{"id":17940,"date":"2025-11-30T18:52:29","date_gmt":"2025-11-30T17:52:29","guid":{"rendered":"https:\/\/algeriepresse.dz\/?p=17940"},"modified":"2025-11-30T18:52:29","modified_gmt":"2025-11-30T17:52:29","slug":"reconnaissance-explicite-des-crimes-coloniaux-la-declaration-dalger-une-reference-panafricaine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/algeriepresse.dz\/?p=17940","title":{"rendered":"Reconnaissance explicite des crimes coloniaux : La D\u00e9claration d\u2019Alger,  une r\u00e9f\u00e9rence panafricaine"},"content":{"rendered":"<p>Alors que s\u2019est ouverte dimanche \u00e0 Alger la Conf\u00e9rence internationale sur les crimes du colonialisme en Afrique, le ministre d\u2019\u00c9tat, ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res, de la Communaut\u00e9 nationale \u00e0 l\u2019\u00e9tranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, a affirm\u00e9 que le continent africain \u00ab a pleinement le droit \u00bb d\u2019exiger une reconnaissance officielle, explicite et juridiquement \u00e9tablie des crimes commis durant l\u2019\u00e8re coloniale.<\/p>\n<p>Dans son allocution M. Attaf a indiqu\u00e9 que le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, Abdelmadjid Tebboune, avait eu tout le m\u00e9rite de proposer l&rsquo;organisation de cette conf\u00e9rence internationale lors du dernier Sommet ordinaire de l&rsquo;Union africaine (UA), tenu au d\u00e9but de l&rsquo;ann\u00e9e en cours, une initiative qui, a-t-il pr\u00e9cis\u00e9, \u00aba \u00e9t\u00e9 salu\u00e9e et pl\u00e9biscit\u00e9e \u00e0 l&rsquo;unanimit\u00e9 par ses fr\u00e8res africains\u00bb.<br \/>\nDevant un parterre de ministres, experts, historiens et juristes venus des quatre coins du continent et des Cara\u00efbes, r\u00e9unis au Centre international des conf\u00e9rences Abdelatif-Rahal, M. Attaf a rappel\u00e9 que cette d\u00e9marche s\u2019inscrit dans une dynamique continentale port\u00e9e par l\u2019UA. Selon lui, une reconnaissance internationale des crimes coloniaux repr\u00e9sente \u00ab le minimum \u00bb, un premier pas n\u00e9cessaire pour traiter les s\u00e9quelles profondes laiss\u00e9es par des d\u00e9cennies d\u2019occupation, de d\u00e9possession et de fragmentation impos\u00e9es aux soci\u00e9t\u00e9s africaines.<br \/>\nLe chef de la diplomatie alg\u00e9rienne a \u00e9voqu\u00e9 l\u2019exp\u00e9rience historique de l\u2019Alg\u00e9rie, marqu\u00e9e par 132 ann\u00e9es de colonisation de peuplement et par une guerre de lib\u00e9ration qui reste l\u2019une des plus meurtri\u00e8res du XX\u1d49 si\u00e8cle. Il a soulign\u00e9 que les \u00c9tats africains continuent aujourd\u2019hui de subir les cons\u00e9quences directes du syst\u00e8me colonial : marginalisation, fractures \u00e9conomiques, ins\u00e9curit\u00e9 structurelle et d\u00e9pendances h\u00e9rit\u00e9es.<br \/>\nRappelant les propos de Frantz Fanon, qui qualifiait le colonialisme de \u00ab violence \u00e0 l\u2019\u00e9tat naturel \u00bb, M. Attaf a plaid\u00e9 pour que le colonialisme soit reconnu et criminalis\u00e9 dans son essence m\u00eame, de la m\u00eame mani\u00e8re que l\u2019esclavage, l\u2019apartheid ou la s\u00e9gr\u00e9gation raciale l\u2019ont \u00e9t\u00e9.<br \/>\nDans le m\u00eame esprit, le commissaire de l\u2019UA charg\u00e9 des Affaires politiques, de la Paix et de la S\u00e9curit\u00e9, Bankole Adeoye, a lanc\u00e9 un appel appuy\u00e9 \u00e0 l\u2019unit\u00e9 continentale.<br \/>\nSelon lui, l\u2019Afrique doit pr\u00e9senter \u00ab une position commune et indivisible \u00bb pour faire reconna\u00eetre la colonisation, l\u2019esclavage et la d\u00e9portation comme des crimes contre l\u2019humanit\u00e9.<br \/>\nIl a \u00e9galement soulign\u00e9 l\u2019importance d\u2019inclure la diaspora africaine \u2014 notamment les soci\u00e9t\u00e9s carib\u00e9ennes issues de la traite transatlantique \u2014 dans cette dynamique de justice r\u00e9paratrice.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><strong>Un front africain pour une justice historique et continentale<\/strong><\/h3>\n<p>Leur implication, dit-il, constitue un levier symbolique et strat\u00e9gique, permettant d\u2019\u00e9largir le front en faveur de la reconnaissance internationale et de la cr\u00e9ation de m\u00e9canismes de r\u00e9paration.<br \/>\nL\u2019enjeu, a poursuivi M. Adeoye, d\u00e9passe le seul champ m\u00e9moriel : il s\u2019agit de consolider la souverainet\u00e9 culturelle, politique et \u00e9conomique des pays africains, de prot\u00e9ger leurs ressources naturelles et d\u2019affirmer la continuit\u00e9 historique des luttes d\u2019\u00e9mancipation.<br \/>\nIl a insist\u00e9 sur la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019utiliser \u00ab les transformations actuelles \u00bb du syst\u00e8me international pour b\u00e2tir un futur plus juste, tirer les le\u00e7ons du pass\u00e9 colonial et imposer une lecture africaine des injustices subies.<br \/>\nLa dimension symbolique du choix d\u2019Alger comme pays h\u00f4te a \u00e9t\u00e9 par ailleurs largement comment\u00e9e Pour l\u2019historien Idir Hachi, l\u2019Alg\u00e9rie s\u2019impose naturellement comme un espace de r\u00e9flexion sur les crimes du colonialisme, elle que l\u2019on d\u00e9signait autrefois comme \u00ab la Mecque des r\u00e9volutionnaires \u00bb.<br \/>\nLors de son intervention sur la Cha\u00eene 3, M. Hachi a rappel\u00e9 la longue continuit\u00e9 de la r\u00e9sistance alg\u00e9rienne, depuis les premi\u00e8res insurrections du XIX\u1d49 si\u00e8cle jusqu\u2019\u00e0 la guerre de lib\u00e9ration. Il a \u00e9voqu\u00e9 les ravages des razzias, des d\u00e9portations et des spoliations syst\u00e9matiques, qui ont servi de mod\u00e8le \u00e0 d\u2019autres pratiques coloniales. L\u2019Alg\u00e9rie, dit-il, reste fid\u00e8le \u00e0 cette histoire en soutenant encore aujourd\u2019hui les combats l\u00e9gitimes des peuples palestinien et sahraoui.<br \/>\nLe professeur de droit international, La\u00efb Alaoua, a, lui aussi, insist\u00e9 sur l\u2019importance d\u2019une action africaine coordonn\u00e9e, estimant qu\u2019un recours collectif devant la Cour internationale de justice (CIJ) serait \u00e0 la fois un acte politique majeur et un outil de pression sur la communaut\u00e9 internationale. Il consid\u00e8re que chaque \u00c9tat africain devrait saisir la CIJ contre la puissance qui l\u2019a colonis\u00e9, dans le cadre d\u2019une strat\u00e9gie globale de justice r\u00e9paratrice.<br \/>\nPour le professeur de relations internationales Idriss Attia, l\u2019initiative alg\u00e9rienne est la traduction directe des r\u00e9solutions adopt\u00e9es lors du sommet de l\u2019Union africaine de f\u00e9vrier 2025. Elle marque, selon lui, \u00ab un moment historique \u00bb : le passage de la seule m\u00e9moire des crimes coloniaux \u00e0 leur qualification juridique et \u00e0 la revendication concr\u00e8te de r\u00e9parations.<br \/>\nLes travaux de la conf\u00e9rence doivent aboutir \u00e0 l\u2019adoption d\u2019une D\u00e9claration d\u2019Alger, appel\u00e9e \u00e0 devenir un texte de r\u00e9f\u00e9rence panafricain. Elle encouragerait les \u00c9tats \u00e0 rassembler archives, documents et preuves en vue de futures d\u00e9marches judiciaires ou diplomatiques, tout en d\u00e9finissant les contours d\u2019une politique africaine de r\u00e9paration et de justice historique.<br \/>\nLe texte sera soumis au prochain sommet de l\u2019Union africaine pr\u00e9vu d\u00e9but 2026. \u00c0 Alger, beaucoup voient dans ce rendez-vous la possibilit\u00e9 d\u2019un tournant continental : l\u2019affirmation d\u2019un droit africain \u00e0 la justice, fond\u00e9 sur la m\u00e9moire, la v\u00e9rit\u00e9 et la r\u00e9paration.<br \/>\nG. Salima<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Alors que s\u2019est ouverte dimanche \u00e0 Alger la Conf\u00e9rence internationale sur les crimes du colonialisme en Afrique, le ministre d\u2019\u00c9tat, ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res, de la Communaut\u00e9 nationale \u00e0 l\u2019\u00e9tranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, a affirm\u00e9 que le continent africain \u00ab a pleinement le droit \u00bb d\u2019exiger une reconnaissance officielle, explicite et juridiquement &hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":17941,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4,5],"tags":[],"class_list":["post-17940","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-a-la-une","category-actualites"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/algeriepresse.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/17940","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/algeriepresse.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/algeriepresse.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/algeriepresse.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/algeriepresse.dz\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=17940"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/algeriepresse.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/17940\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":17942,"href":"https:\/\/algeriepresse.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/17940\/revisions\/17942"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/algeriepresse.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/17941"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/algeriepresse.dz\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=17940"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/algeriepresse.dz\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=17940"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/algeriepresse.dz\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=17940"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}