{"id":16962,"date":"2025-10-17T17:25:25","date_gmt":"2025-10-17T16:25:25","guid":{"rendered":"https:\/\/algeriepresse.dz\/?p=16962"},"modified":"2025-10-17T17:25:25","modified_gmt":"2025-10-17T16:25:25","slug":"chakib-taleb-bendiab-a-algerie-presse-alger-un-film-vivant-qui-triomphe","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/algeriepresse.dz\/?p=16962","title":{"rendered":"Chakib Taleb-Bendiab \u00e0 Alg\u00e9rie Presse :  \u00abAlger, un film vivant qui triomphe \u00bb"},"content":{"rendered":"<p>Dans un monde cin\u00e9matographique en perp\u00e9tuelle mutation, le r\u00e9alisateur alg\u00e9rien Chakib Taleb-Bendiab s\u2019impose comme une figure montante de la nouvelle vague du septi\u00e8me art national.<\/p>\n<p>Son film \u00ab Alger \u00bb (intitul\u00e9 Algiers pour les anglophones et 196 m\u00e8tres dans les pays arabophones), produit majoritairement par Temple Production, sa soci\u00e9t\u00e9 avec Khaled Chikhi, en coproduction avec le CADC, Clandestino (Tunisie) et Dinosaures (France, mixage son), a remport\u00e9 le Grand Prix du meilleur long m\u00e9trage au Festival international du film de Rhode Island (\u00c9tats-Unis, 2024), triomphant parmi plus de 7 000 productions venues du monde entier.<br \/>\nEncens\u00e9 pour sa puissance narrative, sa photographie en clair-obscur et son regard lucide sur les traumatismes de la soci\u00e9t\u00e9 alg\u00e9rienne, Alger continue de tracer sa route \u00e0 travers les continents. Apr\u00e8s un triomphe en Alg\u00e9rie, puis au Canada et en \u00c9gypte, le film est d\u00e9sormais projet\u00e9 dans 63 salles en France, confirmant l\u2019\u00e9mergence d\u2019un cin\u00e9ma alg\u00e9rien moderne, audacieux et universel.<br \/>\nRencontre exclusive avec Chakib Taleb-Bendiab, sc\u00e9nariste et r\u00e9alisateur de Alger, un artiste qui croit profond\u00e9ment au pouvoir du cin\u00e9ma fait \u00ab par nous et pour nous \u00bb.<\/p>\n<p><strong>Alg\u00e9rie Presse : Comment \u00eates-vous venu au cin\u00e9ma et \u00e0 la mise en sc\u00e8ne ?<\/strong><\/p>\n<p><em>Chakib Taleb-Bendiab : J\u2019ai toujours \u00e9t\u00e9 passionn\u00e9 de cin\u00e9ma et je voyais d\u00e9j\u00e0 deux ou trois films par jour. Mais c\u2019est par la musique que je suis arriv\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9criture. Apr\u00e8s plusieurs groupes, je me suis senti artiste, puis est n\u00e9e en moi l\u2019envie de faire de la photographie. J\u2019ai tent\u00e9 une \u00e9cole de cin\u00e9ma de quelques mois pour tourner mon premier court m\u00e9trage. Ce sera, quelques ann\u00e9es plus tard, Sang Froid, qui me lancera v\u00e9ritablement avec le prix du meilleur sc\u00e9nario au Festival de Sapporo, au Japon.<\/em><\/p>\n<p><strong>Quelles sont les principales influences qui ont marqu\u00e9 votre parcours artistique ?<\/strong><\/p>\n<p><em>C\u2019est la d\u00e9couverte des \u0153uvres d\u2019Akira Kurosawa, inventeur \u00e0 mes yeux du cin\u00e9ma moderne, ma\u00eetrisant tous les styles. Il est d\u2019ailleurs \u00e0 l\u2019origine du cin\u00e9ma ind\u00e9pendant am\u00e9ricain. Le cin\u00e9ma cor\u00e9en apporte une fra\u00eecheur et une puissance \u00e0 l\u2019image qui correspondent bien \u00e0 la culture alg\u00e9rienne \u00e9galement. Et bien s\u00fbr, les \u00ab classiques \u00bb : Hitchcock, Tarkovski ou encore Kubrick.<\/em><\/p>\n<p><strong>Comment d\u00e9cririez-vous la situation actuelle du cin\u00e9ma alg\u00e9rien ?<\/strong><\/p>\n<p><em>Il y a deux pans interconnect\u00e9s qu\u2019on oublie souvent : la production et la diffusion. Il faut plus de films \u00ab diff\u00e9rents \u00bb produits pour inciter le public \u00e0 retourner dans les salles, ce qui d\u00e9bloquera naturellement la cr\u00e9ation d\u2019autres cin\u00e9mas et rassurera les exploitants.<\/em><br \/>\n<em>Nous avons donc choisi de sortir le film d\u2019abord en exclusivit\u00e9 en Alg\u00e9rie, avant le reste du monde, en d\u00e9cembre 2024. Il est rest\u00e9 pr\u00e8s de quatre mois \u00e0 l\u2019affiche, m\u00eame pendant le Ramadhan, une p\u00e9riode traditionnellement domin\u00e9e par les feuilletons t\u00e9l\u00e9vis\u00e9s ! Ensuite, le film a connu dix semaines d\u2019exploitation au Canada, en \u00c9gypte, et maintenant en France depuis le 8 octobre 2025.<\/em><br \/>\n<em>Face \u00e0 la demande \u00e9norme, nous ressortons le film en Alg\u00e9rie le 24 octobre. On peut enclencher un cercle vertueux plus facilement qu\u2019on ne le pense. Il faut \u00e9viter d\u2019avoir plus de festivals de cin\u00e9ma que de films en Alg\u00e9rie. Les films de Y. Mouzahem, Y. Bouaziz, et bient\u00f4t Y. Koussim, apportent chacun leur style. C\u2019est magnifique pour le public de d\u00e9couvrir ces \u0153uvres nouvelles et de revivre l\u2019exp\u00e9rience du cin\u00e9ma en salle. Les films appartiennent d\u2019abord \u00e0 leur public.<\/em><\/p>\n<p><strong>Quelle place accordez-vous \u00e0 la jeune g\u00e9n\u00e9ration dans vos projets ou r\u00e9flexions ?<\/strong><\/p>\n<p>J\u2019ai toujours impliqu\u00e9 toutes les g\u00e9n\u00e9rations dans mes projets, qu\u2019il s\u2019agisse de com\u00e9diens de tous \u00e2ges \u2014 certains n\u2019avaient d\u2019ailleurs jamais jou\u00e9 dans un film, comme Attalah Lahrech, qui interpr\u00e8te le r\u00f4le de Fouzi \u2014 ou de techniciens apprenant aupr\u00e8s de leurs a\u00een\u00e9s.<br \/>\nIl faut se d\u00e9tacher des productions \u00e9trang\u00e8res qui voient l\u2019Alg\u00e9rie seulement comme un d\u00e9cor, sans laisser aux Alg\u00e9riens de v\u00e9ritables postes de responsabilit\u00e9. Nous sommes fiers d\u2019avoir 90 % d\u2019Alg\u00e9riens \u00e0 tous les \u00e9chelons du film. Un film fait par des Alg\u00e9riens, pour des Alg\u00e9riens. La transmission passe aussi par la consid\u00e9ration.<\/p>\n<p><strong>Selon vous, quels obstacles freinent encore la production cin\u00e9matographique nationale ?<\/strong><\/p>\n<p><em>Dans les esprits, le cin\u00e9ma est per\u00e7u comme un art d\u2019un autre temps \u2014 un peu comme la peinture \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e de la photographie, ou le th\u00e9\u00e2tre lors de l\u2019av\u00e8nement du cin\u00e9ma. Pourtant, ces arts existent toujours.Les gens s\u2019\u00e9quipent aujourd\u2019hui de t\u00e9l\u00e9viseurs g\u00e9ants et trouvent des films partout, alors pourquoi aller au cin\u00e9ma ? C\u2019est un ph\u00e9nom\u00e8ne mondial et alarmant. Mais l\u2019envie de vivre un spectacle collectif restera toujours plus forte. Pour cela, il faut r\u00e9habituer les gens \u00e0 aller en salle, multiplier les cin\u00e9mas sur tout le territoire, et surtout produire des films qui ne se ressemblent pas.<\/em><br \/>\n<em>J\u2019ai eu la fiert\u00e9 de voir des jeunes qui n\u2019\u00e9taient jamais entr\u00e9s dans une salle de leur vie venir d\u00e9couvrir notre film. Des p\u00e8res avec leurs filles, des grands-m\u00e8res avec leurs petits-enfants\u2026 C\u2019est pour eux que nous travaillons dur.<\/em><\/p>\n<p><strong>Quels sont vos projets \u00e0 venir ou vos envies de cin\u00e9ma pour les prochaines ann\u00e9es ?<\/strong><\/p>\n<p><em>J\u2019aimerais participer \u00e0 cette nouvelle vague du cin\u00e9ma alg\u00e9rien qui insuffle un vent frais et un regard plus r\u00e9aliste, sans conforter les clich\u00e9s ni verser dans le mis\u00e9rabilisme. Ce choix m\u2019a d\u2019ailleurs co\u00fbt\u00e9 plusieurs refus de financement, mais il en valait la peine.<\/em><br \/>\n<em>Je veux proposer un regard de nous-m\u00eames, par nous-m\u00eames, sans le prisme de l\u2019Occident. Comme dans les ann\u00e9es 1970, l\u2019\u00e2ge d\u2019or du cin\u00e9ma alg\u00e9rien, o\u00f9 tout pouvait \u00eatre abord\u00e9.Il n\u2019y a pas mieux que l\u2019art pour \u00eatre ambassadeur de son pays, et nous avons des artistes exceptionnels qui ne demandent qu\u2019\u00e0 \u00e9clore. Mais pour cela, il faut d\u2019abord que les Alg\u00e9riens leur donnent des ailes. Tout partira du pays.<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans un monde cin\u00e9matographique en perp\u00e9tuelle mutation, le r\u00e9alisateur alg\u00e9rien Chakib Taleb-Bendiab s\u2019impose comme une figure montante de la nouvelle vague du septi\u00e8me art national. 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