{"id":17122,"date":"2025-10-24T17:58:12","date_gmt":"2025-10-24T16:58:12","guid":{"rendered":"https:\/\/algeriepresse.dz\/?p=17122"},"modified":"2025-10-24T17:58:12","modified_gmt":"2025-10-24T16:58:12","slug":"imene-ayadi-a-algerie-presse-filmer-pour-comprendre-et-guerir","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/algeriepresse.dz\/?p=17122","title":{"rendered":"Im\u00e8ne Ayadi \u00e0 Alg\u00e9rie Presse: \u00ab Filmer pour comprendre et gu\u00e9rir \u00bb"},"content":{"rendered":"<p><strong><em>Il est des cr\u00e9atrices dont la lumi\u00e8re ne cherche pas \u00e0 \u00e9blouir, mais \u00e0 r\u00e9v\u00e9ler. Dans un univers o\u00f9 le vacarme des images tend \u00e0 couvrir le murmure des \u00e2mes, Im\u00e8ne Ayadi avance avec pudeur, sinc\u00e9rit\u00e9 et justesse. R\u00e9alisatrice, sc\u00e9nariste et assistante \u00e0 la mise en sc\u00e8ne, elle appartient \u00e0 cette lign\u00e9e rare d\u2019artistes qui racontent avant tout pour comprendre, et filment pour gu\u00e9rir.<\/em><\/strong><br \/>\n<strong><em>Son dernier film, Nya, a remport\u00e9 le prix du meilleur court-m\u00e9trage de fiction lors du 5\u1d49 Festival culturel international du film d\u2019Imedghassen. Une cons\u00e9cration m\u00e9rit\u00e9e pour une \u0153uvre sensible et subtile, qui explore l\u2019enfance \u00e0 travers la tendresse, la peur et la m\u00e9moire.<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong>Alg\u00e9rie Presse : Comment est n\u00e9e votre passion pour le cin\u00e9ma et pour la mise en sc\u00e8ne ?<\/strong><\/p>\n<p><em>Im\u00e8ne Ayadi : On pourrait croire que ma passion est n\u00e9e \u00e0 la maison (mes deux parents sont r\u00e9alisateurs) mais en r\u00e9alit\u00e9, on ne parlait pas beaucoup de cin\u00e9ma \u00e0 la maison. J\u2019entendais des bribes de conversations, des mots techniques, des histoires de tournage, sans vraiment les comprendre. Avec le recul, je pense qu\u2019inconsciemment, tout cela a laiss\u00e9 des traces.Ma passion vient plut\u00f4t d\u2019un besoin profond de raconter, d\u2019explorer ce qui se passe \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des \u00eatres. Et peut-\u00eatre que le cin\u00e9ma, comme forme artistique, s\u2019est impos\u00e9 naturellement \u00e0 partir de ces fragments entendus. Il est devenu mon moyen d\u2019expression le plus juste, celui qui relie l\u2019\u00e9motion, la m\u00e9moire et la cr\u00e9ation.<\/em><\/p>\n<p><strong>Quand vous choisissez un projet, qu\u2019est-ce qui compte le plus pour vous : l\u2019histoire, l\u2019\u00e9quipe artistique ou ce que le film cherche \u00e0 dire ?<\/strong><\/p>\n<p><em>Ce qui compte le plus, c\u2019est l\u2019authenticit\u00e9. Un projet doit venir me chercher \u00e0 un endroit presque visc\u00e9ral. Je ressens tr\u00e8s vite si une histoire me traverse, si elle me parle d\u2019une v\u00e9rit\u00e9 que je n\u2019ai pas encore su formuler. Je cherche la justesse, la sinc\u00e9rit\u00e9 d\u2019un regard.<\/em><\/p>\n<p><strong>Quel a \u00e9t\u00e9 le moment le plus marquant de votre parcours de r\u00e9alisatrice jusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui ?<\/strong><\/p>\n<p><em>J\u2019ai l\u2019impression que faire du cin\u00e9ma, c\u2019est une succession de moments marquants. Mais si je devais en citer trois, le premier serait mon tout premier tournage professionnel, juste apr\u00e8s l\u2019\u00e9cole, en tant qu\u2019assistante mise en sc\u00e8ne sur le film Transporter 4. C\u2019\u00e9tait grandiose (l\u2019ampleur du dispositif, le rythme, la rigueur) et \u00e7a m\u2019a confirm\u00e9 que je voulais \u00eatre sur les plateaux, que c\u2019\u00e9tait ma place.<\/em><br \/>\n<em>Le deuxi\u00e8me serait mon tout premier jour de tournage en tant que r\u00e9alisatrice. Pour mon premier film Le vieux Kalbelouz, et la premi\u00e8re fois que je dirigeais un com\u00e9dien \u2014 et quel com\u00e9dien ! Ahmed Bena\u00efssa, Allah yerahmou.<\/em><br \/>\n<em>Le troisi\u00e8me moment, c\u2019est la projection de Nya pour la premi\u00e8re fois devant un public alg\u00e9rien, au RCB. C\u2019\u00e9tait la premi\u00e8re du film, et il y avait toute ma famille au premier rang. Et aussi les com\u00e9diennes du film : Meriem Medjkane, M\u00e9lissa Ben Yahia et Amel Kateb. Ce m\u00e9lange d\u2019intime et de collectif m\u2019a boulevers\u00e9e. Je me suis souvenue pourquoi on fait ce m\u00e9tier : pour partager, pour faire vivre des \u00e9motions.<\/em><br \/>\n<em>Ah si, j\u2019en ai quand m\u00eame un dernier important : les moments o\u00f9, apr\u00e8s des mois de labeur et d\u2019attente, on vous annonce que votre sc\u00e9nario sera financ\u00e9 et que le film va se faire. Inestimable.<\/em><\/p>\n<p><strong>Y a-t-il un film \u2014 que vous avez r\u00e9alis\u00e9 ou d\u00e9couvert \u2014 qui a chang\u00e9 votre <\/strong><br \/>\n<strong>vision du cin\u00e9ma ?<\/strong><\/p>\n<p><em>Oui. J\u2019\u00e9tais encore \u00e9tudiante et je travaillais au Festival de Cannes en tant que projectionniste. C\u2019\u00e9tait la premi\u00e8re fois que je voyais un long m\u00e9trage alg\u00e9rien s\u00e9lectionn\u00e9 \u00e0 la Quinzaine des R\u00e9alisateurs : Le Repenti de Merzak Allouache. En le d\u00e9couvrant, quelque chose s\u2019est ouvert.<\/em><br \/>\n<em>La mise en sc\u00e8ne, l\u2019histoire, les com\u00e9diens extr\u00eamement talentueux.J\u2019ai appris ensuite que le film avait \u00e9t\u00e9 tourn\u00e9 en dix jours, apr\u00e8s dix ans de travail. Cette histoire m\u2019a profond\u00e9ment marqu\u00e9e : elle m\u2019a donn\u00e9 l\u2019\u00e9lan, la motivation, la conviction que c\u2019\u00e9tait possible. Que moi aussi, un jour, je pouvais y arriver, me retrouver l\u00e0.<\/em><br \/>\n<em>Depuis, je garde cette id\u00e9e : le plus important, c\u2019est de faire. De chercher, d\u2019exp\u00e9rimenter, m\u00eame sans conditions parfaites. Et je me suis engag\u00e9e \u00e0 ce que chaque projet que je m\u00e8ne, m\u00eame modeste, soit anim\u00e9 par cette m\u00eame force.<\/em><\/p>\n<p><strong>Comment percevez-vous l\u2019\u00e9volution du cin\u00e9ma alg\u00e9rien et la place qu\u2019y occupent les r\u00e9alisatrices ?<\/strong><\/p>\n<p><em>Le cin\u00e9ma alg\u00e9rien avance entre \u00e9lans et d\u00e9fis. Il y a une vraie \u00e9nergie cr\u00e9ative, une g\u00e9n\u00e9ration qui raconte autrement, mais les structures manquent encore.<\/em><br \/>\n<em>Bien s\u00fbr, les femmes font face \u00e0 plusieurs challenges, \u00e0 diff\u00e9rents niveaux d\u2019acc\u00e8s aux postes, de reconnaissance, de financement\u2026 et c\u2019est un ph\u00e9nom\u00e8ne mondial. Mais moi, personnellement, j\u2019ai eu la chance d\u2019\u00e9voluer dans un environnement o\u00f9 j\u2019ai toujours travaill\u00e9 avec des hommes respectueux, curieux, ouverts. Et surtout, j\u2019ai grandi avec l\u2019exemple de ma m\u00e8re r\u00e9alisatrice.<\/em><br \/>\n<em>Donc je n\u2019ai jamais eu l\u2019impression que je devais me battre en tant que femme pour exister ou \u00eatre l\u00e9gitime dans ce domaine.<\/em><br \/>\n<em>Les r\u00e9alisatrices am\u00e8nent ind\u00e9niablement une lecture diff\u00e9rente du monde. <\/em><br \/>\n<em>Mais je crois profond\u00e9ment qu\u2019il y a autant de points de vue, de sensibilit\u00e9s, de mani\u00e8res de cr\u00e9er qu\u2019il y a d\u2019\u00eatres humains, ind\u00e9pendamment du genre. <\/em><br \/>\n<em>Ce qui m\u2019int\u00e9resse, ce n\u2019est pas le fait qu\u2019un film soit fait par une femme ou un homme, mais ce qu\u2019il dit du monde, et comment il le regarde.<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il est des cr\u00e9atrices dont la lumi\u00e8re ne cherche pas \u00e0 \u00e9blouir, mais \u00e0 r\u00e9v\u00e9ler. 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