Universités algériennes : De l’ombre à la lumière des classements

En trois éditions du classement QS des universités arabes, le nombre d’établissements algériens classés est passé de 14 à 50, soit plus de trois fois plus.
Le ministère de l’Enseignement supérieur avait annoncé 14 établissements dans l’édition 2024, 17 dans la suivante, puis 46 dans l’édition 2026. L’édition 2027 en compte 50, ce qui place l’Algérie en tête du monde arabe et du Maghreb par le nombre d’établissements classés, avec l’université d’Annaba première au niveau national. Cette progression nourrit le discours des responsables du secteur, qui y voient le résultat d’une vision centrée sur l’innovation et sur la valorisation de la production scientifique.
Le recteur de l’université Djillali Liabès de Sidi Bel Abbés, Bouziani Merahi, y lit une incitation à poursuivre l’effort. Il met en avant la visibilité accrue des universités et la hausse des publications dans les revues de renom, surtout en sciences exactes et technologiques. Il cite aussi la stratégie de numérisation du secteur, qui a ouvert l’accès à l’information aux chercheurs et aux étudiants. Pour le recteur de l’USTHB, Djamel Eddine Akratche, dont l’établissement figure déjà dans plusieurs classements internationaux, dont QS et US News Best Global Universities, cette émergence est le fruit d’une nouvelle vision. Elle fait de l’innovation le fondement de la recherche et motive les jeunes chercheurs.
Au niveau africain, le classement Times Higher Education 2027 retient 31 établissements algériens, contre 28 l’an dernier. Cela place le pays au premier rang maghrébin et au deuxième rang africain, si l’on s’en tient au nombre d’universités retenues. Dans le classement THE Sustainability Impact Ratings 2026, 46 établissements algériens figurent parmi 1 603 universités mondiales. Le ministère en tire une première place en Afrique et dans le monde arabe, ainsi qu’une place dans le top 10 mondial en nombre d’universités classées.
À l’échelle mondiale, les rangs individuels sont plus modestes. Dans le THE 2027, la meilleure université algérienne est celle d’El Oued, dans la tranche 1200-1400. Neuf établissements algériens figurent dans l’US News Best Global Universities parmi 2 250 universités, et Sidi Bel Abbés entre dans le top 1 000 à la 849e place. Dans le classement QS par discipline, l’USTHB se place parmi les 150 premières mondiales en génie pétrolier, première du Maghreb dans cette spécialité. Sidi Bel Abbés se classe entre la 401e et la 450e place en génie mécanique, aéronautique et de fabrication. En revanche, l’Algérie est absente du classement général de Shanghai 2026, publié le 15 août, qui ne retient que les 1 000 premières universités.
Le palmarès des chercheurs est plus favorable. Selon l’édition 2026 du classement Stanford-Elsevier, 45 chercheurs algériens figurent parmi les 2 % les plus influents sur l’ensemble d’une carrière, contre 38 un an plus tôt. Sur l’indicateur annuel, ils passent de 80 à 101. Hicham Tahraoui, enseignant en génie des procédés à l’université de Médéa, en fait partie. Il compte 170 articles publiés et plus de 3 200 citations. Il attribue ce parcours à la formation continue, à la persévérance et à la coopération scientifique. Il estime que les compétences existent, mais qu’elles ont besoin d’un soutien institutionnel, surtout dans les disciplines expérimentales qui exigent des équipements spécialisés.
Pour transformer les résultats publiés en applications, le chercheur appelle à multiplier les projets communs entre universités et entreprises et à renforcer le transfert de technologie.
G. Salima

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