Libéré après son enlèvement au Niger : Alger remet Sinan à Berlin

Enlevé le 29 juillet dans le nord-ouest du Niger par un groupe criminel armé, le négociant en or germano-turc Ulumaskan Sinan a recouvré la liberté grâce à une opération menée par les autorités algériennes, avant d’être remis, hier 10 août, au siège du ministère des Affaires étrangères à Alger, à l’ambassadeur d’Allemagne, Georg Felsheim.

Pour rappel, et selon les précisions apportées par la presse, Sinan, arrivé à Niamey le 27 juillet par un vol Air Algérie pour y acheter de l’or, avait été capturé deux jours plus tard à Tahoua, et sa libération constitue la deuxième opération de ce type menée par l’Algérie depuis 2025 au bénéfice d’un ressortissant occidental détenu par l’État islamique au Sahel ou ses intermédiaires.
La cérémonie de remise s’est déroulée sous la supervision du secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, Lounas Magramane, qui a salué l’implication des services de sécurité relevant du ministère de la Défense nationale dans cette opération. L’otage avait été acheminé vendredi soir depuis la base de déploiement secondaire d’In Guezzam, relevant de la 6e Région militaire, vers la base aérienne de Boufarik, rattachée à la 1re Région militaire, avant sa prise en charge officielle. Dès sa réception, les autorités algériennes se sont assurées de son bon état de santé et en ont informé sans délai leurs homologues allemands.
M. Magramane a inscrit cette libération dans la continuité d’une série d’opérations similaires menées par le passé, y voulant la démonstration du rôle que joue Alger dans les initiatives de médiation, de dialogue et de concertation au Sahel, ainsi que dans la préservation de la vie et de la dignité de tout individu, quelle que soit sa nationalité. De fait, la diplomatie et l’armée algériennes sont intervenues à plusieurs reprises ces dernières années dans des dossiers d’enlèvements similaires dans la région. En janvier 2025 déjà, l’Espagnol Gilbert Navarro, enlevé dans le sud de l’Algérie puis emmené au Mali voisin, avait été libéré à l’issue d’une opération menée par le Front de libération de l’Azawad avant d’être officiellement remis aux autorités algériennes. Plus largement, l’implication algérienne dans la résolution de crises d’otages au Sahel remonte à plusieurs décennies : Alger avait ainsi joué un rôle de médiateur dans les accords de paix touaregs de 1991 et 2006, avant de s’investir directement, au milieu des années 2000, dans plusieurs négociations pour la libération d’Occidentaux détenus par des groupes djihadistes dans la région.
M. Magramane a par ailleurs réaffirmé que le pays, fort de son expérience et de son passé, continuera à combattre toute forme d’extrémisme violent, d’actes criminels et terroristes, ainsi que les pratiques d’enlèvement et de versement de rançons, qu’il a présentées comme des pratiques efficacement combattues et érigées en modèle sur la scène internationale. Il a insisté sur le fait que ce qui touche les pays voisins de l’Algérie la concerne inévitablement, plaçant la sécurité, la stabilité et la prospérité des pays frères et amis parmi les priorités de l’agenda politique et diplomatique fixé par les plus hautes autorités de l’État, conformément aux orientations du président de la République, Abdelmadjid Tebboune.
De son côté, l’ambassadeur d’Allemagne à Alger a exprimé sa gratitude envers les autorités algériennes pour les efforts déployés et le rôle joué dans le retour de son compatriote vers son pays. Ulumaskan Sinan a lui-même adressé ses remerciements aux hautes autorités du pays ainsi qu’à l’Armée nationale populaire.
Ch.G

Bouton retour en haut de la page