{"id":15311,"date":"2025-07-29T18:51:10","date_gmt":"2025-07-29T17:51:10","guid":{"rendered":"https:\/\/algeriepresse.dz\/?p=15311"},"modified":"2025-07-29T18:51:10","modified_gmt":"2025-07-29T17:51:10","slug":"abandonnees-depuis-plus-de-30-ans-quel-avenir-pour-les-salles-de-cinema","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/algeriepresse.dz\/?p=15311","title":{"rendered":"Abandonn\u00e9es depuis plus de 30 ans : Quel avenir pour les salles de cin\u00e9ma ?"},"content":{"rendered":"<p>Le minist\u00e8re de la Culture a enclench\u00e9 le processus visant \u00e0 r\u00e9cup\u00e9rer la gestion des salles de cin\u00e9ma publiques qui appartiennent aux communes diss\u00e9min\u00e9es \u00e0 travers la wilaya d\u2019Oran.<br \/>\nSi, th\u00e9oriquement cette reprise est une bonne nouvelle pour le secteur cin\u00e9matographique national, la r\u00e9alit\u00e9 du terrain est bien plus complexe. Certaines de ces salles, \u00e0 l\u2019image de la Cin\u00e9math\u00e8que, du Maghreb ou de Saada, ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de r\u00e9novations, mais de nombreuses autres infrastructures h\u00e9rit\u00e9es de l\u2019\u00e9poque coloniale se trouvent aujourd\u2019hui dans un \u00e9tat de d\u00e9labrement avanc\u00e9. Ces salles, parfois centenaires, sont devenues des coquilles vides, expos\u00e9es aux infiltrations, aux intemp\u00e9ries, voire au vandalisme. Leur fa\u00e7ade raconte encore une \u00e9poque r\u00e9volue, mais l\u2019int\u00e9rieur n\u2019a souvent plus rien d\u2019exploitable. Pour le minist\u00e8re, il s\u2019agit donc d\u2019un patrimoine symbolique mais aussi d\u2019un fardeau : une dizaine de salles dont la r\u00e9habilitation n\u00e9cessitera des investissements colossaux. Avant toute relance effective, un diagnostic technique approfondi devra \u00eatre men\u00e9 par l\u2019organisme public charg\u00e9 de leur gestion. \u00c9tat des structures, conformit\u00e9 aux normes de s\u00e9curit\u00e9, \u00e9quipements techniques obsol\u00e8tes ou inexistants\u2026 le d\u00e9fi est immense. Remettre en \u00e9tat ces salles implique bien plus qu\u2019un simple coup de peinture : il faudra des projecteurs num\u00e9riques, des syst\u00e8mes audio dernier cri, du mobilier confortable, de la climatisation, et surtout, une mise \u00e0 niveau compl\u00e8te des installations \u00e9lectriques et sanitaires. Le co\u00fbt ? Il se chiffrerait \u00e0 coup s\u00fbr en centaines de milliards de centimes, avec une large part de mat\u00e9riel \u00e0 importer. Et m\u00eame une fois les devis r\u00e9alis\u00e9s, il faudra attendre les proc\u00e9dures administratives : validation budg\u00e9taire, demande de financement aupr\u00e8s du minist\u00e8re des Finances, appels d\u2019offres, passation de march\u00e9s publics\u2026 Un processus long et complexe qui pourrait s\u2019\u00e9taler sur plusieurs ann\u00e9es.<br \/>\nMais au-del\u00e0 de l\u2019aspect financier, se pose un autre probl\u00e8me de taille : l\u2019emplacement de ces salles. En majorit\u00e9, certaines sont enclav\u00e9es dans des ruelles \u00e9troites, au c\u0153ur de quartiers populaires, sans stationnement, sans accessibilit\u00e9 pour les personnes \u00e0 mobilit\u00e9 r\u00e9duite, souvent adoss\u00e9es \u00e0 des immeubles d\u2019habitation, voire expos\u00e9es \u00e0 des risques d\u2019inondation ou d\u2019insalubrit\u00e9. Dans un monde o\u00f9 le public est habitu\u00e9 aux multiplexes modernes, accessibles en voiture, avec parkings, restaurants et autres commodit\u00e9s, ces anciennes salles peinent \u00e0 s\u00e9duire les jeunes g\u00e9n\u00e9rations. Leur r\u00e9habilitation pourrait alors ressembler \u00e0 une entreprise vaine, sauf \u00e0 r\u00e9inventer totalement leur vocation et leur mod\u00e8le.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\">Pour un partenariat public-priv\u00e9<\/h3>\n<p>Certaines voix plaident d\u00e9sormais pour une solution radicale et innovante : \u00e9changer ces vieilles structures au profit de projets neufs, en p\u00e9riph\u00e9rie ou dans des zones urbaines \u00e9mergentes. Concr\u00e8tement, cela reviendrait \u00e0 \u00e9changer les murs v\u00e9tustes, souvent situ\u00e9s dans des art\u00e8res commerciales tr\u00e8s pris\u00e9es, contre des terrains vierges, \u00e0 destination cin\u00e9matographique. Un partenariat public-priv\u00e9 pourrait ainsi voir le jour : des promoteurs immobiliers r\u00e9cup\u00e9reraient les anciennes salles (avec changement d\u2019usage), tandis que la commune ou l\u2019\u00c9tat construirait, sur de nouveaux terrains, des complexes modernes r\u00e9pondant aux standards internationaux. Ces nouveaux sites, facilement accessibles, offriraient tout ce qu\u2019attend le public contemporain : multiplexes, parkings, espaces de restauration, zones ludiques, boutiques, etc. Le dossier des cin\u00e9mas \u00e0 Oran pose ainsi une question de fond : quelle place accorde-t-on aujourd\u2019hui \u00e0 la culture dans l\u2019espace urbain ? Peut-on r\u00e9concilier patrimoine et modernit\u00e9 ? Le minist\u00e8re de la Culture, en r\u00e9cup\u00e9rant ces salles, h\u00e9rite plus d\u2019un fardeau complexe que d\u2019un tr\u00e9sor. Il lui faudra \u00e0 la fois de l\u2019audace, de l\u2019imagination et un sens strat\u00e9gique aigu pour redonner au cin\u00e9ma alg\u00e9rien des lieux \u00e0 la hauteur de ses ambitions. Le cin\u00e9ma \u00e0 Oran ne pourra rena\u00eetre que si une strat\u00e9gie adapt\u00e9e s\u2019accompagne d\u2019une vision urbanistique et \u00e9conomique r\u00e9aliste. Sinon, ces salles continueront de se d\u00e9grader, vestiges m\u00e9lancoliques d\u2019un \u00e2ge d\u2019or r\u00e9volu.<br \/>\n<strong>G. Salima<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le minist\u00e8re de la Culture a enclench\u00e9 le processus visant \u00e0 r\u00e9cup\u00e9rer la gestion des salles de cin\u00e9ma publiques qui appartiennent aux communes diss\u00e9min\u00e9es \u00e0 travers la wilaya d\u2019Oran. Si, th\u00e9oriquement cette reprise est une bonne nouvelle pour le secteur cin\u00e9matographique national, la r\u00e9alit\u00e9 du terrain est bien plus complexe. 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