Communiqué US sur l’état de la liberté de culte en Algérie : Stupeur et consternation dans le monde arabe

L’Observatoire arabe des droits de l’Homme a dénoncé le communiqué américain sur l’état de la liberté de culte en Algérie et les informations fallacieuses et erronées qu’il contient et qui n’ont aucun rapport avec la réalité, appelant à ne pas porter atteinte à la culture des sociétés arabes.
« L’ingérence américaine dans les questions qui ont trait à la liberté de culte est totalement inacceptable, étant des questions internes liées aux particularités sociétales et culturelles », a estimé l’Observatoire.
L’Algérie, souligne le communiqué, « est un exemple à suivre en matière de renforcement de la liberté de croyance et de culte au regard de son système juridique qui protège les croyances mais aussi de sa contribution efficace aux efforts régionaux et internationaux visant à consolider les dénominateurs communs entre les différentes religions et civilisations».
« L’Algérie œuvre en outre à diffuser les valeurs positives pour la consécration de cet objectif, notamment les valeurs de tolérance, du vivre-ensemble et de dialogue en tant fondements de la paix, de la sécurité et de la stabilité pour tous les peuples du monde, et ce, grâce aux efforts considérables et au soutien indéfini du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune », conclut le communiqué.
De son côté, le Parlement arabe a condamné, dimanche, les informations contenues dans le dernier communiqué du Secrétariat d’Etat américain, indiquant qu’il contenait « des informations incorrectes et erronées qui n’ont rien à voir avec la réalité ».
« Les questions relatives à la liberté de culte sont liées à la spécificité sociétale et culturelle de chaque société et ne doivent, sous aucun prétexte, faire l’objet d’une ingérence étrangère », a estimé le Parlement arabe dans son communiqué.
Rappelant que l’Algérie est connue pour ses principes de modération et de juste milieu, le Parlement arabe a souligné que « la Constitution et les lois algériennes reconnaissent les libertés religieuses et garantissent clairement et sans ambiguïté la liberté de croyance ».
Quant au Haut conseil islamique (HCI), il a fait part, dimanche, de son étonnement quant à la teneur de ce communiqué, ajoutant que ce dernier a omis les exactions commises par l’entité sioniste à l’encontre des musulmans en Palestine, en les empêchant d’accéder à la Mosquée Al-Aqsa et de prier en son sein.
Pourquoi Blinken ne condamne pas l’entité sioniste
Le HCI s’est étonné, dans son communiqué, du classement par le Secrétariat d’Etat américain des Etats du monde en « trois niveaux : sévère, moyen et grave, de violation de la liberté de pratique des croyances religieuses, tandis qu’il a écarté l’entité sioniste de ce classement dans son dernier communiqué, bien que celle-ci empêche les musulmans en Palestine d’accéder à la Mosquée Al-Aqsa et les privent de prier en son sein ».
Le HCI s’est interrogé si le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, « attendait que le Congrès adopte une loi qui protège la vie humaine et criminalise l’assassinat d’enfants et de femmes ainsi que la destruction de maisons, pour publier un communiqué qui criminalise l’entité sioniste, laquelle bombarde les maisons des Palestiniens à Ghaza et en Cisjordanie avec des missiles fournis par les Etats-Unis, au su de M. Blinken ».
« Après l’épuisement des cargaisons de bombes et de missiles fournies par son pays à l’entité sioniste, M. Blinken n’a pas attendu l’approbation du Congrès américain pour fournir de nouvelles munitions à l’entité sioniste, mais il a pris lui-même la responsabilité d’envoyer ces munitions de toute urgence, car l’approbation du Congrès pouvait prendre un certain temps, pendant lequel les Palestiniens auraient pu respirer et le bombardement des maisons, l’assassinat des enfants et de leurs mères et la destruction de leurs maisons auraient cessé », a conclu le communiqué du HCI.
Le ministre des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger, Ahmed Attaf avait exprimé, samedi, ses profonds regrets concernant les informations contenues dans ce communiqué du département de Blinken qualifiées d’« erronées et inexactes ».
En effet, et dans un entretien téléphonique avec son homologue américain, le chef de la diplomatie algérienne a souligné que le communiqué avait omis les efforts consentis par l’Algérie en vue de consacrer le principe de liberté de culte et de pratique religieuse, un principe garanti par la Constitution algérienne de manière claire et sans équivoque, a précisé la même source.
Le ministre a, également, évoqué « le dialogue engagé par notre pays avec les Etats-Unis à cet égard, et l’expression, à plusieurs reprises, de sa disponibilité à recevoir l’ambassadeur itinérant américain pour la liberté de religion dans le monde, en vue de mettre la lumière sur les faits, outre l’engagement effectif de l’Algérie à préserver le principe de liberté de culte conformément à ces obligations internationales y afférentes », a conclu le communiqué.
Pour rappel, et dans un communiqué publié à Washington, Antony Blinken a maintenu l’Algérie sur «la liste de surveillance spéciale pour avoir commis ou toléré de graves violations de la liberté religieuse».
«La promotion de la liberté de religion ou de conviction est l’un des principaux objectifs de la politique étrangère des États-Unis depuis que le Congrès a adopté et promulgué la loi sur la liberté religieuse internationale en 1998», a rappelé le chef de la diplomatie américaine.
Synthèse R.N
