Massacres du 17 octobre 1961: Commémoration à l’université

Les manifestations du 17 octobre 1961 à Paris, leur répression et leurs répercussions sur la lutte pour l’indépendance de l’Algérie ont été au centre d’une journée d’étude organisée hier à Oran à l’occasion du 65e anniversaire de la Journée nationale de l’émigration.
La rencontre s’est déroulée à la salle de conférences du Musée du moudjahid d’Oran, à l’initiative du laboratoire des études maghrébines, des élites et de la construction de l’État national de l’Université Oran 1 Ahmed-Ben-Bella, en collaboration avec la Direction des moudjahidine et des ayants droit, le Musée du moudjahid et la commune d’Oran.
Placée sous le thème « Les manifestations du 17 octobre 1961 : l’événement, le crime et ses répercussions sur le parcours de la Révolution de libération nationale », cette journée a rassemblé des enseignants-chercheurs, des représentants de la famille révolutionnaire, des responsables locaux et des acteurs du secteur éducatif.
Plusieurs communications ont permis d’aborder cet épisode historique sous différents angles. La docteure Souria Hossam, de l’Université Oran 1, s’est intéressée au rôle des historiens français dans la révélation des faits longtemps occultés.
Le docteur Abdelkader Kendouz, de l’Université de Tiaret, a évoqué le témoignage de Gabriel García Márquez sur les manifestations, tandis que le docteur Mansour Dergaoui, de l’Université Oran 1, a analysé leur place dans l’histoire coloniale française.
La dimension militante de l’émigration algérienne durant la Révolution de libération nationale a été abordée par le docteur Sadek Kacem.
D’autres interventions ont porté sur l’exploitation des archives et des photographies pour documenter la répression, avec la contribution de la docteure Leïla Belkacem, de l’Université de Relizane.
Le docteur Mokhtar Bounagab, de l’Université de Mascara, a proposé une lecture analytique et critique des événements. Les conséquences des manifestations sur le parcours de la Révolution ont également été examinées par le docteur Hamid Aït Habouch, de l’Université Oran 1.
Pour sa part, le docteur Ahmed Renima s’est penché sur la couverture de ces massacres dans la presse italienne, élargissant la réflexion à leur réception à l’étranger.
La transmission de la mémoire aux jeunes générations a également marqué cette journée. Des élèves du CEM du chahid Sayad Cheikh ont présenté une pièce théâtrale consacrée au génocide, avant que les participants ne prennent part à une discussion générale.
La rencontre s’est achevée par une visite d’une exposition historique de livres et de photographies organisée par le Musée du moudjahid. Cette initiative a permis de mettre en valeur les archives et les documents historiques comme supports de connaissance et de transmission de la mémoire du 17 octobre 1961.
Fayçal A
