{"id":4387,"date":"2023-12-19T19:26:27","date_gmt":"2023-12-19T18:26:27","guid":{"rendered":"http:\/\/algeriepresse.dz\/?p=4387"},"modified":"2023-12-19T19:26:27","modified_gmt":"2023-12-19T18:26:27","slug":"54-000-eleves-se-sont-drogues-au-cours-de-ce-1er-trimestre-quand-la-drogue-frappe-a-lecole","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/algeriepresse.dz\/?p=4387","title":{"rendered":"54.000 \u00e9l\u00e8ves se sont drogu\u00e9s au cours de ce 1er trimestre:  Quand la drogue frappe \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole"},"content":{"rendered":"<p>Selon les donn\u00e9es communiqu\u00e9es, lors du colloque sur la drogue en milieu scolaire tenu, ce lundi au Centre de Recherche en Anthropologie Sociale et Culturelle (CRASC), \u00e0 Oran, 54.000 \u00e9l\u00e8ves \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle nationale ont fait usage de substances psychotropes au cours du premier semestre de l&rsquo;ann\u00e9e en cours. Cependant, les mesures d&rsquo;accompagnement n&rsquo;ont touch\u00e9 qu&rsquo;une fraction minime de cette population, avec seulement 518 \u00e9l\u00e8ves ayant b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d&rsquo;une prise en charge.<\/p>\n<p>Organis\u00e9 conjointement avec le Centre National d&rsquo;\u00c9tudes, d&rsquo;Information et de Documentation sur la famille, la femme et l&rsquo;Enfance (CNEIDFFE), cet \u00e9v\u00e9nement, intitul\u00e9 \u00ab Dangers de la drogue en milieu scolaire : pr\u00e9vention et traitement \u00bb, a mis en avant les d\u00e9fis capitaux li\u00e9s \u00e0 ce fl\u00e9au.<br \/>\nLes intervenants ont exprim\u00e9 leur inqui\u00e9tude face \u00e0 la persistance de la consommation de drogues malgr\u00e9 les campagnes r\u00e9p\u00e9t\u00e9es de sensibilisation et les efforts d\u00e9ploy\u00e9s \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur et \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur des \u00e9coles.<br \/>\nPar ailleurs, m\u00eame si le colloque a mis en lumi\u00e8re les avanc\u00e9es notables de l&rsquo;\u00e9ducation en Alg\u00e9rie, les intervenants ont soulign\u00e9 la fragilit\u00e9 persistante des \u00e9tablissements \u00e9ducatifs, du primaire au secondaire, face \u00e0 une multitude de risques sociaux, parmi lesquels la toxicomanie, sous toutes ses formes, se d\u00e9tache comme une menace majeure.<br \/>\nLes participants ont \u00e9galement abord\u00e9 les r\u00e9percussions de la violence subie par le personnel enseignant au sein de l&rsquo;environnement scolaire, pr\u00e9cisant qu&rsquo;elle d\u00e9coule directement des effets de la consommation de substances psychotropes sur le comportement des \u00e9l\u00e8ves.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Le deal gagne du terrain autour et dans les \u00e9coles<\/strong><\/p>\n<p>Les propos du Dr. Abderrahmane Foudil, directeur du CNEIDFFE, lors de ce colloque sur les dangers de la drogue, ont mis en \u00e9vidence une r\u00e9alit\u00e9 pr\u00e9occupante : l&rsquo;usage de drogues au sein du milieu scolaire ne se limite plus \u00e0 des cas isol\u00e9s, mais a \u00e9volu\u00e9 en un march\u00e9 d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment cibl\u00e9 vers une cat\u00e9gorie de la soci\u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9e comme mineure et encore peu consciente des dangers potentiels.<br \/>\nEn s&rsquo;appuyant sur les donn\u00e9es du D\u00e9partement national de Lutte contre les Drogues et la Toxicomanie pour l&rsquo;ann\u00e9e 2022, le Dr. Foudil a soulign\u00e9 que plus de 3,33 % des adultes de moins de 15 ans et 33,17 % des adultes \u00e2g\u00e9s de 16 \u00e0 25 ans sont actuellement en phase de traitement pour addiction. Ces chiffres alarmants \u00e9quivalent \u00e0 environ 700 jeunes de moins de 18 ans condamn\u00e9s dans des affaires li\u00e9es \u00e0 la possession et \u00e0 la consommation de drogues, une tranche d&rsquo;\u00e2ge pr\u00e9dominante dans le milieu scolaire \u00e0 tous les niveaux.<br \/>\n\u00ab Il est imp\u00e9ratif que les autorit\u00e9s nationales, les familles et la soci\u00e9t\u00e9 dans son ensemble redoublent d&rsquo;efforts pour sensibiliser et \u00e9duquer les jeunes sur les cons\u00e9quences d\u00e9vastatrices de la consommation de drogues, et ainsi inverser la tendance inqui\u00e9tante qui gagne du terrain dans les nos \u00e9coles \u00bb, a-t-il ajout\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Impact sur la scolarisation des enfants<\/strong><\/p>\n<p>Dans son intervention, le Dr. Keltoum Berani a mis en lumi\u00e8re une \u00e9tude portant sur les impacts de la consommation de substances psychotropes chez les jeunes. Cette recherche, r\u00e9alis\u00e9e sur un \u00e9chantillon de 50 jeunes du cycle moyen et secondaire, a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 les impacts d\u00e9vastateurs de la consommation de substances psychotropes sur la performance scolaire et le bien-\u00eatre personnel des \u00e9l\u00e8ves.<br \/>\nLes conclusions de cette \u00e9tude soulignent des cons\u00e9quences graves telles que l&rsquo;isolement, l&rsquo;inhibition, la perte d&rsquo;acquis \u00e9ducatifs, l&rsquo;\u00e9chec scolaire et m\u00eame la d\u00e9scolarisation, toutes li\u00e9es \u00e0 l&rsquo;usage de ces substances. De plus, les violences \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole semblent \u00eatre une cons\u00e9quence directe de cette consommation probl\u00e9matique.<br \/>\nUn des facteurs pr\u00e9dominants, selon le Dr. Berani, r\u00e9side dans le manque de connaissance des \u00e9l\u00e8ves sur les effets n\u00e9fastes de ces substances hallucinog\u00e8nes. Cette m\u00e9connaissance pousse les jeunes \u00e0 une curiosit\u00e9 exp\u00e9rimentale, souvent sous l&rsquo;influence de pairs, les incitants \u00e0 essayer ces substances chimiques synth\u00e9tiques ou naturelles comme le hachich.<br \/>\n\u00ab Cette constatation souligne ainsi l&rsquo;urgence d&rsquo;une sensibilisation accrue et d&rsquo;une \u00e9ducation pr\u00e9ventive ad\u00e9quate au sein des \u00e9tablissements scolaires pour informer les \u00e9l\u00e8ves sur les dangers r\u00e9els de ces substances, r\u00e9duisant ainsi leur curiosit\u00e9 et leur susceptibilit\u00e9 \u00e0 y recourir par exp\u00e9rimentation \u00bb, a-t-elle conclu.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Bilan alarmant et appels \u00e0 l&rsquo;action<\/strong><\/p>\n<p>Lors de sa pr\u00e9sentation sous le titre : \u00ab Usage de la drogue en milieu scolaire : r\u00e9alit\u00e9, pr\u00e9vention et traitement \u00bb, le Dr. Meriem Djefal, enseignante \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 d&rsquo;Oran, a mis en \u00e9vidence une disparit\u00e9 inqui\u00e9tante entre le nombre d&rsquo;\u00e9l\u00e8ves consommateurs de substances psychotropes et ceux b\u00e9n\u00e9ficiant d&rsquo;une prise en charge. En se r\u00e9f\u00e9rant aux donn\u00e9es du bilan semestriel de l\u2019Office national de Lutte Contre la Drogue et la Toxicomanie, elle a alert\u00e9 sur le contraste saisissant : seulement 518 enfants sur 54 000 consommateurs ont re\u00e7u une assistance, pointant du doigt un manque capital sur les mesures instaur\u00e9es par les pouvoirs publics dans le processus d&rsquo;accompagnement.<br \/>\nEn soulignant ces statistiques alarmantes, la sp\u00e9cialiste a mis en \u00e9vidence l&rsquo;urgence de mener des campagnes de sensibilisation massives, en particulier au sein des \u00e9coles, tout en plaidant pour une coordination renforc\u00e9e entre diff\u00e9rents organismes et autorit\u00e9s comp\u00e9tentes pour aborder efficacement ce probl\u00e8me grandissant.<br \/>\nLe Dr. Djefal a \u00e9galement mis en exergue une tendance croissante de l&rsquo;addiction, en particulier chez les jeunes, notant leur r\u00e9ticence \u00e0 rechercher de l&rsquo;aide et \u00e0 entamer un traitement. Elle a exprim\u00e9 des pr\u00e9occupations quant \u00e0 la persistance du tabou entourant la sant\u00e9 mentale dans la soci\u00e9t\u00e9, sugg\u00e9rant la cr\u00e9ation de centres d\u00e9di\u00e9s sp\u00e9cifiquement \u00e0 la prise en charge des jeunes en dehors des \u00e9tablissements de sant\u00e9 mentale traditionnels. Cette initiative pourrait, selon elle, contribuer \u00e0 surmonter les r\u00e9ticences des parents vis-\u00e0-vis des centres de lutte contre la toxicomanie. En insistant sur l&rsquo;importance capitale d&rsquo;une sensibilisation pr\u00e9coce et d&rsquo;une intervention rapide, l\u2019intervenante a soulign\u00e9 la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;agir promptement face \u00e0 cette probl\u00e9matique pressante.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Coop\u00e9ration intersectorielle<\/strong><\/p>\n<p>La repr\u00e9sentante du minist\u00e8re de la Sant\u00e9, Dr. El Alia Antar, a soulign\u00e9 l&rsquo;engagement de l&rsquo;\u00c9tat \u00e0 fournir tous les moyens n\u00e9cessaires pour la prise en charge des jeunes confront\u00e9s \u00e0 la toxicomanie. Elle a pr\u00e9cis\u00e9 que de nombreux m\u00e9decins sp\u00e9cialistes en addictologie sont actuellement en activit\u00e9, tandis que d&rsquo;autres sont en cours de formation pour renforcer les capacit\u00e9s d&rsquo;intervention.<br \/>\nDans ce cadre, elle a mis en avant l&rsquo;exemple de la wilaya d&rsquo;Oran, qui joue un r\u00f4le central en accueillant des patients de toute la r\u00e9gion ouest du pays. Cette r\u00e9gion dispose d&rsquo;un service d&rsquo;urgences psychiatriques au sein du CHU d\u2019Oran, assurant une prise en charge imm\u00e9diate des personnes en souffrance. Les patients sont ensuite orient\u00e9s vers le service d\u2019addictologie de l&rsquo;EHS Sidi Chahmi, o\u00f9 ils b\u00e9n\u00e9ficient de consultations sp\u00e9cialis\u00e9es et d&rsquo;hospitalisations pour des cures de d\u00e9sintoxication. De plus, Oran compte deux CISA, des centres de prise en charge ambulatoire en addictologie situ\u00e9s \u00e0 Akid Lotfi et Yaghmoracen, renfor\u00e7ant ainsi les infrastructures d\u00e9di\u00e9es. 11 m\u00e9decins addictologies sont en activit\u00e9 \u00e0 Oran et une promotion de 32 autres est en formation.<br \/>\nLa sp\u00e9cialiste a soulign\u00e9 l&rsquo;importance de l&rsquo;implication d&rsquo;autres acteurs de la soci\u00e9t\u00e9, en particulier du secteur de l&rsquo;\u00c9ducation, pour accompagner les \u00e9l\u00e8ves et leurs parents. Elle a insist\u00e9 sur le fait que la prise en charge des jeunes utilisateurs de substances psychotropes implique \u00e0 90% la collaboration avec les parents. Cet appel \u00e0 la coop\u00e9ration souligne la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;une approche holistique, impliquant tous les secteurs de la soci\u00e9t\u00e9 dans la lutte contre la toxicomanie chez les jeunes.<br \/>\nEn r\u00e9sum\u00e9, les participants ont soulign\u00e9 l&rsquo;urgence de renforcer les campagnes de sensibilisation, d&rsquo;accro\u00eetre la pr\u00e9vention et de fournir un soutien ad\u00e9quat aux \u00e9l\u00e8ves confront\u00e9s \u00e0 ce ph\u00e9nom\u00e8ne. La n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;une collaboration entre diff\u00e9rents secteurs, notamment la sant\u00e9, l&rsquo;\u00e9ducation et la soci\u00e9t\u00e9 civile, a \u00e9t\u00e9 clairement \u00e9tablie pour aborder ce d\u00e9fi croissant.<\/p>\n<p>B Bakhta<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Selon les donn\u00e9es communiqu\u00e9es, lors du colloque sur la drogue en milieu scolaire tenu, ce lundi au Centre de Recherche en Anthropologie Sociale et Culturelle (CRASC), \u00e0 Oran, 54.000 \u00e9l\u00e8ves \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle nationale ont fait usage de substances psychotropes au cours du premier semestre de l&rsquo;ann\u00e9e en cours. 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