{"id":2552,"date":"2023-09-23T18:02:10","date_gmt":"2023-09-23T18:02:10","guid":{"rendered":"https:\/\/algeriepresse.dz\/?p=2552"},"modified":"2023-09-23T18:05:30","modified_gmt":"2023-09-23T18:05:30","slug":"ce-que-la-permaculture-peut-apporter-a-oran","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/algeriepresse.dz\/?p=2552","title":{"rendered":"Ce que la permaculture peut apporter \u00e0 Oran"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_2560\" aria-describedby=\"caption-attachment-2560\" style=\"width: 396px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-2560 \" src=\"http:\/\/algeriepresse.dz\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/Faycal-Anceur2-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"396\" height=\"396\" srcset=\"https:\/\/algeriepresse.dz\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/Faycal-Anceur2-300x300.jpg 300w, https:\/\/algeriepresse.dz\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/Faycal-Anceur2-1024x1024.jpg 1024w, https:\/\/algeriepresse.dz\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/Faycal-Anceur2-150x150.jpg 150w, https:\/\/algeriepresse.dz\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/Faycal-Anceur2-768x768.jpg 768w, https:\/\/algeriepresse.dz\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/Faycal-Anceur2.jpg 1324w\" sizes=\"auto, (max-width: 396px) 100vw, 396px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2560\" class=\"wp-caption-text\">M. Fay\u00e7al Anseur<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>Pour commencer, il est urgent pour nous de r\u00e9duire notre consommation d\u2019\u00e9nergie. Cette initiative doit \u00eatre port\u00e9e par la soci\u00e9t\u00e9 civile ; il ne faut pas attendre l\u2019\u00c9tat, qui finira par suivre. Oran pourrait \u00eatre le point de d\u00e9part de ce mouvement citoyen.<\/strong><\/p>\n<p>C\u2019est dans les ann\u00e9es 70, que les deux ing\u00e9nieurs en agronomie australiens, Bill Mollison et David Holmgren, inventent le n\u00e9ologisme \u00ab Permaculture \u00bb, qui est la contraction de deux mots anglais : \u00ab Permanent \u00bb et \u00ab Agriculture \u00bb. Par d\u00e9finition, la permaculture signifie donc Culture Permanente ou Agriculture Permanente. Les initiateurs de cette m\u00e9thode ont r\u00e9sum\u00e9 leur approche, \u00e0 la fois holistique et syst\u00e9mique, de la conception des habitats humains et de syst\u00e8mes agricoles dans un livre en deux tomes, intitul\u00e9, tout simplement, \u00ab Permaculture \u00bb.<br \/>\nIl s\u2019agit d\u2019une \u00e9tude globale, le fruit d\u2019une rencontre heureuse entre l\u2019empirisme et la science, qui explique le syst\u00e8me d\u2019adaptation \u00e0 leur milieu naturel et de subsistance des peuples premiers d\u2019Australie et de Tasmanie. Aussi, elle se veut un mod\u00e8le universel d\u2019agro-\u00e9cologie qui est \u00e0 la port\u00e9e du profane comme du professionnel, quels que soient les moyens disponibles et sous diff\u00e9rentes latitudes ; des terres fertiles d\u2019Europe aux \u00e9tendues arides d\u2019Australie. La permaculture est un mim\u00e9tisme \u00e9clair\u00e9 des syst\u00e8mes \u00e9cologiques naturels, un art de l\u2019observation et de l\u2019exp\u00e9rimentation.<br \/>\nA travers cette \u00e9tude, Bill Mollison et David Holmgren d\u00e9veloppent l\u2019id\u00e9e d\u2019un nouveau paradigme du vivre ensemble ; de vivre en bonne intelligence avec la nature et dans le respect de celle-ci. Pour ce faire, la permaculture pr\u00f4ne d\u2019abord une \u00e9thique et propose une philosophie de vie qui s\u2019articule autour de trois principes directeurs : \u00catre attentif \u00e0 la nature, aux humains et partager \u00e9quitablement les ressources.<br \/>\nPar son \u00e9thique et ses techniques, en constante \u00e9volution, la permaculture pr\u00f4ne une m\u00e9thode syst\u00e9mique et globale, qui vise \u00e0 concevoir des syst\u00e8mes (par exemple des habitats humains et des techniques agricoles, mais cela peut \u00eatre appliqu\u00e9 \u00e0 n\u2019importe quel syst\u00e8me), en s\u2019inspirant de la nature (biomim\u00e9tisme) et de la tradition (empirisme). La permaculture urbaine est une branche de la Permaculture g\u00e9n\u00e9rale, au m\u00eame titre que la Permaculture sociale ou encore la Permaculture humaine. Elle se consacre \u00e0 l\u2019\u00e9tude et \u00e0 la conception (design) de syst\u00e8mes \u00e9cologiquement durables, humainement \u00e9quitables et \u00e9conomiquement rentables, en r\u00e9ponse \u00e0 des probl\u00e9matiques urbaines r\u00e9elles, li\u00e9es \u00e0 la pollution, la d\u00e9mographie galopante (surpopulation dans les villes), la rar\u00e9faction des ressources naturelles, le ch\u00f4mage, etc.<br \/>\nIl est donc important \u00e0 cet effet d\u2019observer et d\u2019interagir avec son environnement, afin de r\u00e9ussir \u00e0 mettre en place un mod\u00e8le fonctionnel et r\u00e9silient, dans lequel chaque \u00e9l\u00e9ment plac\u00e9 occupe plusieurs fonctions et o\u00f9 chaque fonction est assur\u00e9e par plusieurs \u00e9l\u00e9ments. Voici quelques principes de base, qui permettent de comprendre la logique permacole et son approche de la probl\u00e9matique de la (agri) culture urbaine.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\">Le vivre ensemble<\/h3>\n<p>Le jardinier urbain amateur peut se servir des multiples avantages que peut lui offrir la ville : les structures existantes, qui prot\u00e8gent du vent et qui peuvent servir comme masse thermique et cr\u00e9ent des microclimats favorables au d\u00e9veloppement des plantes, la quasi absence des pollutions aux pesticides, l\u2019abondance des ressources, que ce soit les d\u00e9chets organiques \u00e0 composter ou des ressources humaines et des comp\u00e9tences, de la possibilit\u00e9 de mutualiser l\u2019acquisition de mat\u00e9riel, qui induit une diminution des co\u00fbts, etc. N\u00e9anmoins, il existe deux facteurs limitant : l\u2019espace de culture et le manque de temps.<br \/>\nCela dit, la permaculture urbaine propose un certain nombre de solutions techniques et une mani\u00e8re de s\u2019organiser pour contourner ces contraintes. Pour optimiser l\u2019espace et gagner du temps, il faut d\u2019abord changer notre conception du jardin : il doit \u00eatre pens\u00e9 en m\u00e8tre cube, en 3D, et non pas en m\u00e8tre carr\u00e9. En se servant de tuteurs, des murs, ou toute autre structure verticale, on fait grimper les plants de tomates, de courges, de haricots, etc.<br \/>\nCela laisse de la place \u00e0 d\u2019autres cultures au niveau inf\u00e9rieur. C\u2019est ce qu\u2019on appelle la culture \u00e9tag\u00e9e. De plus, gr\u00e2ce au triptyque densification, association et chevauchement (par exemple cultiver en m\u00eame temps carotte, radis, poireau, ou ma\u00efs, haricot, courge) et en favorisant davantage les plantes vivaces comestibles, les l\u00e9gumes perp\u00e9tuels et les arbres fruitiers, il en sort que chaque centim\u00e8tre de notre sol est occup\u00e9 en permanence : c\u2019est-\u00e0-dire une couverture compl\u00e8te du sol, qui limitera la corv\u00e9e du d\u00e9sherbage, r\u00e9duira sensiblement l\u2019irrigation (gain de temps) tout en augmentant significativement la production.<br \/>\nC\u2019est en recourant \u00e0 ces m\u00e9thodes ing\u00e9nieuses qu\u2019une famille am\u00e9ricaine, les Dervaes, a r\u00e9ussi l\u2019exploit de produire 2,7 tonnes de nourriture par an, en transformant le jardin de 370 m2 de leur maison situ\u00e9 en banlieue californienne, en v\u00e9ritable petite fermette urbaine, tr\u00e8s performante. Ou bien encore l\u2019exemple du fran\u00e7ais Joseph Chauffrey, auteur d\u2019un livre intitul\u00e9 \u00ab Mon petit jardin en Permaculture \u00bb, qui a pu assurer son autosuffisance en fruits et l\u00e9gumes en r\u00e9coltant pas moins de 300 kilos de l\u00e9gumes par an dans son minuscule jardin de 30 m2.<br \/>\nTout d\u00e9chet qui sort de votre habitation doit \u00eatre soigneusement \u00e9tudi\u00e9, car il a la possibilit\u00e9 d\u2019avoir une seconde vie. S\u2019il est organique, il retournera \u00e0 la terre par le biais du compostage. Pour une ville comme Oran, qui compte pr\u00e8s de 1,5 million d\u2019habitants, le volume de d\u00e9chets organiques domestiques \u00e0 recycler n\u2019est pas n\u00e9gligeable. Selon certaines sources, la ville collecte, en moyenne, environ 200 tonnes de d\u00e9chets organiques par jour. Si elle est r\u00e9cup\u00e9r\u00e9e et compost\u00e9e par les habitants, cette mati\u00e8re vivante peut donner environ 20 tonnes de terreau au quotidien, qui peut servir de substrat de qualit\u00e9 pour faire pousser de bons fruits et l\u00e9gumes en milieu urbain. Des aliments dont on fera l\u2019\u00e9conomie de ne pas aller acheter au march\u00e9, et cela permettra, par la m\u00eame occasion, \u00e0 la ville de br\u00fbler moins de fuel pour collecter et traiter ces d\u00e9chets, et ainsi r\u00e9duire son empreinte carbone. Un \u00e9l\u00e9ment qui remplit plusieurs fonctions.<br \/>\nIl en va de m\u00eame pour d\u2019autre d\u00e9chets, comme les palettes en bois, qu\u2019on peut transformer en jardini\u00e8res, les bouteilles et bidons en plastique, qui peuvent servir de contenants de cultures et ainsi de suite. La seule limite dans cette logique de transformation est celle de notre imagination.<br \/>\nRien ne se cr\u00e9e, rien ne se perd, tout se transforme.<br \/>\nLes villes du futur seront \u00e9co-\u00e9nerg\u00e9tiquement responsables ou ne seront pas. Le passage des \u00e9nergies fossiles aux \u00e9nergies renouvelables devient un imp\u00e9ratif pour nombre de pays d\u00e9velopp\u00e9s.<br \/>\nLeur transition \u00e9cologique est en marche : \u00e9olien, solaire, hydraulique, g\u00e9othermique, ils d\u00e9ploient les moyens n\u00e9cessaires pour s\u2019affranchir de leur d\u00e9pendance des pays producteurs de p\u00e9trole (principalement les pays du sud) et s\u2019assurer une souverainet\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique, en m\u00eame temps qu\u2019ils pensent \u00e0 leur souverainet\u00e9 alimentaire.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\">Valoriser les d\u00e9chets et d\u00e9tourner les objets<\/h3>\n<p>L\u2019Alg\u00e9rie devrait \u00e9tudier, avec plus d\u2019int\u00e9r\u00eat, ces probl\u00e9matiques d\u2019avenir, car le pays ne peut pas compter ind\u00e9finiment sur ses ressources en \u00e9nergies fossiles. La Chine est certes l\u2019un des pays les plus gourmands en hydrocarbures, ce qui fait de lui l\u2019un des plus grands pollueurs au monde, mais il est aussi le pays qui investit le plus d\u2019argent dans la recherche de nouvelles sources d\u2019\u00e9nergie propres.<br \/>\nPour commencer, il est urgent pour nous de r\u00e9duire notre consommation d\u2019\u00e9nergie. Cette initiative doit \u00eatre port\u00e9e par la soci\u00e9t\u00e9 civile ; il ne faut pas attendre l\u2019\u00c9tat, qui finira par suivre. Oran pourrait \u00eatre le point de d\u00e9part de ce mouvement citoyen. Il s\u2019agit dans un premier temps de petits gestes du quotidien, qui, mis bout \u00e0 bout, nous feraient \u00e9conomiser quantit\u00e9 de Joule.<br \/>\nPar exemple, prendre les transports en commun au lieu de la voiture ; promouvoir la marche \u00e0 pied ; faire du tri s\u00e9lectif ; bien isoler son habitation avec des mat\u00e9riaux biod\u00e9gradables, comme le chanvre ; installer de petits panneaux photovolta\u00efques, qui sont nettement plus esth\u00e9tiques et hautement plus utiles que les hideuses antennes paraboliques qui d\u00e9figurent nos fa\u00e7ades d\u2019immeubles, afin de produire une partie de son l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 (\u00e0 forte raison dans une ville comme Oran, qui baigne dans le soleil une bonne partie de l\u2019ann\u00e9e) et ainsi r\u00e9duire l\u2019activit\u00e9 des turbines de Sonelgaz, ce qui diminuerait les \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre ; planter des arbres l\u00e0 o\u00f9 faire se peut, qui filtreront l\u2019air que l\u2019on respire, adouciront le climat, serviront d\u2019abris \u00e0 la faune, embelliront nos all\u00e9es et nos espaces urbains o\u00f9 il fera bon, comme nagu\u00e8re, d\u00e9ambuler dans \u00ab la Promenade des Oranais(es) \u00bb en s\u2019enivrant du parfum de la fleur d\u2019oranger et du jasmin, etc.<br \/>\nAutre priorit\u00e9 : la gestion de l\u2019eau. A New York, ville avant-gardiste dans l\u2019agriculture urbaine, se trouve la ferme sur les toits Brooklyn Navy Yard. Couvrant 6.000 m\u00b2 de surface, cette ferme suspendue intercepte chaque ann\u00e9e un million de gallons d\u2019eau de pluie, soit 4 millions de litres d\u2019eau de pluie. Elle a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019une subvention de plusieurs millions de dollars du D\u00e9partement de Protection de l\u2019environnement pour ce service rendu \u00e0 la ville de New York, en ce qui concerne le traitement des eaux us\u00e9es.<br \/>\nOran est connue depuis toujours pour son probl\u00e8me de d\u00e9ficit hydrique. Son climat est de type CSA (m\u00e9diterran\u00e9en semi-aride) selon la classification de K\u00f6ppen-Geiger. Il tombe en moyenne 376 mm de pluie par an. Par ailleurs, la ville compte 8.800 hectares de b\u00e2tis, selon le Plan directeur d\u2019am\u00e9nagement et d\u2019urbanisme (PDAU) de la ville.<br \/>\nSi, comme la ferme Brooklyn Navy Yard de New York, les services techniques d\u2019Oran d\u00e9cident d\u2019utiliser les toits pour r\u00e9cup\u00e9rer l\u2019eau de pluie, combien de litres capteront-ils ?<br \/>\nQuant \u00e0 l\u2019utilisation d\u00e9mocratis\u00e9e des climatiseurs, si on prend en moyenne un climatiseur par 10 habitants, et une moyenne de 10 litres d&rsquo;eau r\u00e9cup\u00e9r\u00e9s par climatiseur : cela donne 90.000.000 de litres d&rsquo;eau r\u00e9cup\u00e9r\u00e9s sur les 3 mois d&rsquo;\u00e9t\u00e9, soit 360.000 piscines olympiques.<br \/>\nDes pr\u00e9visions qui m\u00e9ritent que les architectes et les urbanistes s\u2019y attardent en int\u00e9grant ces donn\u00e9es dans le futur architectural de la ville.<br \/>\nPlus int\u00e9ressant encore, l\u2019investissement \u00e0 consentir pour une telle op\u00e9ration ne doit pas \u00eatre excessif : il suffit d\u2019installer un syst\u00e8me de goutti\u00e8res qui acheminera l\u2019eau r\u00e9colt\u00e9e vers des r\u00e9servoirs o\u00f9 des bassins de r\u00e9tention et le tour est jou\u00e9. La ville et ses habitants disposeront, d\u00e8s lors, d\u2019un \u00e9norme stock d\u2019eau qui, apr\u00e8s traitement, peut servir \u00e0 l\u2019irrigation des espaces verts et des potagers urbains, comme eau domestique, \u00e0 cr\u00e9er des fontaines dans les quartiers, etc.<br \/>\nEt, cerise sur le g\u00e2teau, la ville fera, comme New York, des \u00e9conomies dans le traitement des eaux us\u00e9es et, peut-\u00eatre m\u00eame, se passera \u00e0 terme de quelques stations de dessalement d\u2019eau de mer, qui tournent au gaz naturel. Encore une fois, un \u00e9l\u00e9ment, plusieurs fonctions.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\">Cr\u00e9er et entretenir le lien social<\/h3>\n<p>C\u2019est sans conteste l\u2019\u00e9l\u00e9ment central de la permaculture urbaine, autour duquel tout s\u2019articule et sans lequel aucun syst\u00e8me ne fonctionnera \u00e0 long terme. Car il implique l\u2019humain. Ce dernier peut se r\u00e9v\u00e9ler, dans le contexte (urbain) d\u2019un projet de soci\u00e9t\u00e9, le moteur d\u2019une action coordonn\u00e9e ou sinon le frein qui l\u2019emp\u00eachera de se r\u00e9aliser. C\u2019est pour cela, qu\u2019il est important de commencer l\u2019action, comme le dit bien Bill Mollison, \u00ab au pied de sa porte \u00bb.<br \/>\nAutrement dit, il faut savoir donner l\u2019exemple et provoquer l\u2019envie chez l\u2019autre de faire pareil. Combien \u00e0 Oran sont ces \u00ab espaces verts \u00bb au pied des immeubles, qui ne servent plus \u00e0 rien, sinon parfois comme d\u00e9charges \u00e0 ciel ouvert ? Combien de balcons, qui tels des barreaux de prisons, sont rong\u00e9s par la rouille, o\u00f9 pas un pot de fleur ne subsiste ? Il n\u2019est pas difficile, il suffit d\u2019un peu de courage et de bonne volont\u00e9, pour qu\u2019un homme ou une femme d\u00e9cide, un jour, de gratter ce sol au pied de l\u2019immeuble pour y semer quelques graines. Il ne co\u00fbte pas grand-chose d\u2019offrir \u00e0 sa m\u00e8re, sa femme ou son p\u00e8re un pot de fleur ou de persil \u00e0 mettre sur le balcon. Avec le temps, les graines sem\u00e9es pousseront et le carr\u00e9e de verdure deviendra vraiment vert, le pot de fleur ou de persil appellera d\u2019autres pots et le balcon changera de couleur. Au fur et \u00e0 mesure, l\u2019action individuelle deviendra une action collective et le carr\u00e9 vert se transformera en potager commun. L\u2019\u00e9mulation gagnera d\u2019autres quartiers qui voudront, eux aussi, avoir leur jardin d\u2019immeuble. Les vieux retrait\u00e9s y trouveront un lieu de d\u00e9tente, de rencontre en plein air, ils y seront mieux que dans les caf\u00e9s ; \u00e7a leur fait bien au corps et \u00e7a leur remonte le moral. Ils demanderont parfois aux jeunes du quartier de leur pr\u00eater main-forte.<br \/>\nAvec le temps, ces jeunes finiront par rejoindre les vieux pour entretenir ce potager.<br \/>\nLes t\u00e2ches seront r\u00e9parties, les r\u00e9coltes partag\u00e9es. Les enfants auront un espace o\u00f9, apr\u00e8s l\u2019\u00e9cole, ils passeront faire des exp\u00e9riences apprises dans les cours de science de la nature, ils go\u00fbteront peut-\u00eatre leur premier radis ou salade, sem\u00e9s par leurs petites mains. Ils seront fiers et ils raconteront cette aventure \u00e0 leurs copains de classes, lesquels rapporteront la nouvelle \u00e0 leurs parents, qui d\u00e9cideront de s\u2019y mettre eux aussi pour donner l\u2019exemple, parce que ce sont des parents. Les quartiers s\u2019animeront autour de ces espaces, ces jardins urbains. Le ph\u00e9nom\u00e8ne s\u2019empare de la ville. Des vocations se d\u00e9couvrent, des id\u00e9es fusent dans tous les sens, des emplois se cr\u00e9ent, une nouvelle \u00e9conomie voit le jour autour du bien-\u00eatre et de la bonne nourriture, les responsables de la ville sont envahis de demandes de cr\u00e9ation de nouveaux jardins, des concours du plus beau balcon, ou du plus gros l\u00e9gume de l\u2019ann\u00e9e, seront lanc\u00e9s par des associations, des forums verront le jour o\u00f9 on \u00e9changera des graines et des id\u00e9es, les artistes s\u2019y m\u00ealeront\u2026 et le r\u00eave devient r\u00e9alit\u00e9.<br \/>\nOran revivra : la ville qui v\u00e9g\u00e8te, deviendra v\u00e9g\u00e9tale. \u00ab Le plus grand changement que nous devons faire est de passer de la consommation \u00e0 la production, m\u00eame si c\u2019est sur une petite \u00e9chelle, dans nos propres jardins. Si seulement 10% d\u2019entre nous faisait cela, il y aurait assez \u00e0 manger pour tout le monde.<br \/>\nD\u2019o\u00f9 l\u2019inutilit\u00e9 des r\u00e9volutionnaires qui n\u2019ont pas de jardins, qui d\u00e9pendent du syst\u00e8me qu\u2019ils attaquent, et qui produisent des mots et des balles, pas de la nourriture et des habitations. \u00bb Bill Mollison<\/p>\n<p><strong>Par\u00a0 Fay\u00e7al Anceur :\u00a0 <\/strong><em>formateur intervenant en permaculture pour le compte du Cfppa de Bougainville. Il a lanc\u00e9 une tourn\u00e9e nationale de formation et de sensibilisation en permaculture en Alg\u00e9rie. Il a anim\u00e9 deux stages en immersion \u00e0 l&rsquo;Itmas d&rsquo;Alger et \u00e0 Ain T\u00e9mouchent. Il est aussi le fondateur d&rsquo;Agroperma, un bureau de conseil de formation design, installation et suivi de projet en France et en Alg\u00e9rie.<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pour commencer, il est urgent pour nous de r\u00e9duire notre consommation d\u2019\u00e9nergie. Cette initiative doit \u00eatre port\u00e9e par la soci\u00e9t\u00e9 civile ; il ne faut pas attendre l\u2019\u00c9tat, qui finira par suivre. Oran pourrait \u00eatre le point de d\u00e9part de ce mouvement citoyen. C\u2019est dans les ann\u00e9es 70, que les deux ing\u00e9nieurs en agronomie australiens, &hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[52],"tags":[],"class_list":["post-2552","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-contribution"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/algeriepresse.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2552","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/algeriepresse.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/algeriepresse.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/algeriepresse.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/algeriepresse.dz\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2552"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/algeriepresse.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2552\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2569,"href":"https:\/\/algeriepresse.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2552\/revisions\/2569"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/algeriepresse.dz\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2552"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/algeriepresse.dz\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2552"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/algeriepresse.dz\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2552"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}