10e anniversaire de l’Accord d’Alger : Un tournant décisif dans la gouvernance pétrolière mondiale
L’Accord d’Alger, adopté par l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), demeure non seulement un évènement majeur dans le processus de rééquilibrage et de stabilisation du marché pétrolier et un tournant décisif dans la gouvernance pétrolière mondiale, mais également un acte fondateur dans la consolidation des relations entre les pays de l’Opep et les producteurs non membres.
Cet Accord représente ainsi le point de départ d’une transformation durable de la coopération entre producteurs en établissant un dialogue régulier permettant de coordonner les actions collectives et s’adapter aux transformations du marché pétrolier mondial.
En ouvrant la voie à une coopération structurée et sans précédent entre l’OPEP et les principaux producteurs non OPEP, notamment la Russie, l’Accord a contribué à transformer durablement la gouvernance de la coopération pétrolière internationale à travers la Déclaration de coopération réunissant 24 pays influents sur la scène énergétique mondiale autour d’un ajustement global de production, en vue d’accélérer la résorption de l’excédent de stocks et de favoriser le rééquilibrage entre l’offre et la demande.
Ainsi, l’Accord d’Alger a constitué un succès majeur de la diplomatie pétrolière algérienne, obtenu dans un contexte de profondes divergences entre les principaux producteurs et d’instabilité du marché.
Son importance réside autant dans le compromis atteint que dans le processus diplomatique ayant permis de rétablir un dialogue de haut niveau et de créer les conditions politiques d’une action commune.
Cette dynamique a également marqué le passage d’une approche centrée principalement sur l’OPEP à une logique de responsabilité partagée entre les principaux producteurs mondiaux.
C’est dans cet élan que de mécanismes institutionnels déterminants avaient été mis en place, impliquant les pays producteurs, à travers le comité ministériel conjoint de suivi (JMMC) et le Comité technique de suivi (JTC), dont l’Algérie est un membre très actif.
Ces deux comités stratégiques ont permis de développer un système inédit de suivi destiné à contrôler la mise en œuvre des engagements et à évaluer régulièrement l’évolution du marché.
L’Algérie au cœur de l’action de coordination au sein de l’Opep+
Grâce à cette organisation établie, cette alliance a démontré à plusieurs reprises son importance et son rôle décisif, notamment lors de la crise mondiale provoquée par la pandémie de Covid-19 en 2020, marquée par un effondrement historique de la demande et des tensions exceptionnelles sur les capacités de stockage.
Pour faire face à ce choc majeur, l’Opep+ avait procédé à des ajustements sans précédent prouvant ainsi les capacités du mécanisme de coopération mis en place et la portée de l’action fondée sur l’évaluation régulière de l’offre, de la demande et des incertitudes pesant sur le marché.
Dix ans après la signature de cet Accord, l’Algérie reste toujours un acteur majeur et très actif sur le terrain pour contribuer à sa consolidation et sa mise en œuvre. Elle continue à ce jour de jouer un rôle important dans la coordination des ajustements de production, à travers sa participation au groupe des sept pays disposant de capacités d’ajustement volontaire de leur production, aux côtés de l’Arabie saoudite, de la Russie, de l’Irak, du Koweït, du Kazakhstan et d’Oman.
Pour faire face aux fluctuations des prix, l’Algérie a maintenu son attachement au dialogue entre l’Opep et ses alliés, privilégiant une approche basée sur une évaluation régulière des conditions du marché avant toute décision collective.
Dans un environnement international soumis à l’incertitude et à la persistance de facteurs géopolitiques susceptibles d’affecter les flux énergétiques, l’Algérie a toujours plaidé pour la coopération et l’action commune au sein de l’Opep+.
En 2025-2026, l’engagement de l’Algérie dans l’Opep+ se veut une continuité de cette trajectoire. Le pays participe activement aux consultations et aux mécanismes de coordination et demeure attaché au respect des décisions collectives.
C’est une implication qui s’est notamment affirmée à travers sa participation au groupe des sept pays disposant de capacités d’ajustement volontaire de leur production, aux côtés de l’Arabie saoudite, de la Russie, de l’Irak, du Koweït, du Kazakhstan et d’Oman. En septembre 2026, ces sept pays continuent de jouer un rôle central dans la coordination des ajustements de production, illustrant une approche prudente, progressive et fondée sur une évaluation régulière des conditions du marché.
APS
