{"id":18815,"date":"2026-01-09T17:44:22","date_gmt":"2026-01-09T16:44:22","guid":{"rendered":"https:\/\/algeriepresse.dz\/?p=18815"},"modified":"2026-01-09T17:51:39","modified_gmt":"2026-01-09T16:51:39","slug":"meriem-medjkane-actrice-a-algerie-presse-jaime-etre-un-vecteur-entre-les-idees-et-le-spectateur","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/algeriepresse.dz\/?p=18815","title":{"rendered":"Meriem Medjkane, actrice, \u00e0 Alg\u00e9rie Presse  : \u00abJ\u2019aime \u00eatre un vecteur entre les id\u00e9es et le spectateur\u00bb"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Actrice reconnue pour la pr\u00e9cision de son jeu et la profondeur de ses interpr\u00e9tations, Meriem Medjkane s\u2019est impos\u00e9e comme l\u2019un des visages majeurs du cin\u00e9ma alg\u00e9rien contemporain. Form\u00e9e au th\u00e9\u00e2tre avant de s\u2019illustrer sur grand \u00e9cran, elle construit une filmographie exigeante et coh\u00e9rente, marqu\u00e9e par des \u0153uvres fortes telles que \u00abLes Terrasses\u00bb de Merzak Allouache, \u00abKindil El Bahr\u00bb de Damien Onouri, \u00abCelle qui vivra\u00bb d\u2019Amor Hakkar (2017), -r\u00f4le pour lequel elle re\u00e7oit l\u2019African Movie Academy Award de la meilleure actrice principale-, \u00abPapicha\u00bb de Mounia Meddour (2019), \u00abDe nos fr\u00e8res bless\u00e9s\u00bb de H\u00e9lier Cisterne (2020), \u00abAbou Leila\u00bb d\u2019Amin Sidi Boumediene, et plus r\u00e9cemment \u00abAlger\u00bb (2024) de Chakib Taleb-Bendiab, Grand Prix du meilleur long m\u00e9trage au Festival international du film de Rhode Island.<br \/>\n\u00c0 travers des personnages complexes, souvent travers\u00e9s par l\u2019histoire et les blessures intimes, Meriem Medjkane d\u00e9veloppe un cin\u00e9ma de l\u2019int\u00e9riorit\u00e9, o\u00f9 l\u2019humanit\u00e9 pr\u00e9c\u00e8de toujours la performance.Rencontre avec une actrice dont le parcours est \u00e0 la fois prestigieux et profond\u00e9ment humain.<\/p>\n<p><strong>Alg\u00e9rie Presse : Dans Alger, vous incarnez une psychiatre qui tente de comprendre les autres tout en se cherchant elle-m\u00eame. Est-ce que jouer Dounia vous a oblig\u00e9e \u00e0 vous confronter \u00e0 vos propres zones d\u2019ombre ?<\/strong><br \/>\n<em>Meriem Medjkane : Oui, j\u2019avoue que j\u2019ai d\u00fb me confronter \u00e0 des zones sombres de ma m\u00e9moire affective ou, en tout cas, interroger certains aspects de ma psych\u00e9 pour travailler ce r\u00f4le. C\u2019est \u00e0 la fois effrayant et n\u00e9cessaire lorsqu\u2019on est acteur. Nous devons nous conna\u00eetre et \u00eatre courageux. Il est, \u00e0 mon sens, difficile de faire exister des personnages authentiques si l\u2019on refuse d\u2019explorer son humanit\u00e9 dans toutes ses dimensions.<\/em><\/p>\n<p><strong>Le film traite de l\u2019enfance vol\u00e9e, du silence et de la peur. En tant qu\u2019artiste, comment parvient-on \u00e0 jouer la douleur sans en \u00eatre d\u00e9vor\u00e9e ?<\/strong><\/p>\n<p><em>Je crois qu\u2019avec le temps et de l\u2019entra\u00eenement, j\u2019arrive \u00e0 avoir des garde-fous. Je peux plonger et ressortir la t\u00eate de l\u2019eau d\u00e8s que n\u00e9cessaire. Mais attention, lors de tournages difficiles, nous sommes souvent entour\u00e9s d\u2019\u00e9quipes formidables, nous rions beaucoup et, au final, nous savons que nous faisons des films, que nous sommes dans la fiction !<\/em><\/p>\n<p><strong>Chakib Taleb-Bendiab filme Alger comme un corps bless\u00e9. Si la ville \u00e9tait un personnage, quel dialogue Dounia aurait-elle avec elle ?<\/strong><\/p>\n<p><em>Alger est un personnage du film. \u00c9voluer en son sein \u00e9tait une exp\u00e9rience tr\u00e8s forte, tr\u00e8s \u00e9mouvante pour moi. Dounia lui dirait certainement qu\u2019elle l\u2019aime de toute son \u00e2me, malgr\u00e9 les douleurs pass\u00e9es et les blessures. Elle l\u2019aime pour sa beaut\u00e9, sa dignit\u00e9 et, comme elle, elle sera courageuse.<\/em><\/p>\n<p><strong>On sent dans votre jeu une grande pudeur, presque une r\u00e9sistance int\u00e9rieure. Est-ce une direction du r\u00e9alisateur ou votre mani\u00e8re \u00e0 vous de parler de la souffrance ?<\/strong><\/p>\n<p><em>Il y a une convergence des deux. Pour moi, ce r\u00f4le exige de la pudeur dans les \u00e9motions. Il fallait que Dounia garde la t\u00eate froide pour mener cette enqu\u00eate, m\u00eame si elle-m\u00eame est tourment\u00e9e. La pudeur est quelque part une chose que j\u2019ai toujours observ\u00e9e chez nous lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019\u00e9v\u00e9nements graves. D\u00e9j\u00e0 chez mes grands-parents qui ont v\u00e9cu la guerre de lib\u00e9ration ou mes parents qui ont connu la d\u00e9cennie noire. Cela nous caract\u00e9rise d\u2019une certaine fa\u00e7on, j\u2019ai donc essay\u00e9 de l\u2019amener dans mon jeu.<\/em><\/p>\n<p><strong>Si vous pouviez donner une phrase \u00e0 retenir du film, laquelle serait-elle ?<\/strong><\/p>\n<p><em>Si je devais r\u00e9sumer Alger dans une phrase, je dirais : \u2018\u2019M\u00e9fiez-vous des gens qui ont travers\u00e9 les enfers, ils ne l\u00e2cheront rien\u2019\u2019. (Rires). Nous soup\u00e7onnons que Dounia a v\u00e9cu des choses difficiles, mais c\u2019est ce qui lui donne la force de se battre jusqu\u2019\u00e0 la fin.<\/em><\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\">Parcours et inspirations<\/h3>\n<p>Meriem Medjkane a d\u00e9couvert sa passion pour l\u2019interpr\u00e9tation en int\u00e9grant la troupe de th\u00e9\u00e2tre Istjmam, bas\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9poque \u00e0 Oran. \u00abCela a \u00e9t\u00e9 une v\u00e9ritable chance pour moi, car j\u2019y ai appris les bases du jeu d\u2019acteur tout en travaillant sur des textes sublimes, notamment ceux de feu l\u2019immense dramaturge Abdelkader Alloula. J\u2019ai vite compris que je voulais porter la voix des auteurs qui me touchent, tout en explorant des aspects de mon \u00eatre et de mes \u00e9motions gr\u00e2ce au jeu\u00bb.<br \/>\nLe cin\u00e9ma est venu progressivement. \u00abJ\u2019ai transpos\u00e9 ce d\u00e9sir de raconter des histoires sur grand \u00e9cran. J\u2019aime l\u2019id\u00e9e d\u2019\u00eatre un vecteur entre les id\u00e9es et le spectateur. \u00bb Parmi ses r\u00f4les, Meriem cite particuli\u00e8rement la photographe dans Abou Leila de Amin Sidi Boumediene et Dounia dans Alger : \u00abIls occupent une place particuli\u00e8re dans mon c\u0153ur. Je ne dissocie pas l\u2019humain de l\u2019artistique. C\u2019est l\u2019Humanit\u00e9 que j\u2019interroge en jouant\u00bb<br \/>\nElle observe \u00e9galement l\u2019\u00e9volution du cin\u00e9ma alg\u00e9rien avec optimisme : \u00abNous sommes travers\u00e9s par des questions fondamentales quant \u00e0 la cr\u00e9ation, son financement et sa distribution, mais nous sommes capables de relever tous les d\u00e9fis avec une v\u00e9ritable et sinc\u00e8re bonne volont\u00e9. Je constate aussi, avec bonheur, qu\u2019il y a de plus en plus de talentueuses jeunes actrices qui s\u2019emparent de leurs r\u00f4les avec brio. Il est n\u00e9cessaire de leur offrir plus de place dans le cin\u00e9ma alg\u00e9rien. Cela ne peut que nous faire du bien\u00bb<br \/>\nAujourd\u2019hui, elle continue son engagement artistique avec la compagnie Istjmam sur le spectacle Les G\u00e9n\u00e9reux de Abdelkader Alloula et accompagne des projets cin\u00e9matographiques en d\u00e9veloppement.<br \/>\nElle nourrit \u00e9galement le d\u00e9sir de s\u2019ouvrir \u00e0 l\u2019\u00e9criture et, pourquoi pas, un jour, \u00e0 la r\u00e9alisation.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Actrice reconnue pour la pr\u00e9cision de son jeu et la profondeur de ses interpr\u00e9tations, Meriem Medjkane s\u2019est impos\u00e9e comme l\u2019un des visages majeurs du cin\u00e9ma alg\u00e9rien contemporain. 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