Condamnés pour avoir brulé vif un homme: Double appel dans une affaire d’homicide volontaire

Un double appel a été interjeté par le parquet et la défense de huit mis en cause dans une affaire d’homicide volontaire avec préméditation, non déclaration de crime et non-assistance à personne en danger. Parmi les prévenus qui avaient comparu, en ce début d’année devant le Tribunal criminel de première instance de la Cour d’Oran, cinq sont issus d’une même famille, à savoir quatre frères et leur oncle paternel.
Rappelons que lors du premier procès, et suite aux délibérations, les deux principaux accusés, deux frères, B.S. et B.B., avaient été condamnés à 20 ans de réclusion criminelle alors que trois autres mis en cause, devant également répondre du premier chef d’inculpation, avaient été acquittés. Par ailleurs les peines d’une année et 18 mois ont été retenues contre les trois prévenus accusés de non dénonciation de crime et non-assistance à personne en danger. Cette affaire s’était déroulée, en 2020 dans la commune d’Oued Tlélat. Les éléments de la gendarmerie nationale venaient de recevoir un appel signalant un crime d’une rare cruauté. En effet, on leur avait annoncé qu’une personne venait de périr à l’intérieur d’une voiture qui avait été incendiée au niveau d’une ferme de la région. Se rendant sur les lieux, les gendarmes allaient découvrir l’horreur. La dépouille d’un homme calciné et dénudé se trouvait à l’intérieur d’un véhicule dont toutes les portières avaient été condamnées. A proximité de la voiture, se trouvaient les vêtements de la victime également brulés, et un peu plus loin, deux briquets et un jerrican ayant contenu de l’essence ainsi que les traces d’un corps qu’on avait trainé. Les frères B sont les principaux suspects suite au témoignage de l’épouse de la victime qui avait déclaré qu’un différend opposait le défunt à cette fratrie à propos d’un lot de terrain. Elle avait expliqué que la justice avait au préalable tranché sur ce sujet donnant raison à son mari. Une décision qui n’a pas été du goût des accusés qui avaient juré de se faire justice. Elle avait ajouté qu’une partie de ce terrain avait été loué par son défunt mari à une tierce personne qui s’était rétracté par la suite devant les menaces de représailles des frères B. Craignant pour sa vie, le locataire s’en ira après avoir demandé à la victime de le rembourser.
Par ailleurs, cette enquête avait révélé qu’au moment de ces faits, la victime avait alerté le voisinage mais personne ne l’a secouru. Les quatre frères avaient été arrêtés de même que leur oncle et furent confronté à ces griefs. Ces derniers, face à ces accusations, avaient nié les faits portés à leur encontre. A la barre, lors du premier procès, ils avaient adopté le même comportement en réfutant les chefs d’accusation retenus contre eux. Trois des mis en cause avaient déclaré avoir trouvé la victime dénudée et brulée, mais avaient eu peur d’alerter les autorités. Ils avaient affirmé que lors de son agonie, la victime avait désigné les frères B comme étant responsables de ces faits. Lors de ce même procès, le représentant du ministère public, mettant le point sur la barbarie de cet acte, avait requis la perpétuité contre les cinq membres de cette famille et demandé cinq ans de réclusion contre les trois derniers prévenus.
Zemmouri. L
