{"id":12359,"date":"2025-02-18T18:26:09","date_gmt":"2025-02-18T17:26:09","guid":{"rendered":"https:\/\/algeriepresse.dz\/?p=12359"},"modified":"2025-02-18T18:26:09","modified_gmt":"2025-02-18T17:26:09","slug":"ce-que-jen-pense-memoire-en-peril","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/algeriepresse.dz\/?p=12359","title":{"rendered":"Ce que j&rsquo;en pense: M\u00e9moire  en p\u00e9ril"},"content":{"rendered":"<p><em>Il fut un temps o\u00f9 Oran se racontait \u00e0 travers ses ruelles pav\u00e9es, ses balcons ouvrag\u00e9s et ses fa\u00e7ades rong\u00e9es par le sel marin. Une \u00e9poque o\u00f9 chaque pierre murmurait une histoire, o\u00f9 chaque impasse abritait une l\u00e9gende. Mais aujourd\u2019hui, la ville change de visage. Les vieilles b\u00e2tisses s\u2019effondrent sous le poids de l\u2019oubli, englouties par la modernit\u00e9 indiff\u00e9rente et les app\u00e9tits voraces de la sp\u00e9culation immobili\u00e8re.<\/em><br \/>\n<em>Prenez Sidi El Houari, ce quartier fondateur, o\u00f9 Oran posa ses premi\u00e8res pierres. Jadis, il \u00e9tait le c\u0153ur battant de la ville, un labyrinthe d\u2019escaliers sinueux et de patios ombrag\u00e9s, un mus\u00e9e \u00e0 ciel ouvert o\u00f9 se m\u00ealaient les h\u00e9ritages arabe, andalou, ottoman et colonial. Aujourd\u2019hui, que reste-t-il ? Des maisons \u00e9ventr\u00e9es, des murs l\u00e9preux, des arches autrefois majestueuses d\u00e9sormais croulantes sous l\u2019abandon. Le pass\u00e9 s\u2019effrite, se fissure, s\u2019effondre, pendant que l\u2019indiff\u00e9rence se dresse comme un silence g\u00ean\u00e9.<\/em><br \/>\n<em>Certains diront que c\u2019est la marche du progr\u00e8s, que la ville doit \u00e9voluer. Mais quelle est cette \u00e9volution qui oublie ses racines ? Quelle modernit\u00e9 pr\u00e9tend b\u00e2tir l\u2019avenir en effa\u00e7ant la m\u00e9moire ? \u00c0 force de laisser les vieilles pierres mourir, Oran risque de devenir une cit\u00e9 sans \u00e2me, un d\u00e9cor sans histoire, une carte postale d\u00e9lav\u00e9e o\u00f9 plus rien ne chuchote le pass\u00e9.<\/em><br \/>\n<em>Et pourtant, il suffirait de peu. De l\u2019entretien, de la volont\u00e9, d\u2019un souffle d\u2019amour pour ces rues qui ont vu tant de g\u00e9n\u00e9rations passer. Des villes comme Alger ou Tlemcen ont su pr\u00e9server leur patrimoine, pourquoi pas Oran ? La sauvegarde de Sidi El Houari et des vieux quartiers ne devrait pas \u00eatre un luxe, mais une n\u00e9cessit\u00e9, un devoir envers ceux qui ont b\u00e2ti cette ville, un serment \u00e0 ceux qui y vivront demain.<\/em><br \/>\n<em>Oran, belle et rebelle, m\u00e9rite mieux que l\u2019oubli. Mais le temps presse, et chaque b\u00e2timent qui s\u2019effondre est un pan d\u2019histoire qui dispara\u00eet \u00e0 jamais. Alors, combien de temps encore avant que Sidi El Houari ne devienne qu\u2019un nom sur une plaque rouill\u00e9e, une m\u00e9moire effac\u00e9e sous le b\u00e9ton et l\u2019oubli ?<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il fut un temps o\u00f9 Oran se racontait \u00e0 travers ses ruelles pav\u00e9es, ses balcons ouvrag\u00e9s et ses fa\u00e7ades rong\u00e9es par le sel marin. Une \u00e9poque o\u00f9 chaque pierre murmurait une histoire, o\u00f9 chaque impasse abritait une l\u00e9gende. Mais aujourd\u2019hui, la ville change de visage. 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