Le SIPA 2025 s’ouvre au CCO: L’Algérie met le cap sur l’économie bleue

Avec 180 exposants venus de 17 pays, la 10ᵉ édition du Salon international de la pêche et de l’aquaculture consacre le retour de la mer au cœur de la stratégie nationale de diversification économique.
Jeudi, lors de l’ouverture du Salon international de la pêche et de l’aquaculture (SIPA 2025), le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Yacine Mehdi Oualid, a annoncé une série de mesures destinées à relancer le secteur halieutique et à en faire un moteur de croissance durable.
Dans son discours d’ouverture, le ministre a souligné la volonté du gouvernement de mobiliser tous les moyens matériels et humains afin de faire de la mer un levier économique national. « Notre objectif est double : préserver la richesse marine tout en augmentant la capacité nationale de production », a-t-il affirmé, évoquant notamment la pêche hauturière et l’aquaculture continentale comme les nouveaux moteurs du secteur.
L’Etat prévoit également des incitations fiscales, la facilitation des importations d’équipements spécialisés, dont les navires de pêche, et le développement local du matériel technique pour accompagner les investisseurs.
Pour le ministre, le SIPA constitue aussi une plateforme essentielle de coopération et de partenariat international, où « les opérateurs nationaux et étrangers peuvent tisser des liens, échanger leurs savoir-faire et conclure des accords orientés vers l’autosuffisance et l’exportation ».
L’innovation figure en bonne place dans cette 10ᵉ édition. Le ministre de l’Économie de la connaissance et des Start-up, Noureddine Ouadah, a de son côté salué la participation d’une trentaine de jeunes entreprises, dont treize soutenues par l’État.
Elles y présentent des solutions numériques de gestion des ressources marines, des outils de suivi écologique, et des technologies de production durable, confirmant que la transformation numérique touche désormais aussi la mer.

Oran en locomotive nationale

Le Sultanat d’Oman, pays invité d’honneur, a marqué de sa présence la dimension internationale du salon.
Son représentant, le ministre de l’Agriculture, de la Pêche et des Ressources en eau, Saoud Ibin Hamoud Ibin Ahmed Al-Habsi, a mis en avant les convergences entre Alger et Mascate : « Nous partageons avec l’Algérie une même vision : celle d’une pêche durable, modernisée et respectueuse de l’environnement », a-t-il déclaré, souhaitant renforcer la coopération en matière de formation et de recherche appliquée dans les métiers de la mer.
Représentant le wali d’Oran, le secrétaire général de la wilaya, Fodil El-Aïdani, a annoncé la mise en place de 30 cages flottantes d’aquaculture d’ici le premier semestre 2026, pour une production annuelle estimée à 2 200 tonnes de poissons. La wilaya a également récupéré 270 hectares de zones côtières destinés à de nouveaux investissements maritimes.
Avec ses 125 km de façade maritime, ses trois ports, huit unités de transformation et dix chantiers navals, Oran s’impose comme la locomotive nationale du développement maritime.
Un projet de récifs artificiels dans la baie de Bousfer, mené avec la coopération japonaise et l’association Barbarous, illustre la dynamique écologique du territoire.
Au programme du SIPA 2025 : rencontres B2B, ateliers techniques et tables rondes sur la numérisation de la pêche, les récifs artificiels, la campagne du thon rouge 2026 ou encore le projet de croissance bleue durable de Béjaïa.
Universités, centres de recherche, banques et compagnies d’assurance y participent, confirmant le rôle du salon comme carrefour de dialogue entre science, économie et environnement.
Khaled Boudaoui

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