{"id":21348,"date":"2026-05-11T19:25:40","date_gmt":"2026-05-11T18:25:40","guid":{"rendered":"https:\/\/algeriepresse.dz\/?p=21348"},"modified":"2026-05-11T19:25:40","modified_gmt":"2026-05-11T18:25:40","slug":"massacre-de-subsahariens-a-melilla-un-livre-requisitoire-contre-le-maroc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/algeriepresse.dz\/?p=21348","title":{"rendered":"Massacre de Subsahariens \u00e0 Melilla  : Un livre r\u00e9quisitoire contre le Maroc"},"content":{"rendered":"<p>Des migrants soudanais, parmi ceux ayant surv\u00e9cu au massacre de Melilla qui a eu lieu \u00e0 la fronti\u00e8re entre le Maroc et l&rsquo;Espagne, le 24 juin 2022, racontent les \u00e9v\u00e9nements de cette terrible journ\u00e9e au cours de laquelle des dizaines de Subsahariens ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s par les services de s\u00e9curit\u00e9 marocains alors qu&rsquo;ils tentaient de passer en territoire espagnol.<br \/>\nDans un roman intitul\u00e9 \u00able vendredi de la mort\u00bb, l&rsquo;\u00e9crivain soudanais, Al hafed Tardjouk, l&rsquo;un des rescap\u00e9s du massacre, a document\u00e9 les graves d\u00e9passements commis par les membres des services de s\u00e9curit\u00e9 marocains \u00e0 l&rsquo;encontre des migrants au cours de cette journ\u00e9e qui allonge la liste des crimes commis par le Makhzen contre les droits humains.<br \/>\nDans une d\u00e9claration \u00e0 l&rsquo;APS, Tardjouk, aujourd&rsquo;hui \u00e2g\u00e9 de 28 ans, revient, avec beaucoup d&rsquo;amertume sur les \u00e9v\u00e9nements ayant \u00e9maill\u00e9 cette journ\u00e9e et sur les circonstances dans lesquelles il a \u00e9chapp\u00e9 miraculeusement \u00e0 une mort certaine. Il \u00e9voque \u00e9galement la grave blessure subie ce jour-l\u00e0 suite aux actes de violence commis contre lui par des agents marocains. L&rsquo;auteur parle des dizaines de personnes tu\u00e9es sous les coups de matraque, \u00abalors qu&rsquo;elles r\u00eavaient d&rsquo;une vie meilleure, de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 de la fronti\u00e8re\u00bb. Les plus chanceux d&rsquo;entre ces migrants, ont \u00e9cop\u00e9 de lourdes peines et devront passer de longues ann\u00e9es en prison, raconte-t-il encore.<br \/>\nLes agents marocains \u00abnous ont affront\u00e9s avec du gaz lacrymog\u00e8ne et des bombes qui ont pour effet de vous couper le souffle et de vous paralyser, mais aussi des balles en caoutchouc en plus des coups de matraques. Des dizaines de personnes ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9es. D&rsquo;autres sont aujourd&rsquo;hui handicap\u00e9es \u00e0 vie\u00bb, d\u00e9plore l&rsquo;auteur.<br \/>\n\u00abLorsqu&rsquo;ils ont en eu assez de nous torturer, ils nous ont \u00e9loign\u00e9s de la fronti\u00e8re, avant de d\u00e9placer les morts afin de faire disparaitre toute trace de leurs crimes\u00bb, a-t-il pr\u00e9cis\u00e9. Le rescap\u00e9 note que de nombreux migrants ont disparu ce vendredi 24 juin, signalant que les autorit\u00e9s marocaines ont tout fait pour que la communaut\u00e9 internationale ne soit pas inform\u00e9e des meurtres commis.<br \/>\nSelon ce t\u00e9moin des \u00e9v\u00e9nements, il existe aujourd&rsquo;hui une unanimit\u00e9 parmi les victimes sur le fait que le gouvernement marocain utilise les migrants comme une arme pour faire pression sur l&rsquo;Europe en cas de n\u00e9cessit\u00e9.<br \/>\nL&rsquo;\u00e9crivain exprime le souhait de voir les migrants emprisonn\u00e9s au Maroc, enfin libres et dit esp\u00e9rer aussi que la Cour internationale de justice demande des comptes au Makhzen concernant ses crimes et que les familles des victimes soient indemnis\u00e9es.<br \/>\nUn autre jeune soudanais, \u00e2g\u00e9 de 22 ans, qui a choisi de s&rsquo;exprimer sous le pseudonyme de \u00abMigrant\u00bb, raconte comment ses fr\u00e8res ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s devant ses yeux au passage frontalier. Il parle des tortures qu&rsquo;il a subies ainsi que de son incarc\u00e9ration ill\u00e9gale.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>T\u00e9moignages accablants<\/strong><\/p>\n<p>\u00abNous \u00e9tions \u00e0 quelques m\u00e8tres seulement du territoire europ\u00e9en, lorsque l&rsquo;arm\u00e9e marocaine nous a attaqu\u00e9s sauvagement. Les militaires nous ont bris\u00e9 les jambes. Nous n&rsquo;oublierons jamais la f\u00e9rocit\u00e9 avec laquelle ils nous frappaient\u00bb, se rappelle-t-il.<br \/>\n\u00abNous avons ensuite \u00e9t\u00e9 conduits au poste de police. Ils nous ont donn\u00e9 des documents et nous ont oblig\u00e9s \u00e0 les signer sans que nous puissions en lire le contenu. Ils nous ont attribu\u00e9 des actes que nous n&rsquo;avons pas commis et nous ont emprisonn\u00e9s abusivement\u00bb, dit-il. Il souligne que les d\u00e9tenus ont \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9s \u00e0 plusieurs reprises avant leur incarc\u00e9ration.<br \/>\nLes prisonniers ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9partis sur cinq p\u00e9nitenciers et n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 autoris\u00e9s \u00e0 communiquer avec leurs proches, poursuit-il. Il partage lui aussi l&rsquo;id\u00e9e selon laquelle le Makhzen utilise les migrants pour faire du chantage aux Europ\u00e9ens pour ses propres int\u00e9r\u00eats.<br \/>\nUn autre jeune, \u00e2g\u00e9 de 19 ans, vivant aujourd&rsquo;hui \u00e0 Casablanca, fait part de ce qu&rsquo;ont v\u00e9cu les migrants subsahariens pendant et apr\u00e8s ces \u00e9v\u00e9nements, soutenant qu&rsquo;il a constat\u00e9 une mont\u00e9e du racisme suite aux campagnes orchestr\u00e9es par les autorit\u00e9s contre les Subsahariens. Des campagnes impliquant les partis politiques et les m\u00e9dias, mais \u00e9galement des citoyens. \u00abLe royaume s&rsquo;est transform\u00e9 en un enfer\u00bb pour les migrants, constate-t-il am\u00e8rement.<br \/>\nCe jeune homme qui a choisi de se faire appeler \u00abMohamed\u00bb par souci de discr\u00e9tion, estime que les migrants sont devenus de \u00absimples num\u00e9ros dans le march\u00e9 des int\u00e9r\u00eats\u00bb. Lui m\u00eame et ceux qui s&rsquo;\u00e9taient r\u00e9fugi\u00e9s dans une for\u00eat voisine au passage frontalier avant ce vendredi noir, ont v\u00e9cu des jours difficiles. Les services de s\u00e9curit\u00e9 marocains leur ont impos\u00e9 un blocus \u00e9touffant les emp\u00eachant de trouver de quoi manger ou d&rsquo;acc\u00e9der \u00e0 l&rsquo;eau.<br \/>\n\u00abIls nous ont pouss\u00e9 \u00e0 franchir la fronti\u00e8re et lorsque nous sommes sortis, ce fut la catastrophe\u00bb, raconte-t-il. \u00abJ&rsquo;ai perdu connaissance sous les coups de matraque et je me suis r\u00e9veill\u00e9 sur les hurlements d&rsquo;un agent qui me trainait par la jambe, non loin d&rsquo;un amas de cadavres. On m&rsquo;a emmen\u00e9 ensuite au commissariat o\u00f9 j&rsquo;ai subi un interrogatoire. Les accusations \u00e9taient pr\u00eates et il fallait juste que je l&rsquo;ai approuv\u00e9 en signant un document\u00bb, se rappelle-t-il. \u00abIls nous ont frapp\u00e9 et insult\u00e9s, et nous ont trait\u00e9 de criminels alors que tout ce que nous voulions \u00e9tait d&rsquo;avoir une vie d\u00e9cente\u00bb, confie-t-il.<br \/>\n\u00abApr\u00e8s la prison, ceux qui ont trouv\u00e9 une location ont \u00e9t\u00e9 harcel\u00e9s par la police. Les membres des services de s\u00e9curit\u00e9 faisaient des raids \u00e0 l&rsquo;aube pour nous terroriser \u00ab, poursuit-il.<br \/>\nSelon lui, d\u00e9tenir des documents accordant un statut de r\u00e9fugi\u00e9 ne sert plus \u00e0 rien au Maroc, ajoutant que m\u00eame ceux qui tentent de quitter ce pays ne le peuvent pas. La seule fa\u00e7on de sortir du Maroc est de le faire de la mani\u00e8re ill\u00e9gale, comme l&rsquo;ont fait beaucoup de ses amis, conclut-t-il.<br \/>\nAPS<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Des migrants soudanais, parmi ceux ayant surv\u00e9cu au massacre de Melilla qui a eu lieu \u00e0 la fronti\u00e8re entre le Maroc et l&rsquo;Espagne, le 24 juin 2022, racontent les \u00e9v\u00e9nements de cette terrible journ\u00e9e au cours de laquelle des dizaines de Subsahariens ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s par les services de s\u00e9curit\u00e9 marocains alors qu&rsquo;ils tentaient de &hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":21355,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4,28],"tags":[],"class_list":["post-21348","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-a-la-une","category-tie-world"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/algeriepresse.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/21348","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/algeriepresse.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/algeriepresse.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/algeriepresse.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/algeriepresse.dz\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=21348"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/algeriepresse.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/21348\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":21368,"href":"https:\/\/algeriepresse.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/21348\/revisions\/21368"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/algeriepresse.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/21355"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/algeriepresse.dz\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=21348"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/algeriepresse.dz\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=21348"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/algeriepresse.dz\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=21348"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}