{"id":20247,"date":"2026-03-17T17:16:34","date_gmt":"2026-03-17T16:16:34","guid":{"rendered":"https:\/\/algeriepresse.dz\/?p=20247"},"modified":"2026-03-17T17:16:34","modified_gmt":"2026-03-17T16:16:34","slug":"feuilletons-ramadanesques-a-qui-profitent-les-audiences","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/algeriepresse.dz\/?p=20247","title":{"rendered":"Feuilletons ramadanesques : A qui profitent les audiences ?"},"content":{"rendered":"<p>Huit millions de vues en deux \u00e9pisodes. Une moyenne de quatre millions par jour. Vingt \u00e9pisodes pour un total annonc\u00e9 de vingt millions de vues. Des chiffres impressionnants pour certains feuilletons ramadanesques cette ann\u00e9e, m\u00eame s\u2019ils doivent toujours \u00eatre observ\u00e9s avec prudence &#8211; les m\u00e9thodes de comptabilisation pouvant varier entre t\u00e9l\u00e9vision lin\u00e9aire, replay et plateformes num\u00e9riques, d\u2019autant plus que l\u2019ANIRA a d\u00e9j\u00e0 communiqu\u00e9 sur le sujet en \u00e9pinglant les \u00ab fausses \u00bb audiences revendiqu\u00e9es par certaines cha\u00eenes t\u00e9l\u00e9s.<\/p>\n<p>Mais une chose est certaine : un tel engouement ne se limite pas \u00e0 un succ\u00e8s symbolique. Il g\u00e9n\u00e8re de l\u2019argent. Beaucoup d\u2019argent.<br \/>\nCar derri\u00e8re chaque \u00e9pisode diffus\u00e9 en prime time, surtout durant le Ramadhan, se cache une m\u00e9canique \u00e9conomique bien huil\u00e9e. La cha\u00eene paie d\u2019abord un droit de diffusion au producteur. Ce montant d\u00e9pend de plusieurs facteurs : la notori\u00e9t\u00e9 des com\u00e9diens, la qualit\u00e9 de la production, la promesse d\u2019audience, et surtout le cr\u00e9neau horaire. Le Ramadhan reste la p\u00e9riode la plus strat\u00e9gique du paysage audiovisuel alg\u00e9rien. Les familles sont r\u00e9unies, les \u00e9crans sont allum\u00e9s, les annonceurs sont en embuscade.<br \/>\nEnsuite vient la publicit\u00e9. Plus l\u2019audience grimpe, plus la minute d\u2019\u00e9cran publicitaire co\u00fbte cher. Les marques se battent pour appara\u00eetre avant ou apr\u00e8s l\u2019\u00e9pisode, parfois m\u00eame \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du programme via des placements de produits discrets ou assum\u00e9s. Une s\u00e9rie qui attire plusieurs millions de t\u00e9l\u00e9spectateurs devient une vitrine commerciale. Les recettes publicitaires constituent alors une source majeure de revenus pour le diffuseur, avec, selon les contrats, un partage \u00e9ventuel avec le producteur.Mais l\u2019histoire ne s\u2019arr\u00eate pas \u00e0 la premi\u00e8re diffusion. Rediffusions, mise en ligne sur YouTube, exploitation sur des plateformes num\u00e9riques, ventes \u00e0 l\u2019\u00e9tranger dans les pays du Maghreb ou du monde arabe : chaque nouvelle fen\u00eatre d\u2019exploitation peut g\u00e9n\u00e9rer des recettes suppl\u00e9mentaires. Une s\u00e9rie \u00e0 succ\u00e8s vit souvent bien au-del\u00e0 de sa premi\u00e8re diffusion.<br \/>\nReste la question centrale : qui b\u00e9n\u00e9ficie l\u00e9galement de cet argent ? Le producteur est titulaire initial des droits. Il n\u00e9gocie avec la cha\u00eene, per\u00e7oit les droits de diffusion et r\u00e9mun\u00e8re les \u00e9quipes. Le diffuseur, la chaine de t\u00e9l\u00e9, commercialise les espaces publicitaires et capitalise sur l\u2019audience. Quant aux artistes-interpr\u00e8tes, la loi alg\u00e9rienne leur reconna\u00eet des droits voisins au titre de l\u2019Ordonnance 03-05. Ces droits, distincts du simple cachet de tournage, sont cens\u00e9s \u00eatre collect\u00e9s et redistribu\u00e9s par ONDA, \u00e0 condition que l\u2019\u0153uvre soit d\u00e9clar\u00e9e, que les contrats respectent la distinction entre r\u00e9mun\u00e9ration et cession de droits, et que les artistes soient eux-m\u00eames inscrits.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\">Droits voisins<\/h3>\n<p>C\u2019est l\u00e0 que le d\u00e9bat devient sensible. Lorsque des contrats pr\u00e9voient une cession globale et perp\u00e9tuelle des droits sans r\u00e9mun\u00e9ration proportionnelle \u00e0 l\u2019exploitation, lorsque le salaire de tournage se confond avec la cession d\u2019exploitation, lorsque certaines d\u00e9clarations sociales font d\u00e9faut, le risque est clair : les artistes peuvent se retrouver pay\u00e9s uniquement pour leurs jours de travail, sans percevoir un centime suppl\u00e9mentaire sur les rediffusions, le streaming ou les ventes \u00e0 l\u2019\u00e9tranger.Si les contrats sont conformes au cadre l\u00e9gal, le producteur per\u00e7oit les droits de diffusion, reverse les droits voisins \u00e0 l\u2019ONDA, et les artistes re\u00e7oivent leur part. Ils b\u00e9n\u00e9ficient alors d\u2019une r\u00e9mun\u00e9ration li\u00e9e \u00e0 l\u2019exploitation continue de leur performance. Mais si les contrats ne respectent pas ces principes, l\u2019ensemble des recettes peut rester concentr\u00e9 entre le producteur et le diffuseur, tandis que les artistes ne touchent que leur cachet initial. Dans un tel sc\u00e9nario, vingt millions de vues deviennent un indicateur de popularit\u00e9\u2026 sans traduction financi\u00e8re pour ceux qui ont incarn\u00e9 les r\u00f4les.Le succ\u00e8s populaire d\u2019une s\u00e9rie ne se mesure donc pas uniquement en chiffres d\u2019audience. Il se mesure aussi \u00e0 la mani\u00e8re dont la valeur cr\u00e9\u00e9e est r\u00e9partie. Derri\u00e8re chaque sc\u00e8ne, chaque dialogue, chaque personnage aim\u00e9 du public, il y a un travail artistique. Et derri\u00e8re chaque \u00e9cran publicitaire vendu \u00e0 prix fort, une question persiste : dans l\u2019\u00e9conomie florissante des s\u00e9ries ramadanesques, la r\u00e9ussite est-elle collective ou concentr\u00e9e ?<br \/>\nO.A Nadir<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Huit millions de vues en deux \u00e9pisodes. Une moyenne de quatre millions par jour. Vingt \u00e9pisodes pour un total annonc\u00e9 de vingt millions de vues. 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