Centres de détention clandestins de l’époque coloniale: Journée d’étude à l’université Oran 1
Les lieux de détention clandestins, les prisons coloniales et les pratiques de torture employées contre les Algériens durant la guerre de libération nationale ont constitué les principaux axes d’un colloque scientifique organisé à l’université Oran 1 Ahmed-Ben-Bella ces derniers jours.
Cette rencontre a permis de revenir sur un pan douloureux de l’histoire nationale, à travers les recherches et les témoignages consacrés au système répressif mis en place par l’administration coloniale dans l’Ouest algérien.
Organisée par le laboratoire des manuscrits de la civilisation islamique en Afrique du Nord, en collaboration avec la faculté des sciences islamiques, cette manifestation s’inscrit dans le programme de commémoration du déclenchement de la Révolution du 1er Novembre 1954.
Elle a réuni des enseignants, des chercheurs spécialisés en histoire contemporaine ainsi que des étudiants venus prendre part aux échanges. Les interventions ont notamment porté sur la multiplication des structures de détention utilisées par les autorités coloniales pour surveiller, interroger et isoler les militants nationalistes et les combattants de la Révolution.
Les chercheurs ont établi une distinction entre les prisons officielles, placées sous l’autorité de l’administration judiciaire française, et les centres clandestins qui fonctionnaient en dehors de tout contrôle légal.
Plusieurs sites de détention situés dans la région d’Oran et dans l’Ouest du pays ont été évoqués, notamment à Bethioua, Bir El Djir, Arcole, Sidi Chahmi, Bousfer et El Daya.
Des lieux de détention réservés aux femmes ont également été signalés à El Amria, tandis que certains quartiers historiques d’Oran, notamment Sidi El Houari, abritaient des centres d’interrogatoire et de séquestration.
Une place importante a été accordée aux méthodes de torture infligées aux détenus. Les communications ont fait état de pratiques particulièrement violentes, parmi lesquelles la torture à l’électricité et les précipitations dans des puits.
Ces procédés étaient utilisés pour obtenir des informations, briser la résistance des détenus et exercer une pression sur la population. Les travaux ont aussi mis en lumière le rôle des avocats et des défenseurs des droits de l’homme qui ont dénoncé ces violations et contribué à les faire connaître au-delà des frontières.
Hommage à Zeddour Ibrahim Belkacem
Le colloque a également consacré une partie de ses travaux au martyr étudiant Zeddour Ibrahim Belkacem, originaire d’Oran et considéré parmi les premières victimes du mouvement estudiantin durant la Révolution. Les chercheurs ont retracé son engagement nationaliste, depuis sa participation aux manifestations de mai 1945 jusqu’à son militantisme au sein du Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques.
Son parcours universitaire à la Zitouna, à Tunis, puis au Caire, ainsi que ses relations avec les dirigeants de la Révolution et les représentants de la délégation extérieure, ont été abordés. Les intervenants sont ensuite revenus sur son arrestation et sa mort sous la torture dans les premiers jours de novembre 1954.
Ils ont également évoqué les tentatives des autorités coloniales de dissimuler son assassinat et de faire disparaître son corps en le jetant à la mer. Au-delà de l’hommage rendu aux valeureux martyrs, cette rencontre universitaire vise à approfondir la connaissance de l’histoire nationale et à transmettre cette mémoire aux nouvelles générations. Organisé chaque année depuis le 60e anniversaire du déclenchement de la Révolution, ce rendez-vous offre aux chercheurs et aux étudiants un espace d’échange autour des archives, des témoignages et des événements qui ont marqué la lutte pour l’indépendance.
F.A
