Fratricide à Arzew : La peine de dix ans confirmée en appel

Le tribunal criminel d’appel d’Oran a condamné B. Mohamed à dix ans de réclusion pour homicide volontaire sur la personne de son frère.
Une peine identique à celle prononcée en première instance, malgré les réquisitions du ministère public qui avait demandé la perpétuité.
Le drame remonte au 24 octobre 2023, dans la localité de Marsa El- Hadjadj, commune d’Arzew. Ce jour-là, selon les déclarations de l’accusé, une altercation a éclaté entre les deux frères dans la maison familiale. Alors qu’ils se croisaient dans un couloir, la victime, B. Hamou, l’aurait bousculé d’un coup d’épaule. Tombé au sol, Mohamed raconte avoir été ensuite «brusqué» par son frère.
Pensant d’abord à une plaisanterie, il aurait rapidement compris que la situation dégénérait.
Immobilisé par son frère, un sportif de constitution robuste, il se serait emparé d’un couteau trouvé sur place et lui aurait asséné un coup pour «se libérer de l’étreinte».
«Je voulais juste qu’il me lâche, je n’ai jamais voulu le tuer », a-t-il affirmé à la barre. Mais derrière ce geste tragique se cache une histoire familiale lourde, que l’accusé n’a pas niée.Quelques mois avant le drame, les deux frères s’étaient violemment opposés dans des circonstances particulièrement délicates.
Mohamed avait commencé à soupçonner son épouse d’infidélité. Alerté par un comportement inhabituel, il avait confié ses inquiétudes à sa mère et lui avait demandé de surveiller son épouse en son absence.
Une nuit, il l’aurait surprise quittant leur chambre. Intrigué, il l’aurait suivie jusqu’à la chambre de son frère, d’où il affirme l’avoir vue ressortir, tandis que ce dernier était allongé sur son lit. Face à cette scène, il dit avoir été tétanisé.
Son frère, quant à lui, a tout nié, jurant qu’il n’y avait rien du tout.Une réunion familiale a été convoquée peu après. La femme et la victime ont juré qu’aucune relation inappropriée ne les liait.
L’accusé a fini par répudier son épouse, mettant un terme à cette affaire. Du moins en apparence car quelques mois plus tard, le drame éclatait.
A la barre, Mohamed a reconnu avoir frappé son frère, mais a maintenu qu’il ne nourrissait aucune intention de le tuer.
«Après l’affaire avec mon ex-épouse, nous avions repris une vie normale», a-t-il déclaré. La mère des deux hommes, anéantie par la perte d’un fils, a plaidé en personne pour des circonstances atténuantes : «J’ai perdu un de mes enfants, je ne veux pas que l’autre passe le reste de sa vie en prison».
La défense a, elle aussi, insisté sur la nature accidentelle du geste, arguant que l’accusé avait agi sous la contrainte physique, cherchant simplement à échapper à l’étreinte de son frère.
Zemmouri L.

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