Docteur Elias Akhamoukh : De nouvelles menaces sanitaires pourraient apparaître

« Il est plus que nécessaire aujourd’hui de réadapter notre système de santé, notamment dans son volet prévention », car la conjugaison de plusieurs facteurs nouvellement apparus peut constituer de sérieuses menaces, et « une épidémie peut nous surprendre à tout moment et venant de n’importe où ».
C’est ce qu’a déclaré, hier matin le docteur Elias Akhamoukh, Chef de service des maladies infectieuses au niveau de l’Etablissement public hospitalier de Tamanrasset, qui s’exprimait à l’émission L’invité de la rédaction de la chaine 3 de la Radio algérienne.
Selon lui, la prévention reste le seul moyen pour pouvoir faire face à plusieurs épidémies où il est impératif de prendre les devants, tout comme pour le dépistage précoce qui s’impose si on veut faire face à certaines maladies. Il évoque également la mondialisation de la santé qui permet un accès plus facile aux services de santé à travers de nouvelles technologies. Par ailleurs, ajoute-t-il, le changement climatique avec les modifications de la température, les précipitations, et l’humidité qu’il entraîne, pèse sur le devenir de certaines maladies infectieuses et parasitaires qui affectent l’ensemble du monde vivant, citant le choléra. Il rappelle, à ce propos, les dernières épidémies enregistrées aux frontières Sud du pays, dont la diphtérie une maladie que l’on disait éradiquée mais qui a touché plus de 16 personnes à Tamanrasset alors que le plus important foyer de la maladie a été détecté à Tin Zaouatine, ville frontalière avec le Mali.
Il explique, en outre, que plusieurs études scientifiques récentes ont montré l’incidence possible de la température, de la sécheresse et de la pluviométrie sur l’évolution géographique et temporelle des maladies infectieuses et parasitaires (choléra, paludisme). Il estime que dans les années à venir, avec une augmentation significative de la température, il faut envisager les conséquences sur l’extension géographique de nombreuses maladies infectieuses et notamment celles transmises par des animaux vecteurs (paludisme, dengue).
Quant au Covid, le docteur Elias Akhamoukh insiste sur l’importance de la vigilance. « Si on en a fini avec la pandémie, le virus est toujours là », précise-t-il. « Il faut être vigilant surtout avec la rentrée sociale et scolaire et la baisse de la température qui favorise les coups de froid », affirme-t-il en préconisant auquel cas le recours à la bavette.
Concernant l’exode de nos médecins, il indique qu’il faut agir vite, non pas pour arrêter ce processus, mais pour limiter l’hémorragie. « En dépit de l’amélioration des conditions globales de travail dans les établissements hospitaliers, le manque de moyens et de prise en charge démotivent nos médecins dans la plupart des villes algériennes », dit-il à ce sujet. Concernant la vaccination, il déclare qu’elle reste la seule initiative à même de faire barrage à plusieurs épidémies comme ce fut le cas avec la diphtérie.
Zemmouri L.
