie, Ségolène Royal n’a pas mâché ses mots, utilisant le terme « d’algérophobie » pour dénoncer le comportement d’une partie de la classe politique française. Une algérophobie qui nourrit, en fait, « une véritable stratégie électorale » dans le cadre de la campagne électorale pour la prochaine présidentielle.
« L’algérophobie est devenue une véritable stratégie électorale », a-t-elle déclaré dans une interview pour la chaine internationale algérienne AL24News, diffusée avant-hier mardi. Elle a ainsi dénoncé certains acteurs politiques qui « continuent à remuer les relents néocoloniaux dans un contexte où les Français ont bien d’autres préoccupations »
Elle a aussi relevé que cette stratégie « n’est pas alimentée seulement par l’extrême droite, mais aussi par une partie beaucoup plus large » de la classe politique française, citant notamment « un ancien Premier ministre candidat à l’élection présidentielle de 2027 (qui) a commencé à triturer les accords de 1968 sans expliquer (…) le pourquoi du comment ».
Mme Royal a par ailleurs souligné les nombreux problèmes la France fait face. « Ce n’est pas la chasse au foulard qui va faire baisser le prix de l’essence ou permettre d’éradiquer la pédo-criminalité ».
Pour elle, une partie de la classe politique française, incluant même celle qui a été au pouvoir, « fait diversion alors qu’elle a été incapable de gérer correctement le pays ». « Elle doit aujourd’hui faire face à un bilan calamiteux », faisant référence à « l’explosion de la dette, la dégradation du classement de la France dans le classement éducatif et la question de la fragilisation du système de santé ainsi que les attaques contre le système de retraite ».
En ce qui est du plan bilatéral, Mme Royal a renouvelé son engagement à « rapprocher les liens entre les deux rives et à renouer des partenariats intelligents entre les deux pays ».
« Je ne laisserai pas faire cette instrumentalisation de l’algérophobie pendant la campagne électorale », a-t-elle insisté.
Interrogée sur les accusations de « soumission à l’Algérie » portées contre elle par certains acteurs politiques de l’extrême droite, Mme Royal a précisé que ces acteurs « sont restés figés dans un passé néocolonial pour grappiller quelques voix, je ne sais pas lesquelles d’ailleurs ».
« Nous avons intérêt à nous entendre avec l’autre rive de la Méditerranée. Nous avons intérêt à nous entendre avec le Maghreb et au-delà avec l’Afrique », a-t-elle ajouté, exprimant, dans ce sens, son souhait de voir « une France qui, demain, par sa diplomatie, n’interférera pas dans les conflits entre les uns et les autres, mais, au contraire, cherchera toujours à réconcilier les pays voisins ».
« Nous avons, autour du bassin méditerranéen, des partenariats très intéressants sur la culture et sur l’éducation. Et donc, c’est ce projet-là que j’entends porter pour demain », a-t-elle soutenu.
Enfin, Mme Royal a fait remarquer que l’Algérie est un grand pays de la région. « C’est l’entrée vers le continent africain. Donc, c’est urgentissime de rétablir de bonnes relations et, moi, je m’y emploierai ».
Feriel T.
