Deux prévenus dont un ex policier à la barre : Cinq ans de réclusion pour trafic de cocaïne

Le Tribunal criminel d’appel a jugé, hier, Dj.A., et S.Y., un ancien fonctionnaire de police, pour détention de munitions sans autorisation, détention d’arme blanche et détention et commercialisation de cocaïne. A l’issue des délibérations, ils ont été condamnés à 5 ans de réclusion. Il s’agit d’une affaire qui a éclaté suite aux investigations menées par les éléments de la brigade de recherche et d’investigation de la sûreté de wilaya concernant un trafic de drogue dure dans lequel un suspect, Dj.A., a été identifié. Ce dernier a été arrêté le 26 mars 2019 et l’enquête qui s’en est suivit a permis aux policiers de déterminer qu’un lien existe entre ce prévenu et un policier travaillant à la 6e sûreté urbaine qui le prévenait sur les investigations le concernant, des informations qui lui ont permis plus d’une fois d’éviter d’être arrêté. En contrepartie, il recevait des cadeaux et autres largesse, dont des sommes d’argent ainsi que des stupéfiants. Dj.A., a expliqué qu’il était en contact avec ce policier, qui se faisait appeler Y Tmouchenti, à travers Messenger et c’est lui qui l’a informé qu’il était sous l’effet d’un mandat d’arrêt.
Mais le plus grave étant l’information qu’il lui avait fournie sur le responsable de la BRI qui le recherchait, tout en lui décrivant sa voiture personnelle et son numéro d’immatriculation. Dj.A., lui remit 3.000 DA. Il a ajouté, dans sa déposition, que son informateur lui aurait demandé 30 millions de centimes contre une quantité de cocaïne, saisie il y a deux ans et qui se trouvait au niveau du siège de la 6e sûreté urbaine.
Arrêté à son tour S.Y., avoua connaitre Dj.A., depuis 2017 alors qu’il faisait partie de la BRI. Et c’est au moment d’un contrôle d’identité que ce dernier lui aurait proposé de le tenir au courant sur le deal des stupéfiants au niveau de son quartier. « A cet effet, précisa le policier, je lui ai donné mon numéro de téléphone et effectivement, il a balancé les noms de dealer qu’on a arrêté ».
Quelques temps plus tard, ajouta-t-il, « j’ai appris que Dj.A., est lui-même dealer de drogue dure. Des investigations ont été menées en ce sens après que le responsable de notre sûreté urbaine a été informé de ses agissements, mais Dj.A., avait pris la fuite, vers l’étranger où il était resté plus de 9 mois voyageant entre l’Espagne, la France la Belgique, entre autres pays européens. La perquisition de son domicile a permis néanmoins de saisir 48 g de cocaïne ainsi que tout un arsenal utilisé pour peser et conditionner cette drogue dure, de même que des cartouches d’armes », avait-il déclaré en substance.
Cités à la barre du Tribunal criminel, le policier nie toutes les accusations retenues contre lui, alors que le premier mis en cause, et afin de minimiser les charges, affirme n’être qu’un consommateur. Le représentant du ministère public requiert contre les deux prévenus dix ans de réclusion. La défense du policier plaide sa non culpabilité en absence de preuves tangibles l’incriminant alors que celle de Dj.A., plaide la consommation mettant le point sur la qualité de la cocaïne saisie, précisant que son taux de mélange à d’autres produits était très important.
L. Zemmouri

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