Le cas Benzema
Par Moncef Wafi
Il a fallu d’un tweet de soutien à la Palestine pour qu’on dépoussière la guillotine, qu’on actualise les décrets de la servilité et qu’on arme le peloton d’exécution. Hier, adulé parce qu’il avait porté les espoirs des Coqs, il est aujourd’hui un paria infréquentable. L’homme n’en est pas à sa première expérience avec l’hypocrisie française puisqu’il avait déjà été confronté à pareille situation lorsque son nom a été cité dans l’affaire de la sex-tape de Valbuena. Valls, Premier ministre à l’époque ; SDF actuellement ; avait demandé son scalp. Le joueur sera écarté de la Coupe d’Europe pour raisons extra-sportives car il s’appelle Karim, pas François ni Michel. La langue de Darmanin a également fourché sur le cas Benzema, l’accusant d’accointance avec les Frères musulmans ; d’appartenance à Daech ; de meurtres et de fraude fiscale. C’est lui a vendu Vercingétorix aux Romains et escroqué D’Artagnan.
Benzema n’est plus Français, sa nationalité ne tient plus qu’à la salive de Morano. Français au top, d’origine au flop, Benzema n’est que la feuille de vigne qui ne cache plus le visage hideux de la France. Benzema c’est aussi Atal qui vient d’être licencié par son club l’OG Nice, pour les mêmes raisons, suite aux pleurs du maire islamophobe et pro-sioniste Estrosi. Atal n’est pas seul puisque Mazraoui a aussi été tancé pour avoir soutenu les victimes du génocide sioniste. La justice est instrumentalisée et la police convoquée pour faire la chasse à ces peaux bronzées qui osent penser autrement que ce que la dictature élyséenne le permet.
Pendant ce temps, 120 enfants palestiniens tombent en martyrs chaque jour sans que le monde ne réagisse. Les voix contestataires sont accusées d’apostasie et d’antisémitisme. Les Arabes, eux, s’ingénient à ne pas se mettre d’accord, peureux de se faire taper sur les doigts. Les roitelets du Golfe ne veulent pas offusquer leurs maîtres américains, préférant se mettre en mode « mute ». Ils ne sont bons qu’à blatérer au milieu du désert, prêts à s’écharper au moindre claquement de doigts de leurs protecteurs.
La Cause palestinienne est perdue parce qu’on a voulu qu’elle soit avant tout arabe. Les intérêts personnels et les appétits de succession ont plombé un combat qui aurait dû être celui de tout amoureux de la liberté et de la justice.